Tribunal Criminal Tribunal for the Former Yugoslavia

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1 Le mardi 16 mai 2006

2 [Audience publique]

3 [Les accusés sont introduits dans le prétoire]

4 [Le témoin est introduit dans le prétoire]

5 --- L'audience est ouverte à 9 heures 35.

6 M. LE JUGE PARKER : [interprétation] Bonjour. Je souhaite vous rappeler que

7 la déclaration que vous avez lue au début de votre déposition s'applique

8 toujours.

9 LE TÉMOIN: MILORAD VOJNOVIC [Reprise]

10 [Le témoin répond par l'interprète]

11 M. LE JUGE PARKER : [interprétation] Maître Vasic.

12 M. VASIC : [interprétation] Bonjour, Monsieur le Président. Madame,

13 Monsieur les Juges et toutes les personnes présentes dans ce prétoire.

14 Contre-interrogatoire par M. Vasic : [Suite]

15 Q. [interprétation] Bonjour, Monsieur.

16 R. Bonjour.

17 M. VASIC : [interprétation] Je souhaite demander à l'huissier de remettre

18 au témoin un nombre de documents que nous avons utilisés pendant le contre-

19 interrogatoire. Je propose que ceci reste auprès du témoin et à l'occasion

20 nous lui demanderons de se pencher sur certains des documents.

21 Q. Monsieur, pour le moment, laissez les documents de côté et lorsque nous

22 arriverons au moment où un document nous intéressera, je vous l'indiquerai.

23 Hier, en répondant à mes questions, vous avez mentionné qu'à un moment

24 donné, après la libération de Vukovar, le général de division --

25 L'INTERPRÈTE : L'interprète dit qu'elle n'a pas saisi le nom.

26 M. VASIC : [interprétation]

27 Q. -- est venu à Vukovar ?

28 R. Oui.

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1 Q. Je vois que les interprètes n'ont pas saisi le nom. Il s'agit du

2 général de division Vladimir Stojanovic qui est venu de Miladinovac avec

3 une délégation dans la région de Vukovar.

4 M. VASIC : [interprétation] Peut-on montrer à l'écran un document portant

5 la cote 0D00-0321, c'est la version en B/C/S et dans la version en anglais,

6 c'est 0D00-0323. Pour l'information de tout le monde, j'indique que c'est

7 le document numéro 2 dans la liasse que nous avons remise.

8 Q. Voyez-vous ce document, Monsieur ?

9 R. Peut-on l'agrandir ?

10 M. VASIC : [interprétation] Je vous demanderais d'agrandir le document. Il

11 s'agit d'un ordre donné par la 1ère Région militaire strictement

12 confidentiel numéro 234-2, en date du 19 novembre 1991. Il est écrit que le

13 commandement de la 1ère Région militaire a interdit l'échange des membres

14 capturés des forces armées de la RFSY contre les prisonniers des formations

15 armées de la République de Croatie sans la permission du chef d'état-major

16 de la 1ère Région militaire qui a signé le document; est-ce exact ?

17 R. Oui.

18 Q. Est-ce que vous étiez au courant de cela pendant que vous étiez sur le

19 territoire de Vukovar et pendant vos réunions d'information.

20 R. Non.

21 Q. Merci.

22 M. VASIC : [interprétation] Monsieur le Président, je vous demanderais de

23 verser au dossier ce document, pièce à conviction, à moins que l'Accusation

24 ne s'y oppose.

25 M. MOORE : [interprétation] Pas d'objection.

26 M. LE JUGE PARKER : [interprétation] Le document sera admis.

27 Mme LA GREFFIÈRE : [interprétation] Monsieur le Président, il s'agira de la

28 pièce à conviction numéro 442.

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1 M. VASIC : [interprétation]

2 Q. Hier, vous nous avez décrit vos missions relatives à l'évacuation et la

3 sécurité des membres dudit groupe de Mitnica à Ovcara. A la question de mon

4 éminent collègue, vous a dit que, d'après vous, ceci s'est passé le 19

5 novembre 1991 à 10 heures, la référence dans le compte-rendu d'audience est

6 la page 16 de la transcription officieuse, ligne 19. Puis, vous avez dit

7 que vous croyiez que le même jour ils sont venus à Ovcara, le même jour que

8 celui de leur évacuation. Ceci figure dans le même compte rendu d'audience

9 à la page 17, ligne 8.

10 Dites-moi, s'il vous plaît, est-ce que vous avez du mal à vous rappeler les

11 dates ou les événements ?

12 R. Non. Je me souviens mieux des événements que des dates.

13 Q. Si je vous disais que le groupe de Mitnica a été amené à Ovcara le 18

14 novembre 1991, est-ce que vous pouvez confirmer que peut-être le temps qui

15 s'est écoulé a laissé des effets et que du coup, au bout de 15 ans, vous

16 vous souvenez moins bien des détails par rapport à avant ?

17 R. Oui, bien sûr que je n'arrive pas à me rappeler tout ce qui s'est passé

18 à l'époque. C'était il y a 15 ans. Je sais simplement que le groupe de

19 Mitnica à été sécurisé par nous en toute régularité et transporté en toute

20 régularité.

21 Q. En répondant à la question de l'Accusation, vous avez dit également que

22 vous aviez repris ces prisonniers de Mitnica après qu'on les ait amenés à

23 Ovcara, après qu'ils sont sortis des bus.

24 R. Après qu'ils ont été amenés dans le hangar d'Ovcara, à ce moment-là,

25 nous avons assumé la responsabilité sur la sécurité.

26 Q. Est-ce que vous vous souvenez que dans la déclaration que vous avez

27 faite au bureau du Procureur, vous avez dit que Vezmarovic avait organisé

28 l'évacuation de ces personnes à Sremska Mitrovica ?

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1 R. C'était lui qui était responsable de leur transport et de leur

2 évacuation.

3 Q. Savez-vous que le capitaine Vezmarovic, avec ses policiers militaires,

4 est venu dans la région d'Ovcara avant que les prisonniers de guerre de

5 Mitnica n'y soient conduits ?

6 R. Non.

7 Q. Si je vous disais qu'il déclarait cela devant ce Tribunal, seriez-vous

8 d'accord avec une telle affirmation ou admettez-vous que vous ne vous

9 souvenez pas de tous les détails ?

10 R. Je ne connais pas les détails. Je ne sais pas qu'il y était à cette

11 époque-là. Après, je sais qu'il avait reçu la tâche de les transporter de

12 manière organisée jusqu'à Sremska Mitrovica.

13 Q. Mais vous admettez la possibilité selon laquelle il y était à cette

14 époque-là et qu'il a attendu le convoi de prisonniers de guerre de Mitnica

15 à la ferme d'Ovcara le 18 novembre ?

16 R. A ce moment-là, je ne peux pas me souvenir, me rappeler s'il attendait

17 le convoi ou pas. Je veux dire si c'est ce qu'il a dit, que voulez-vous que

18 je dise ?

19 M. VASIC : [interprétation] Je souhaite vous demander maintenant de montrer

20 à l'écran la pièce de conviction 432. Il s'agit du cahier de travail du

21 capitaine Vezmarovic, veuillez montrer la page 63.

22 M. MOORE : [interprétation] Avec tout le respect que je dois à mon éminent

23 collègue, il s'agit d'un document de Vezmarovic. Ce témoin, pour autant que

24 je le sache, n'a pas participé à sa rédaction. Comment est-ce que ce témoin

25 peut répondre aux questions concernant un document qu'il n'a pas préparé

26 alors que même les fondements n'ont pas été établis concernant son

27 contenu ?

28 M. LE JUGE PARKER : [interprétation] Maître Vasic.

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1 M. VASIC : [interprétation] Merci, Monsieur le Président. Je ne veux pas

2 poser des questions au témoin au sujet de l'authenticité de ce document, je

3 vais lui poser des questions relatives à ce dont on vient de parler afin de

4 lui rafraîchir la mémoire au sujet des événements qui échappent sa mémoire.

5 M. LE JUGE PARKER : [interprétation] Mais, le problème mentionné par M.

6 Moore reste entier, n'est-ce pas ?

7 M. VASIC : [interprétation] Je ne le pense pas, Monsieur le Président, car

8 il s'agit d'une entrée concernant les prisonniers de guerre de Mitnica, le

9 moment où ils ont été admis, à qui ils ont été remis, à quel moment ils ont

10 été transportés. Je souhaite savoir si le témoin se souvient de ces

11 détails ?

12 LE TÉMOIN : [interprétation] Concernant cette question, je pense que j'ai

13 fourni une explication et je n'en ai pas d'autre.

14 M. LE JUGE PARKER : [interprétation] Maître Vasic, je dirais que vous ne

15 pouvez pas obtenir plus que cela. Tout simplement, le témoin ne se souvient

16 pas. M. Moore objecte que vous lui montriez des documents de d'autres

17 personnes au sujet desquels il dit qu'il ne se souvient pas du tout et

18 qu'il n'a aucune connaissance afin de le rappeler. Vous pouvez le rappeler

19 sur la base de ces propres documents, sur la base des documents de sa

20 propre unité. Y a-t-il autre chose ?

21 M. VASIC : [interprétation] Monsieur le Président, le témoin a dit que

22 Vezmarovic, et je suppose que c'est suite à ses ordres, a participé à

23 l'évacuation de ces prisonniers de guerre à Sremska Mitrovica. Cette entrée

24 au sujet de laquelle on parle était écrite sur la base de l'ordre donné par

25 la 80e Brigade dont le commandant de compagnie était Vezmarovic. Inutile de

26 lire le document, peut-être que je veux simplement demander au témoin s'il

27 se souvenait ?

28 M. LE JUGE PARKER : [interprétation] Ce serait excellent. Merci.

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1 M. VASIC : [interprétation] Merci, Monsieur le Président.

2 Q. Vous souvenez-vous que l8 novembre vers 16 heures à la ferme à Ovcara

3 la police militaire de votre unité a repris le contrôle des prisonniers de

4 guerre de Mitnica ?

5 R. Je ne saurais vous dire à quelle heure cela s'est passé. Je sais que

6 pendant la nuit du 18 et du 19, nous gardions les prisonniers de guerre à

7 Ovcara jusqu'à leur évacuation et remise à Sremska Mitrovica.

8 Q. Est-ce que vous savez que le 19 novembre 1991 vers 11 heures 30 le

9 capitaine Vezmarovic a remis ses prisonniers au capitaine Karanfilov ?

10 R. Non.

11 Q. Savez-vous que le capitaine Vezmarovic a apporté les listes des

12 prisonniers à la prison le 19 novembre vers 15 heures 30 et les a remises

13 au lieutenant-colonel Zivanovic ?

14 R. Non.

15 Q. Savez-vous que la compagnie de la police milice de la 80e Brigade

16 motorisée n'était pas engagée dans le cadre de la sécurité fournie à ces

17 prisonniers de guerre sur la route d'Ovcara à Sremska Mitrovica et que seul

18 le capitaine Vezmarovic est parti avec ces listes une fois que le convoi

19 avait déjà quitté Mitnica et Ovcara et est parti pour Mitrovica ?

20 R. Non. Je pensais que Vezmarovic était là tout le long et qu'il est parti

21 avec les autres soldats et qu'il a amené la liste avec lui. C'est tout ce

22 que je savais.

23 Q. Est-ce que cela veut dire que vous n'avez pas vu les membres de la

24 compagnie de la police militaire de la 80e Brigade le 19 novembre 1991 dans

25 la matinée ou après midi au poste de commandement de la 80e Brigade à

26 Negoslavci ?

27 R. Il y avait toujours quelques policiers à ce poste de commandement.

28 Q. Saviez-vous que la compagnie de la police militaire de la 80e Brigade

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1 motorisée, après la reddition de ces prisonniers au capitaine Karanfilov,

2 est rentrée dans son quartier général de Negoslavci ?

3 R. Oui, je le sais.

4 Q. Veuillez répéter la réponse, les interprètes de la cabine anglaise

5 n'ont pas entendu.

6 R. Lorsqu'ils ont remis les prisonniers à Mitrovica, ils sont rentrés à

7 Negoslavci.

8 Q. Est-ce que vous vous souvenez à quelle heure la compagnie de la police

9 militaire de la 80e Brigade motorisée est rentrée à Negoslavci comme vous

10 le dites de Sremska Mitrovica le 19 novembre 1991 ?

11 R. Je ne me souviens pas exactement, mais je pense que c'était après que

12 la nuit soit tombée déjà.

13 Q. Si je vous disais que devant ce Tribunal, M. Vezmarovic avait dit qu'il

14 avait apporté la liste lui-même, qu'il suivait le convoi et que ces

15 policiers militaires n'y étaient pas allés, est-ce que ceci vous rafraîchit

16 la mémoire ?

17 R. Je ne saurais le dire. Puisque Vezmarovic y est allé, il n'y allait

18 certainement pas tout seul, il était certainement avec certains policiers

19 ou un soldat, je ne sais pas exactement combien ils étaient.

20 Q. Oui, certainement. Il est allé avec certains soldats car Vezmarovic en

21 tant que capitaine de la police militaire devait avoir une escorte. Mais

22 dites-moi normalement combien de policiers auraient été nécessaires afin de

23 sécuriser ce groupe de Mitnica, un tel convoi ?

24 R. Un peloton. Entre un détachement et un peloton.

25 M. MOORE : [interprétation] Objection. Je ne souhaite pas interrompre, mais

26 le témoin n'arrête pas de dire qu'il ne sait pas, qu'il ne peut pas dire

27 avec exactitude. Maintenant, on lui demande ce qui aurait été nécessaire.

28 M. LE JUGE PARKER : [interprétation] Je pense qu'il s'agit de plus qu'une

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1 supposition, Monsieur Moore. Il était le commandement d'une unité dans

2 laquelle servait le capitaine Vezmarovic.

3 Je vais permettre cette question, cependant, Monsieur Vasic, je

4 souhaite indiquer que je ne suis pas tout à fait sûr quelle est

5 l'importance que nous pouvons accorder à cela, à votre avis. Nous avons la

6 déposition de M. Vezmarovic et vous avez ce témoin qui ne se souvient pas

7 de manière complète des événements. Vous avez identifié que les souvenirs

8 de ce témoin sont différents. Il dit que mis à part certains éléments de

9 base, il ne se souvient plus de détails. Le capitaine Vezmarovic vous a

10 donné une déposition détaillée à ce sujet. Vous n'allez renforcer la

11 déposition de M. Vezmarovic en posant des questions de ce genre à un témoin

12 qui ne se souvient pas, à moins que votre but ne soit différent. Je

13 souhaitais simplement vous indiquer cela.

14 M. VASIC : [interprétation] Merci, Monsieur le Président. Nous avons devant

15 nous un témoin qui déposé au sujet des événements qui se sont déroulés il y

16 a 15 ans, et ce qui m'intéresse est justement de savoir à quel point ses

17 souvenirs sont clairs pour ce qui est des événements qui se sont déroulés à

18 Vukovar les 19 et 20 novembre. Il était le commandant d'une unité qui a

19 participé à ces événements. C'est sur cela que se fondent mes questions

20 portant sur l'évacuation et les événements qui ont précédés le 20 novembre,

21 ce qui est couvert par l'acte d'accusation.

22 J'ai terminé pour ce qui est des questions liées à

23 M. Vezmarovic. Je souhaite maintenant poser au témoin la question de savoir

24 s'il sait, je pense qu'il devrait savoir qui a repris ces prisonniers de

25 guerre à la ferme d'Ovcara.

26 Q. De qui ont-ils été repris, qui les a amenés à Ovcara avant que la

27 police militaire et les officiers du commandement de votre brigade aient

28 repris le contrôle d'eux ?

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1 R. Je pense que c'était l'organe de sécurité du Groupe opérationnel sud.

2 Ils les ont amenés là-bas, nous avons assumé la responsabilité de ce groupe

3 et nous avons assuré la sécurité jusqu'à leur éventuelle remise.

4 Q. Est-ce que vous vous souvenez avoir dit au capitaine Vezmarovic

5 lorsqu'ils ont été emmenés 18 novembre 1991 de prendre les ordres du

6 capitaine Karanfilov pour ce qui est des prisonniers de guerre ?

7 R. Je ne me souviens pas de ces événements-là, je sais qu'il y avait le

8 groupe de Mitnica, je sais que Vezmarovic était là de même que mes

9 officiers. Cependant, je ne me souviens pas des détails. Je ne pense pas

10 que ce soit important. L'important était qu'ils étaient sécurisés et qu'ils

11 ont été escortés jusqu'à l'endroit où ils étaient remis.

12 Q. Est-ce que vous pourriez maintenant examiner les documents, votre

13 déclaration qui est devant vous, les déclarations que vous avez faites

14 auprès du juge d'instruction du département spécial de la cour de Novi Sad,

15 le 1er novembre 2003 ? Il s'agit de la page 6 en B/C/S.

16 M. LE JUGE PARKER : [interprétation] En attendant, Monsieur Vasic, je

17 souhaite indiquer qu'à la ligne 20. Je pense qu'à la première phrase, le

18 témoin a dit : "Je ne me souviens pas de Karanfilov dans ces événements."

19 Mais son nom n'a pas été consigné au compte rendu.

20 M. VASIC : [interprétation] Oui, Monsieur le Président. Le témoin a dit

21 qu'il ne se souvenait pas de Karanfilov, du capitaine Karanfilov dans le

22 cadre de ces événements. Je voulais le rappeler de sa déposition qu'il

23 avait faite en 2003. Je suppose qu'à l'époque ses souvenirs étaient plus

24 frais qu'aujourd'hui.

25 Q. Est-ce que vous avez la page 6 en B/C/S de votre déclaration,

26 déclaration que vous avez donnée au juge d'instruction mais je ne sais pas

27 où ? L'ensemble de documents un peu plus épais avec vos déclarations.

28 R. Oui, déclaration.

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1 Q. La déclaration que vous avez faite au magistrat enquêteur, Alimpic du

2 département spécial du tribunal de première instance. Est-ce que vous avez

3 trouvé cela, Monsieur le Témoin ? C'est une déclaration qui est datée du 21

4 novembre 2003 ?

5 R. Oui.

6 Q. Veuillez, s'il vous plaît, regarder -- pour commencer, est-ce que vous

7 avez effectivement fait cette déclaration au magistrat enquêteur ? Est-ce

8 que vous vous rappelez de cela ?

9 R. Oui, oui.

10 Q. Pourriez-vous, s'il vous plaît, aller regarder à la page 6 en B/C/S,

11 cette déclaration. Regardez le paragraphe 2, il y a une phrase qui se lit,

12 je cite : "Il est possible que j'aie dit au capitaine Vezmarovic qu'il

13 était là pour recevoir des ordres du capitaine ou du commandant

14 Karanfilov." Avez-vous dit cela ?

15 R. Oui.

16 Q. Je vous remercie. Après cela, peut-être que maintenant vous vous

17 rappelez avoir vu le capitaine Karanfilov à Ovcara le 18 novembre ?

18 R. Je ne parviens pas à me rappeler l'avoir vu où je me trouve maintenant.

19 J'essaie de mettre ensemble les éléments du tableau et de quoi cela aurait

20 eu l'air. Les cheveux grisonnants; peut-être un peu plus petit, plus petit

21 que je ne le suis, pas tellement bien bâti. Nous n'avons pas beaucoup parlé

22 lui et moi, vous savez.

23 Q. Je vous remercie beaucoup. Votre chef de la sécurité, Dragi

24 Vukosavljevic, vous a-t-il dit que le capitaine Karanfilov était peut-être

25 membre du groupe de contre-espionnage, quelque chose qui avait avoir avec

26 Sid, un groupe qui opérait dans le secteur d'Ovcara, Jakubovac et Grabovo ?

27 R. Ces organes du contre-espionnage sont toujours un peu secret. Ils ont

28 leurs propres méthodes de travail. Ils rendent compte à leur propre

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1 commandant dans la mesure où ils l'estiment nécessaire. J'ai entendu parler

2 de ce groupe. Je vous ai dit exactement ce que j'en ai entendu dire.

3 Contre-espionnage, je ne sais pas si Karanfilov faisait partie de ce

4 groupe. Je pense et je continue de croire que Karanfilov faisait partie du

5 groupe opérationnel et je pense que Karanfilov faisait partie de ce groupe.

6 Q. Je vous remercie. Vous avez dit lors de l'interrogatoire principal hier

7 concernant votre propre participation pour assurer la sécurité du transport

8 des civils, ceux qui ont passé la nuit à Ovcara entre le 19 et le 20

9 novembre 1991; est-ce exact ?

10 R. Oui.

11 Q. Savez-vous que ce qu'on voit était censé être amené en territoire

12 croate près du village de Lipovac le long de la grande route Zagreb-

13 Belgrade, le 19 novembre 1991, mais le simple fait que les Croates ont

14 refusé de le reprendre, c'est la raison pour laquelle il est retourné dans

15 le secteur de Vukovar et qu'il a été renvoyé dans le secteur de Vukovar ?

16 R. Je n'ai pas su cela à l'époque. Je l'ai entendu dire plus tard et j'ai

17 vu cela moins même. Je suis monté sur l'un des cars et j'ai accueilli les

18 personnes qui s'y trouvaient. Je les ai saluées. Je leur ai dit de ne pas

19 s'inquiéter, que tout finirait par s'arranger et je leur ai demandé où ils

20 voulaient aller. J'ai pensé qu'ils voulaient aller à Sremska Mitrovica,

21 mais un groupe de personnes a dit qu'ils voulaient retourner en Croatie. Je

22 leur ai dit à ce moment que c'était impossible de passer la frontière en

23 Croatie pour des raisons de sécurité, et ils l'ont accepté.

24 Q. Néanmoins, le convoi est parti pour Nustar ce matin-là, vous le savez ?

25 Mais les forces croates ont refusé de les accepter et il a fallu les

26 renvoyer une deuxième fois ?

27 R. Oui. Même à ce moment-là, ils ont exigé de retourner à Nustar, mais on

28 ne les a pas laissés passer. Tout au moins, c'est ce que j'ai entendu dire

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1 à l'époque.

2 Q. Pour finir, le convoi a été obligé de retourner en Croatie en passant

3 Sremska Mitrovica et en Bosnie, en prenant la route la plus longue. Est-ce

4 que vous avez su cela ?

5 R. Je ne sais rien d'autre que cela.

6 Q. Est-ce que vous vous rappelez qui de votre unité assurait la sécurité

7 de ce convoi de civils ?

8 R. Je sais de façon certaine que (expurgé) était présent et il y avait un

9 groupe d'autres officiers mais je ne me rappelle pas de leurs noms un par

10 un. J'ai passé la nuit toute entière avec eux.

11 M. VASIC : [interprétation] Monsieur le Président, Madame et Monsieur les

12 Juges, ce n'était pas délibéré de ma part mais je crois qu'il va falloir

13 expurger.

14 M. LE JUGE PARKER : [interprétation] Il va falloir expurger la réponse qui

15 commence à la ligne 23 sur "notre" écran. Je mentionne l'écran parce qu'il

16 est évident que les différents circuits donnent des numéros de lignes

17 différents dans ce prétoire.

18 M. VASIC : [interprétation] Je vous remercie beaucoup.

19 Q. Vous rappelez vous qui a confié cette mission d'assurer la sécurité de

20 ce groupe et à qui vous avez rendu compte une fois que l'opération a été

21 terminée ?

22 R. Je ne sais pas qui a donné cette mission, d'après notre règlement

23 militaire, le colonel Mrksic était la seule personne à qui j'aurais pu

24 rendre compte à l'époque.

25 Q. Vous rappelez-vous si la compagnie de police militaire et votre chef de

26 la sécurité de la brigade faisaient partie de la sécurité de ce convoi ?

27 R. Je pense que cela aurait dû être le cas. Je sais qu'il y avait des

28 soldats, des policiers militaires, je ne sais pas combien. Je sais que le

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1 (expurgé)était là avec son propre groupe de soldats et nous avons

2 passé toute la nuit sur place parce que j'ai fait la tournée de l'unité,

3 moi aussi.

4 M. VASIC : [interprétation] Monsieur le Président, Madame et Monsieur juge,

5 malheureusement ma question était très précise et la réponse était un peu

6 trop large.

7 LE TÉMOIN : [interprétation] Je ne peux pas vous donner les noms un par un,

8 je ne peux pas vous donner les noms de chacun.

9 M. VASIC : [interprétation]

10 Q. Non. Il ne s'agit pas d'un nom particulier, ce n'est pas cela qui est

11 en jeu.

12 M. LE JUGE PARKER : [interprétation] Je sais que c'est de demander beaucoup

13 de vous, (expurgé)

14 (expurgé)

15 (expurgé), par conséquent, devrait être supprimé si le

16 compte-rendu comporte son nom ? Ceci par rapport à l'extérieur. Ce serait

17 utile si vous pouviez éviter ce nom. Maintenant, je sais que vous avez à

18 penser à beaucoup de choses à la fois et que vous essayez de vous rappeler

19 les événements qui ont eu il y a longtemps. Peut-être que c'est trop

20 demander de vous d'essayer, à la fois, de vous rappeler le nom et de ne pas

21 vous en servir. Je veux simplement que vous soyez conscient du problème et,

22 si possible, essayez de ne pas mentionner ce nom. Vous pourriez peut-être

23 mentionner, vous pourriez dire "un capitaine, un certain capitaine".

24 LE TÉMOIN : [interprétation] Oui, je comprends, Monsieur le Président. Je

25 ne suis pas en train délibérément d'éviter des noms. La vérité c'est que je

26 ne connaissais pas si bien les gens en question. J'ai rencontré la plupart

27 de ces personnes pour la première fois le 7. J'ai appris à les connaître

28 dans une certaine mesure. Celui-ci c'était un officier du commandement. Je

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1 le connaissais dans une certaine mesure mais je ne connaissais pas vraiment

2 la plupart de ces personnes. C'étaient des réservistes, ce qui est une

3 autre raison à cela, c'est pour cela que je le dis. Je peux simplement

4 utilisé mes souvenirs le concernant comme point de référence pour d'autres

5 types de renseignements.

6 M. VASIC : [interprétation]

7 Q. Si je vous dis que le chef de la sécurité de votre brigade et le chef

8 de la police ont dit qu'ils n'ont pas été informés de cette évacuation de

9 civils et qu'ils n'y ont pas participé, ils n'y ont pas été mêlés. Pouvez-

10 vous confirmer cela ? Pouvez-vous expliquer comment il aurait pu se faire

11 que le chef de la sécurité et le commandant de la police militaire n'aient

12 pas été informés d'une mission de ce genre ? Comment cela serait-il

13 possible ?

14 R. Je ne sais pas s'ils étaient informés ou non, mais ce qui est certain

15 c'est que certains soldats de leurs unités l'étaient et étaient là. Je ne

16 sais pas si l'un ou l'autre de ces deux hommes, de ces deux messieurs était

17 présent, mais je sais que j'étais là avec quelques soldats appartenant à

18 leurs unités. Le capitaine dont nous avons parlé il y a un moment aussi,

19 ainsi que certains de leurs officiers.

20 Q. Qui était chargé d'évaluer la sécurité en ce qui concerne les civils

21 qui se trouvaient à Ovcara le 19 ?

22 R. Je ne pense pas qu'il y a eu une appréciation de la sécurité de façon

23 détaillée qui a été faite. Les gens sont arrivés dans des cars, dans des

24 bus; on a disposé des gardes tout autour, officiers et soldats pour

25 protéger ces personnes. Ce dispositif de protection est resté en vigueur

26 jusqu'à leur départ.

27 Q. Qui contrôlait ce dispositif de sécurité, l'escorte du convoi civil

28 dont vous parliez ?

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1 R. Je ne peux pas me rappeler exactement qui c'était. J'étais là moi-même

2 aussi, de sorte que j'étais probablement l'officier le plus ancien et le

3 plus gradé. Je ne sais pas s'il y avait quelqu'un de plus ancien que moi

4 sur place, à la fois du point de vue de la fonction ou du point de vue du

5 grade.

6 Q. Je comprends que vous étiez là, que vous étiez chargé de la sécurité.

7 Pourriez-vous, s'il vous plaît, nous dire qui a repris la responsabilité du

8 convoi le 20 novembre, qui a repris cette tâche que vous aviez ?

9 R. Je ne sais pas. Un groupe de personnes est arrivé, je ne sais pas qui

10 c'était. Je ne sais pas d'où ils venaient. Ils se sont présentés et ils

11 disposaient de véhicules et ils ont escorté le convoi où ils pensaient que

12 ce convoi devait aller, où ils avaient l'intention que ce convoi aille.

13 Q. Est-ce que ces personnes dont vous parlez étaient en uniforme ? Est-ce

14 que c'étaient des civils ? Qui étaient-ce ?

15 R. A l'époque, il était difficile de dire si quelqu'un était un civil ou

16 non. Tout le monde portait des demi uniformes, des effets civils en même

17 temps, je ne peux pas me rappeler. Je ne me souviens pas leur avoir demandé

18 qui ils étaient. Il est probable que nous avons parlé et que c'est comme

19 cela que j'ai remis ces personnes.

20 Q. C'est précisément ce que je vous demande. Savez-vous à qui vous avez

21 remis les personnes qui devaient ensuite être emmenées plus loin,

22 transportées plus loin ?

23 R. Non, je ne peux pas me rappeler maintenant à qui je les ai confiées.

24 Quelqu'un est venu avec cette mission, avec une sorte d'autorisation,

25 quelqu'un qui s'est présenté, des gens qui se sont présentés comme ayant

26 reçu cette mission particulière. Nous avons vérifié comme il convenait et

27 ils ont été autorisés à ce moment-là à prendre la responsabilité du convoi.

28 Il n'y a pas eu de problèmes, vous savez, en ce qui concerne cette

Page 8919

1 passation.

2 Q. Ce que vous dites maintenant c'est quelque chose que vous vous rappelez

3 ou est-ce que vous supposez que c'est comme cela que cela s'est passé ?

4 R. C'est comme cela que cela aurait dû se passer. Personne ne pouvait

5 s'amener et prendre la responsabilité du convoi et tout simplement partir

6 pendant que nous étions là. Je veux dire nous étions là.

7 Q. Est-ce que vous avez également fourni la logistique nécessaire pour le

8 convoi qui a passé la nuit à Ovcara ?

9 R. Oui.

10 Q. Donc il y a eu une demande qui a été présentée pour la logistique pour

11 fournir le convoi ?

12 R. Je pense qu'au cours d'une conversation nous sommes parvenus à la

13 conclusion que nous avions de protéger les femmes et les enfants qui se

14 trouvaient dans le voisinage immédiat. Il y avait une coopérative agricole,

15 une ferme d'élevage. Il y avait des vaches, du bétail. Nous y sommes allés.

16 Je pense que le nom du directeur était Markovic ou Petrovic, nous lui avons

17 demandé de nous aider afin de pouvoir donner du lait chaud aux enfants, ce

18 qu'ils nous ont donné. Dans la matinée avant qu'ils ne partent, là encore

19 on leur a donné du thé et du lait.

20 Q. Pendant que le convoi est resté sur place, est-ce que vous avez établi

21 une liste des personnes qui se trouvaient là et est-ce que vous avez remis

22 ces personnes en utilisant les listes lorsque vous les avez confiées aux

23 personnes qui étaient venues reprendre la responsabilité du convoi ?

24 R. Je ne me rappelle pas que quiconque ait établi une liste des personnes.

25 Je ne me rappelle pas qu'on les ait remis par rapport -- pour ce qui est

26 d'une liste, je pense qu'il y avait huit ou neuf cars et de la même manière

27 qu'ils sont arrivés dans ces cars, ils sont repartis, on les a emmenés.

28 Q. Je vous remercie. Vous rappelez-vous quand le convoi est arrivé à la

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1 ferme d'Ovcara le 19 novembre si vos unités étaient déjà présentes, étaient

2 déjà là dans le hangar et ont-elles attendu le convoi ou est-ce qu'elles

3 ont été engagées par la suite ?

4 R. Non, nous sommes arrivés plus tard aux cars, c'est à ce moment-là que

5 nous nous sommes occupés de les garder.

6 Q. Pour autant que j'ai compris, vous n'êtes arrivés à ces cars qu'au

7 moment où ils étaient déjà arrivés ?

8 R. Je ne sais pas exactement qui les a emmenés jusqu'à nous. Je veux dire

9 évidemment ces cars n'auraient pas pu arriver tout seuls.

10 Q. Non, tout ce que je voulais vous demander c'était si vous êtes arrivé

11 avec vos unités à la ferme d'Ovcara lorsque vous avez appris que ces cars

12 étaient dans votre secteur, ils étaient arrivés dans votre secteur ?

13 R. Aucune unité n'était là autre que celle de ce capitaine dont nous avons

14 parlé. Il se trouvait là avec un groupe de soldats et ses officiers.

15 Q. Il vous a informé du fait que le convoi était arrivé à Ovcara et qu'il

16 fallait en assurer la garde ?

17 R. Je ne peux pas vraiment dire qui m'en a informé, mais je crois qu'il

18 était nécessaire de le garder. Quelqu'un a dû me dire que c'était cela

19 qu'il fallait que nous fassions, donc c'est ce que nous avons fait.

20 Q. Je vous remercie.

21 M. VASIC : [interprétation] Monsieur le Président, Madame et Monsieur les

22 Juges, pourrions-nous passer en audience à huis clos partiel, s'il vous

23 plaît ?

24 M. LE JUGE PARKER : [interprétation] Audience à huis clos partiel.

25 Mme LA GREFFIÈRE : [interprétation] Monsieur le Président, nous sommes en

26 audience à huis clos partiel.

27 [Audience à huis clos partiel]

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20 [Audience publique]

21 M. VASIC : [interprétation] Merci. Pourrait-on zoomer sur la partie droite

22 de la carte ? Merci.

23 Q. Monsieur Vojnovic, je vais vous demander de vous emparer ou de vous

24 munir du crayon magique - c'est ainsi que le dénomme M. Moore - et je vais

25 vous demander de vous en servir pour indiquer un certain nombre de choses

26 sur ce plan, sur cette carte. Je vais vous demander de nous indiquer, au

27 moyen d'un 1, le commandement local d'Ovcara; et avec un 2, je vais vous

28 demander de nous indiquer où se situait le commandement local de Jakubovac

Page 8931

1 et Grabovo; et avec un 3, je vais vous demander de nous indiquer

2 l'emplacement du poste de commandement de Sotin, si cela existait.

3 R. Je crois que le commandement de Sotin se trouvait au centre-ville, en

4 plein centre. Il y avait là une école. Pour ce qui est de Jakubovac et de

5 Grabovo, je ne vois pas.

6 M. VASIC : [interprétation] Peut-être pourrait-on descendre un petit peu

7 plus bas. Non, si on remonte, on verra peut-être Grabovo.

8 Q. Est-ce que je me trompe ou est-ce que Grabovo n'est pas à côté de la

9 photographie qui se trouve en dessous d'Ovcara ?

10 R. Grabovo doit être à peu près par là. Pour ce qui est du poste de

11 commandement d'Ovcara, cela se trouvait le long de la route vers Sotin, à

12 côté de cette maison.

13 [Le témoin s'exécute]

14 En face de cette maison, il y avait le hangar.

15 Q. Oui. A côté de la mention "Ovcara," est-ce que vous pourriez écrire un

16 1 ? C'était le poste de commandement d'Ovcara.

17 R. [Le témoin s'exécute]

18 Q. Veuillez entourer ce 1 d'un cercle.

19 R. [Le témoin s'exécute]

20 M. MOORE : [interprétation] Je vais demander à mon confrère de se référer

21 peut-être à la carte numéro 5 du jeu de cartes, parce qu'on y mentionne

22 Grabovo.

23 M. VASIC : [interprétation] Merci beaucoup. Je crois qu'effectivement, mon

24 confrère a tout à fait raison. Je le remercie de son intervention. Mais

25 pour ce qui est de la présentation des lieux, je pense que cette carte est

26 plus intéressante. On pourra peut-être utiliser cette carte, l'utiliser

27 d'abord, et ensuite utiliser celle qui a été mentionnée par mon confrère.

28 Q. Pouvez-vous nous indiquer maintenant où se trouvait le poste de

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1 commandement de Jakubovac en y inscrivant le chiffre 2 ? Est-ce que vous

2 pouvez voir Jakubovac ?

3 R. [Le témoin s'exécute]

4 Q. On ne peut pas voir Grabovo puisque c'est en dessous de la

5 photographie, c'est sous la photographie, mais est-ce que vous pouvez au

6 moyen d'un 3 nous indiquer l'emplacement du poste de commandement de

7 Sotin ?

8 R. [Le témoin s'exécute]

9 Q. Merci.

10 M. VASIC : [interprétation] Monsieur le Président, Madame, Monsieur les

11 Juges, le témoin nous confirme que Grabovo se trouve en dessous de la

12 photographie, là où se trouve la photographie. Est-ce que cela suffirait si

13 le témoin appose ou inscrit le chiffre 4 à côté de la photographie ?

14 M. LE JUGE PARKER : [interprétation] Etant donné qu'on ne le voit pas, vaut

15 mieux ne pas porter d'annotation. Je crois que nous savons maintenant où

16 cela se trouve, puisque cela figure sur pas mal de pièces à conviction.

17 M. VASIC : [interprétation] Oui, merci de votre intervention. Je suis tout

18 à fait d'accord avec vous, Monsieur le Président.

19 J'aimerais demander le versement au dossier de cette photographie, et nous

20 en n'aurons plus besoin, maintenant.

21 M. LE JUGE PARKER : [aucune interprétation]

22 Mme LA GREFFIÈRE : [interprétation] Il s'agira de la pièce 443.

23 M. VASIC : [interprétation]

24 Q. Hier, au début du contre-interrogatoire, et aujourd'hui encore, vous

25 avez dit à plusieurs reprises que le Groupe tactique de la 195e Brigade

26 motorisée commandée par le lieutenant-colonel Milan Jovic est resté dans

27 vos tableaux d'effectifs pendant une période assez limitée.

28 R. Oui.

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1 Q. Quelle a été la durée exacte de cette période ? Vous en souvenez-vous ?

2 R. Ils n'ont pas fait partie de notre tableau d'effectifs plus de trois ou

3 quatre jours tout au plus, parce que nous ne leur avons confié aucune

4 mission. Ils sont simplement venus sur secteur. Lui, il est venu se

5 présenter, il a demandé à ce que ses forces soient déployées et qu'on leur

6 donne le temps de se reposer, d'examiner leur équipement, leur matériel.

7 C'est ce qu'ils ont fait, et ensuite, ils ont quitté les lieux et ils ne

8 faisaient plus partie de notre tableau d'effectifs.

9 Q. Le 22 novembre 1991, est-ce que vous vous souvenez avoir donné un ordre

10 confidentiel numéro 34-2 ayant pour effet de modifier le poste de

11 commandement de Grabovo, Jakubovac et Ovcara, et vous avez désigné le chef

12 de Groupe tactique de la 195e Brigade motorisée en tant que commandant

13 local de ce poste ? Bon, le lieutenant-colonel Jovic, c'était son nom. Donc

14 par ce fait, vous avez annulé tous les ordres précédents.

15 L'INTERPRÈTE : Les interprètes signalent ne pas avoir saisi la réponse du

16 témoin.

17 M. VASIC : [interprétation] Excusez-moi.

18 Q. Pouvez-vous répéter encore une fois votre réponse ?

19 R. Oui. Je l'ai désigné mais j'ignorais qu'un ou deux jours plus tard il

20 ne ferait plus partie de notre organigramme. Je pensais qu'il resterait sur

21 place pendant quelques temps, c'est la raison pour laquelle je l'ai nommé à

22 ce poste-là.

23 Q. C'est la raison pour laquelle vous lui avez confié cette mission, une

24 mission bien précise ?

25 R. Oui, tout à fait.

26 Q. Pouvez-vous me confirmer qu'aux termes du règlement s'appliquant au

27 service dans les garnisons et les casernes, un commandant local doit

28 établir et garantir l'ordre et la discipline, garantir la sécurité des

Page 8934

1 personnes et des biens, s'assurer que toute prison ou unité de détention

2 éventuelle fonctionne correctement et qu'il existe d'autre part

3 l'obligation valable pour tous les chefs des unités qui se trouvent dans le

4 secteur du commandant local, donc obligation de connaître les règles qui

5 s'appliquent dans ce secteur, les règles imposées par le commandant local.

6 Est-ce que vous connaissez ce règlement ?

7 R. Oui. Oui, c'est tout à fait conforme aux règles, aux règlements que je

8 connais. Oui, je connais bien.

9 Q. Pouvez-vous nous confirmer que votre unité ou plutôt vous, en tant que

10 commandant de la 80e Brigade motorisée, avez été désigné commandant local à

11 Jakubovac, Ovcara et Grabovo le 18 novembre 1991 suite à une décision du

12 Groupe opérationnel sud. Est-ce que cela s'est passé après le départ de la

13 20e Brigade des Partisans, unité dont vous avez pris le relais, n'est-ce

14 pas ?

15 R. Oui.

16 Q. Pouvez-vous me dire la chose suivante : avez-vous demandé au chef de la

17 sécurité de votre brigade de faire une évaluation de la situation en

18 matière de sécurité pour la nouvelle zone de responsabilité qui est la

19 vôtre pour définir les axes possibles d'attaque permettant de déployer des

20 hommes sur le terrain; est-ce que c'est quelque chose que vous avez fait ?

21 R. On procède toujours à des évaluations de la situation en matière de

22 sécurité pour toutes les unités. Je suis certain qu'à un moment donné cela

23 a été fait. Je ne sais pas exactement ce qui a été conclu, mais chacune des

24 unités avait ses propres axes dans son secteur. Il est possible qu'après,

25 une fois que les combats étaient terminés, les gens ont commencé à relâcher

26 un peu leur attention parce qu'on pensait qu'il n'y avait plus de danger,

27 que les commandements et les hommes ne courraient aucun danger, les gens se

28 sentaient peut-être plus en sécurité, plus à l'aise.

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1 Q. Monsieur Vojnovic, dans ce secteur, conformément aux ordres qui vous

2 avaient été donnés par votre commandement, est-ce que vous avez organisé

3 les autorités en fonction du règlement de service des forces armées et du

4 règlement portant sur la vie dans les garnisons et les casernes ? Est-ce

5 que vous avez pris toutes les mesures nécessaires en matière de sécurité ?

6 R. On ne pouvait pas appliquer tout à fait le règlement portant sur la vie

7 dans les garnisons et les casernes parce que cela s'applique en temps de

8 paix. Je connais tous les règlements, mais là on se trouvait dans des

9 conditions tout à fait hors du commun. Les combats venaient de se terminer

10 à peine, mais toutes les mesures ont été prises pour assurer la sécurité de

11 notre unité, de nos unités, des civils et de toute la zone. Ceci était

12 valable pour toutes les unités qui se trouvaient dans cette région.

13 Q. Vous avez pris toutes les mesures qui s'imposaient pour protéger les

14 citoyens, pour protéger la population de tout mauvais traitement, incident

15 où on aurait pénétré dans leurs foyers sans autorisation pour fouiller les

16 maisons. Ceci était conforme à un ordre qui valait, pendant cette période,

17 pour tout le territoire qui avait été pris précédemment ?

18 R. Oui.

19 Q. Est-ce que vous avez rédigé des instructions pour faire en sorte que la

20 population puisse continuer à vivre normalement ?

21 R. Je ne sais pas s'il y a eu un ordre ou une série d'instructions ou s'il

22 s'agissait simplement de quelque chose qui s'appliquait de manière

23 habituelle, de manière standard et qui a été adaptée à la situation qui

24 était la nôtre sur terrain au fur et à mesure.

25 Q. Merci.

26 M. VASIC : [interprétation] J'aimerais maintenant qu'on présente au témoin

27 la pièce 418. J'indique à mes éminents confrères qu'il s'agit de la pièce

28 0467-2869, du moins si on l'identifie au moyen de son numéro ERN. Merci.

Page 8936

1 Est-ce qu'on pourrait placer la page 2 de ce document à l'écran ? Il s'agit

2 d'un rapport et j'aimerais qu'on zoome sur la partie supérieure de la page.

3 Merci beaucoup.

4 Q. Monsieur Vojnovic, vous voyez ce document. Il s'agit d'un rapport

5 qui indique que vous avez pris le relais du lieutenant-colonel Misovic de

6 la 20e Brigade des Partisans, dans cette zone, n'est-ce pas ?

7 R. Oui.

8 Q. J'aimerais que vous vous reportiez au paragraphe numéro 4.

9 M. VASIC : [interprétation] Il ne figure plus à l'écran. J'aimerais que

10 l'on fasse un gros plan sur la partie supérieure de la page.

11 Q. Point 4, ici au dernier point on peut lire : "Au cours de la journée,

12 le groupe tactique de la Brigade motorisée numéro 195 a pris position dans

13 la zone opérationnelle sud. Elle comptait quelque 400 hommes et elle a été

14 resubordonnée à la 80e Brigade motorisée."

15 R. A quelle date ?

16 Q. Le rapport est en date du 19 novembre.

17 R. Oui, il y a eu resubordination. Je ne suis pas sûr cependant des

18 effectifs, du nombre d'hommes concernés.

19 Q. Il s'agit d'un rapport de combat régulier ?

20 R. Oui. Oui, je n'ai rien dit sur ce point.

21 Q. Merci.

22 M. VASIC : [interprétation] Monsieur le Président, Madame, Messieurs les

23 Juges, je viens d'en terminer d'un série de questions que j'avais à poser.

24 Le moment serait peut-être bien choisi pour faire une pause.

25 M. LE JUGE PARKER : [interprétation] Nous allons faire une pause. Nous

26 aurons besoin d'une demi-heure à cause des expurgations qui ont été

27 réalisées.

28 --- L'audience est suspendue à 10 heures 58.

Page 8937

1 --- L'audience est reprise à 11 heures 36.

2 M. LE JUGE PARKER : [interprétation] Oui, Maître Vasic.

3 M. VASIC : [interprétation] Merci, Monsieur le Président.

4 Q. Monsieur Vojnovic, peut-on continuer ?

5 R. Oui.

6 Q. Merci. Avant la pause nous avons parlé des commandants locaux. Je pense

7 que justement par le biais de vos ordres écrits et oraux, vous avez divisé

8 votre zone de responsabilité en poste de commandement de vos deux officiers

9 subordonnés.

10 R. Oui.

11 Q. Vous avez parlé de la libération de Vukovar en répondant à mes

12 questions hier, le 18 novembre 1991. Est-ce que vous savez que cet acte a

13 été marqué en hissant le drapeau yougoslave de trois couleurs qui a été

14 hissé sur le château d'eau afin de célébrer la libération de Vukovar ?

15 R. Oui.

16 Q. Est-ce que vous pourriez nous dire comment vous l'avez appris que

17 Vukovar était libérée et qui vous l'a appris ?

18 R. Je pense que j'ai entendu parler de cela dans le commandement du Groupe

19 opérationnel sud. Je pense -- ou plutôt je suis sûr que le drapeau

20 tricolore a été hissé en haut du château d'eau par le chef d'état-major,

21 Miodrag Panic. Certains officiers sont venus, ils étaient stationnés de

22 l'autre côté de la rivière Vuka, ils sont venus dans la région de

23 Negoslavci. Plusieurs personnes me l'ont dit. Il y avait, pour ainsi dire,

24 plusieurs sources.

25 Q. Merci. Hier, en répondant à la question de mon éminent collègue, vous

26 avez dit que vous n'aviez pas été informé de l'évacuation de l'hôpital;

27 est-ce exact ?

28 R. Effectivement, non.

Page 8938

1 Q. Vous dites que vous n'étiez pas informé du fait que les prisonniers de

2 guerre de l'hôpital allaient être transférés à Ovcara dans votre zone de

3 responsabilité; est-ce exact ?

4 R. Effectivement.

5 Q. Merci.

6 M. VASIC : [interprétation] Je souhaite vous demander de me montrer la

7 pièce à conviction 375. L'entrée concernant 18 heures, c'est la page 10

8 dans la version anglaise, je l'indique pour mes éminents collègues. Si l'on

9 peut l'agrandir pour voir l'entrée qui se trouve à la dernière page du

10 journal concernant la date du 19 novembre à 18 heures, merci beaucoup.

11 Q. Monsieur Vojnovic, vous voyez devant vous le journal de guerre de la

12 80e Brigade motorisée; est-ce exact ?

13 R. Oui, très bien.

14 Q. Dans l'entrée concernant 18 heures, il est écrit : "Dans la matinée,

15 les Oustachi capturés ont été emmenés à la prison de Sremska Mitrovica. Les

16 luttes se sont déroulées seulement dans la région de l'hôpital, où on

17 attend la reddition des autres membres des ZNG et MUP (environ 200). Il a,

18 par conséquent, été ordonné d'être en état de préparation concernant

19 l'organisation de la garde des prisonniers."

20 Voyez-vous que ceci est inscrit dans l'entrée concernant le 19

21 novembre à 18 heures ?

22 R. Oui, je vois.

23 Q. Vous souvenez-vous qui vous a donné cette information selon laquelle il

24 fallait être prêts ?

25 M. MOORE : [interprétation] Excusez-moi d'interrompre, mais dans la

26 traduction que nous avons entendue, aucune référence n'est faite à un

27 ordre. Visiblement, ceci est important. Je me demande si l'on pourrait

28 montrer le document lui-même au témoin pour confirmer si ceci y figure ou

Page 8939

1 pas.

2 M. VASIC : [interprétation] Ceci ne pose pas du tout un problème. Je

3 demanderais à l'aide de l'Huissier.

4 Q. Monsieur Vojnovic, est-ce que vous voyez bien à l'écran ?

5 R. Oui, si c'est concernant le 19 novembre, oui, à 18 heures.

6 Q. A 18 heures. Est-ce que ce que j'ai lu y est écrit ?

7 R. Oui, c'est ce qui est écrit. Maintenant, honnêtement et officiellement,

8 je peux déclarer que je n'étais pas au courant de ce fait. Le journal de

9 guerre est tenu par un officier. Je peux dire avec certitude et en toute

10 responsabilité que je n'étais pas au courant de cette donnée, même si ceci

11 est inscrit dans le journal de guerre. Je ne sais pas comment cela se fait,

12 qui a entendu parler de cela, si ceci a suivi une autre ligne, je ne sais

13 pas. Mais de toute façon, effectivement, c'est ce qui y figure. Cela, je ne

14 peux le contester, mais je répète que nous n'avons pas du tout participé à

15 la sécurisation des prisonniers de guerre de l'hôpital. Je n'étais pas du

16 tout au courant, moi en tant que commandant, jusqu'à ce qu'ils ne soient

17 conduits jusque dans la région du hangar.

18 Q. Dites-moi, qui pouvait être au courant des inscriptions dans le journal

19 de guerre, dans votre commandement ?

20 R. Normalement, il y avait une personne dont c'était la responsabilité;

21 c'était contrôlé par le chef d'état-major. Il s'agit ici d'une

22 problématique sérieuse, donc peut-être que l'organe de la sécurité était au

23 courant et peut-être d'autres officiers. Mais normalement, le journal de

24 guerre n'est pas accessible à tout le monde. Je vois ici que c'était le

25 commandant Jankovic qui était en charge, qui le tenait.

26 Q. Oui, le commandant Jankovic tenait le journal de guerre, mais quelqu'un

27 aurait dû dire au commandant Jankovic d'inscrire cela dans le journal de

28 guerre ?

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1 R. Oui, certainement, quelqu'un devait le lui dire.

2 Q. Vous avez dit que leur chef d'état-major était responsable pour les

3 inscriptions faites dans le journal de guerre; ai-je bien compris ?

4 R. Oui, je pense que c'était sa responsabilité.

5 Q. Lorsqu'une telle inscription est faite dans le journal de guerre,

6 certaines mesures portant sur l'organisation et les préparatifs doivent

7 s'ensuivre; est-ce exact ?

8 R. Oui.

9 Q. Cependant, vous dites que vous n'êtes pas au courant de cela. Par

10 conséquent, je suppose que vous répondriez par la négative si je vous

11 demandais si quelqu'un du commandement, si le chef de la sécurité ou le

12 commandant de la police militaire le savait ? Vous diriez non,

13 probablement ?

14 R. Je ne sais pas si l'organe de sécurité ou l'officier de sécurité le

15 savait, peut-être qu'il était informé, mais je ne pense pas que le

16 commandant de la compagnie de la police militaire le savait. Mais c'est

17 intéressant. Il est intéressant que personne ne m'ait informé de cette

18 situation à l'époque.

19 Q. Est-ce que sur le terrain à Vukovar, dans de telles conditions, une

20 autre structure de commandement fonctionnait en dehors de cette structure

21 de commandement régulière, une autre structure qui pouvait aboutir à ce

22 qu'une telle inscription soit faite dans le journal de guerre sans que le

23 commandant le sache ?

24 R. Non, il n'y avait pas d'autres structures. Il s'agit d'un document

25 émanant de ma brigade, personne d'autre ne pouvait faire cette inscription

26 sauf le commandant Jankovic.

27 Q. Savez-vous si ce 18 dans la soirée ou le 20 dans la matinée, si cet

28 ordre visant à se préparer pour un régime de sécurité a été effectué ?

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1 R. Non.

2 Q. Très bien, merci. Est-ce que dans certaines de vos déclarations faites

3 au préalable à la fois au bureau du Procureur et à Belgrade, est-ce qu'on

4 vous a dit que lors de l'évacuation de l'hôpital qui a eu lieu le 20

5 novembre 1991, un peloton de la police de circulation de votre brigade a

6 été utilisé afin d'escorter ce convoi entre l'hôpital et Ovcara ?

7 R. Je n'étais au courant. J'ai fait cette déclaration. Je pensais que

8 certains des policiers de la circulation y étaient. La police militaire n'y

9 était pas, mais par la suite, j'ai appris et constaté que même les

10 policiers n'y étaient pas.

11 Q. Ai-je bien compris ce que vous avez dit, à savoir que les policiers

12 étaient impliqués, c'était en 2003, 2004, puis entre-temps, vous avez

13 vérifié puis vous dites qu'ils n'étaient pas impliqués.

14 R. Je pense qu'ils n'étaient pas impliqués, même si j'avais dit qu'il y

15 avait quelques policiers de la circulation. Mais entre-temps, j'ai obtenu

16 certaines données et je pense maintenant qu'ils n'étaient pas impliqués.

17 Q. Est-ce que vous pouvez nous clarifier comment avez-vous trouvé ces

18 données après 2004, de quelle manière ?

19 R. De la même manière que vous; j'ai écouté les rapports des gens, j'ai

20 suivi les dépositions à Novi Sad, à Belgrade. Je pense que le journal de

21 Novi Sad a écrit le détail de ces événements. D'après mes connaissances et

22 mes souvenirs, d'ailleurs, il y aussi le fait qu'aucun des officiers ne m'a

23 parlé des policiers de la circulation qui auraient été sur place.

24 Q. Est-ce que vous avez eu l'occasion de parler avec un membre de la

25 police de la circulation qui faisait partie de ce peloton ?

26 R. Non. Peut-être que j'ai parlé avec la personne sans savoir qu'elle

27 était le policier de la circulation.

28 Q. Pourquoi auparavant, et sur la base de quelle connaissance aviez-vous

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1 conclu que cette unité était impliquée dans l'évacuation ?

2 R. Cette unité -- dès que je suis arrivé au hangar, j'ai vu Vukasinovic

3 qui m'a dit que c'étaient les soldats de l'hôpital, les prisonniers.

4 Q. Je parlais des membres de votre police de la circulation. Sur la base

5 de quoi, auparavant, lorsque vous avez déclaré cela, vous aviez conclu

6 qu'ils avaient participé à cette évacuation ? Sur la base de quelle

7 source ?

8 R. Je ne me souviens pas sur la base de quelle source. Je suppose que

9 c'était sur la base de mes discussions avec les officiers dans la brigade

10 après cette période. Lorsque nous avons parlé un peu de cette situation, de

11 la question de savoir ce qui s'est passé et comment, je suppose que

12 quelqu'un me l'a dit.

13 Q. Vous souvenez-vous qui était le commandant du peloton de la police de

14 la circulation dans la compagnie de la police militaire, dans la 80e

15 Brigade motorisée ?

16 R. Je ne me souviens pas.

17 Q. S'agissant de l'utilisation de cette compagnie de la police militaire

18 et de l'évacuation de l'hôpital, est-ce que vous en avez parlé avec le

19 capitaine Vezmarovic ?

20 R. Tout d'abord, ce n'est pas une compagnie. Il s'agit de deux

21 détachements de la circulation qui n'étaient jamais complétés. Je ne me

22 souviens pas en avoir parlé avec Vezmarovic.

23 Q. Avec Dragi Vukosavljevic, votre chef de la sécurité ?

24 R. Vous savez, je l'ai déjà dit tout à l'heure. Je suis embarrassé de

25 parler de quelque chose dont je ne me souviens pas. Je ne me souviens

26 vraiment pas avoir parlé avec Dragi. Je ne sais pas pourquoi j'aurais parlé

27 avec Dragi après que le tout était déjà terminé. J'étais occupé par

28 d'autres occupations dans la ville. Vraiment honnêtement parlant, après que

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1 tout s'était terminé, cela ne m'intéressait pas tellement de savoir qui

2 était où et quand.

3 Q. Je vous ai demandé cela parce que vous avez dit tout à l'heure que vous

4 avez parlé avec certaines personnes qui étaient membres de votre unité, de

5 cela; peut-être, c'était Dragi Vukosavljevic, aussi ?

6 R. Peut-être si j'ai parlé avec certains officiers, peut-être que j'ai

7 parlé avec lui aussi, mais je ne suis pas sûr.

8 Q. Merci. Pourriez-vous me dire si ce peloton ou détachement de la police

9 militaire était utilisé dans l'évacuation de l'hôpital ? Qui aurait dû être

10 informé de cela dans votre commandement ?

11 R. Le commandant de la compagnie, l'organe de la sécurité, le chef du

12 service de la circulation.

13 Q. Vous souvenez-vous si vous avez parlé avec le chef du service de la

14 circulation ?

15 R. Je ne me souviens pas. J'ai pensé à un commandant, mais il n'était pas

16 le chef de la circulation, mais le commandant de bataillon. Je ne me

17 souviens pas.

18 Q. Très bien. Merci. Dites-moi, ai-je tort si je dis que dans toutes vos

19 déclarations, vous avez dit qu'à Ovcara, pour la première fois, vous avez

20 remarqué les prisonniers de guerre vers 17 heures ?

21 R. Je ne sais pas, s'agissant des temps et des moments. Vous n'arrêtez pas

22 de me poser des questions alors que je me souviens des événements. J'ai

23 remarqué les prisonniers à un certain moment. Je les ai vus. A mon avis,

24 c'était un peu avant que la nuit ne tombe. Je ne sais pas à quelle heure

25 cela s'est passé. Je ne regardais pas ma montre. J'ai essayé de voir ce que

26 je pouvais faire.

27 Q. Si je vous disais que nous avons un rapport de l'institut

28 hydrométéorologique indiquant que le fait incontesté est qu'à cette époque-

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1 là, la nuit tombait dans cette région peu avant 17 heures ?

2 R. C'est possible. Je rentrais de Sotin. Je suis resté là-bas jusqu'à la

3 tombée du soir. C'est possible.

4 Q. Veuillez répondre attentivement à la question suivante pour ne pas

5 aller à huis clos partiel. La question est la suivante : est-ce que le

6 commandant de la localité d'Ovcara, avant votre arrivée dans le hangar,

7 est-ce qu'il ne vous a pas informé du fait que certains soldats et d'autres

8 personnes venaient dans cette zone de responsabilité ? Est-ce qu'il était

9 tenu de le faire ?

10 R. Encore une fois, je ne me souviens pas s'il m'en a informé ou pas. Je

11 sais que j'y étais avec lui. Il m'a informé comme le commandant supérieur.

12 Mais de manière provisoire, il était placé sous mon commandement, mais nous

13 y étions ensemble quand même.

14 Q. Avez-vous été informé avant d'y arriver, au crépuscule du soir, comme

15 vous le dites ?

16 R. Je pense que je n'étais pas informé.

17 Q. Cependant, vous êtes sûr qu'au crépuscule du soir, vous avez vu ces

18 autobus ?

19 R. A travers la partie où se trouvait le commandement de (expurgé) j'y

20 passais une fois dans l'après-midi, lorsque j'allais à Sotin. A ce moment-

21 là, je n'ai rien vu. Après, s'il y avait des choses, après mon départ de

22 Sotin, cela, je ne sais pas. Mais je sais qu'au moment de mon retour, j'ai

23 vu des autobus. (expurgé)est sorti m'accueillir en tant que commandant. Je ne

24 me suis pas arrêté auprès de lui, mais j'ai continué immédiatement devant

25 le hangar afin de voir de quoi il s'agissait, qui c'était. J'ai déjà

26 expliqué ces actes.

27 Q. Merci. Mais je vous ai demandé de faire attention pour ne pas

28 mentionner de noms. Maintenant --

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1 R. Oui.

2 Q. Très bien.

3 R. Excusez-moi.

4 Q. Vous dites qu'à Ovcara, vous êtes resté environ 30 minutes et qu'après,

5 vous vous êtes dépêché pour assister à une réunion d'information du Groupe

6 opérationnel sud.

7 R. J'y suis resté environ 30 minutes. Peut-être, cinq, dix minutes au

8 plus, je ne sais pas exactement, mais j'y étais. Puis, le moment est venu

9 d'aller à la réunion d'information, au poste de commandement de Negoslavci.

10 Q. Compte tenu de cela, ceci voudrait dire que vous pouviez arriver un peu

11 avant 18 heures à la réunion d'information du commandement du Groupe

12 opérationnel de Negoslavci, n'est-ce pas ?

13 R. Un peu -- en fait, c'était entre 16 et 18 heures. J'étais en retard

14 pour le début de l'explication, compte tenu de tous les événements et

15 compte tenu de la situation. Je l'ai déjà expliqué hier. Je pense qu'il est

16 inutile de le répéter.

17 Q. Oui, bien sûr. Mais ai-je raison de dire que pour une raison, vous ne

18 donnez pas d'heure exacte à laquelle vous êtes allé à Ovcara le 20 novembre

19 1991 ?

20 R. Pardon ? Lorsque --

21 Q. Lorsque vous êtes allé à Ovcara, le 20 novembre, pour une certaine

22 raison, vous ne dites pas avec exactitude l'heure.

23 R. Je ne donne pas l'heure exacte, car je ne regardais pas ma montre. Je

24 regardais afin d'essayer de voir de quoi il s'agissait.

25 Q. Je pense que vous êtes arrivé à Ovcara bien plus tôt que ce que vous

26 dites ici, que c'était au crépuscule du soir, et un témoin a déposé à ce

27 sujet disant qu'il vous a vu vers 14 heures, que vous étiez devant le

28 hangar; est-ce exact ?

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1 R. Non. Ce qui peut s'être passé c'est que j'ai pu passer par le hangar, à

2 côté du hangar, d'après ce que je me rappelle, et ensuite j'ai poursuivi ma

3 route vers Sotin.

4 Q. Le témoin a dit qu'à l'époque vous essayez de protéger les prisonniers

5 du passage à tabac entre deux files et, qu'à ce moment-là, il avait vu le

6 lieutenant-colonel Panic qui était là aussi à ce moment-là.

7 R. J'ai commencé à protéger les prisonniers dès le moment où je les ai

8 vus, et je les ai protégés avec cet homme et ce groupe de soldats jusqu'au

9 moment où ils sont entrés dans le hangar. Nous avons fait tout ce que nous

10 avons pu pour empêcher qu'ils ne soient harcelés et maltraités lorsqu'on

11 les faisait passer à travers ces deux rangées. Je n'ai pas vu Panic. Plus

12 tard j'ai vu la déclaration de Panic et le fait qu'il m'avait vu.

13 Q. Pourriez-vous, s'il vous plaît, nous dire où vous avez lu cette

14 déclaration du lieutenant-colonel Miodrag Panic ?

15 R. C'était dans un journal qui rendait compte des dépositions; c'est là

16 que je l'ai vue. Et deuxièmement, Panic lui-même m'a dit lorsque nous nous

17 sommes rencontrés au tribunal militaire.

18 M. VASIC : [interprétation] Pourrions-nous maintenant voir la pièce à

19 conviction 371, s'il vous plaît ? C'est le journal d'opérations de la 80e

20 Brigade motorisée. Si on pouvait regarder ce qui est inscrit à la date du

21 20 novembre à 16 heures, et ceci figure à la page 11.

22 Q. Monsieur Vojnovic, nous allons voir cela sous peu à l'écran.

23 M. VASIC : [interprétation] Pourrait-on, s'il vous plaît, faire un gros

24 plan sur la partie inférieure de la page, parce que c'est à cet endroit que

25 figure la dernière mention inscrite dans ce journal des opérations. Je vous

26 remercie.

27 Q. Monsieur Vojnovic, pouvez-vous voir la mention à 16 heures ?

28 R. Oui.

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1 Q. Lit-on là que : "Le commandant de la brigade a demandé que des tours de

2 rôle soient décidés pour les officiers" --

3 R. Oui.

4 Q. -- "pour ce qui est d'assurer la garde des membres du ZNG et du MUP qui

5 ont été capturés. La compagnie de police militaire et les officiers du

6 commandement de la brigade ont été engagés pour cela."

7 R. Il s'agit de quelle date ? Est-ce qu'il s'agit du 20 ?

8 Q. Oui, c'est bien cela. C'est le 20 novembre à 16 heures, et nous pouvons

9 le vérifier en faisant dérouler la page vers le bas un peu.

10 R. Oui, oui, je vois. Je le vois bien.

11 Q. Vous voyez cette mention et ce qu'elle dit.

12 R. Je ne souhaite pas commenter cela, mais je voudrais expliquer. J'ai

13 bien dit que je ne pouvais pas indiquer quelle était l'heure exacte parce

14 que je ne me rappelle pas tout. Ceci a été inscrit de façon arbitraire par

15 la personne qui enregistrait les différents événements, mais ce n'est pas

16 comme cela que cela s'est passé. J'ai demandé l'aide d'officiers et de

17 soldats qui devaient être envoyés pour protéger les prisonniers qui

18 venaient de l'hôpital et qui étaient envoyé au hangar. Ceci a été consigné

19 par écrit, mais il n'est pas nécessairement exact, et pour sûr cela n'est

20 pas exact.

21 Q. Pour commencer, est-ce que vous êtes en train de soutenir que les

22 documents de guerre de votre unité ne sont pas exacts ?

23 R. Non, ce n'est pas la question. Il s'agit de cette mention-ci dont nous

24 traitons maintenant. L'objectif était la protection des civils, de ces

25 personnes. Ceci n'a pas été formulé de façon exacte. Cette entrée n'est pas

26 exacte.

27 Q. Pourriez-vous, s'il vous plaît, me dire si le chef d'état-major du

28 commandement de la 80e Brigade motorisée est bien la personne qui contrôle

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1 toutes les entrées inscrites dans le journal des opérations de cette

2 unité ?

3 R. Oui, c'est cela qu'il devrait faire, et il devrait contrôler ce qui est

4 inscrit, mais ce n'est pas toujours le cas. D'habitude, ceci est fait par

5 une seule et même personne; un officier des opérations qui a pour mission

6 d'enregistrer tous les événements. Mais ceci est quelque chose qui a été

7 écrit de façon arbitraire, et c'est tout à fait clair on voit ce dont il

8 s'agit. J'ai demandé de l'aide; j'ai demandé que des officiers et des

9 soldats viennent pour aider à la protection des prisonniers tandis qu'on

10 les faisait entrer dans le hangar. Bien sûr il était logique d'avoir cette

11 aide d'officiers et de soldats d'un commandement qui était proche.

12 Q. Pourriez-vous, s'il vous plaît, nous dire si cette personne faisant

13 partie de votre commandement qui tenait le journal de guerre, il consignait

14 ce qui lui était dit ?

15 R. Il écrit les choses de la manière dont il les comprend. Il n'est pas

16 une personne pleinement formée à cela. On ne lui dit pas exactement quoi

17 inscrire; on ne lui donne pas les mots précis. On lui dit : telle ou telle

18 chose a eu lieu. Cela se passe à Ovcara, donc le commandant demande qu'il y

19 ait des tours de garde d'officiers. Pourquoi aurions-nous besoin

20 d'officiers-là, compte tenu de la mission qui nous était confiée ?

21 Q. Nous allons voir cela plus tard.

22 R. Ceci n'est pas formulé de façon exacte, de façon correcte.

23 Q. Ce que je voudrais vous demander c'est si cette personne qui n'avait

24 pas une formation complète se trouvait être le directeur d'une entreprise

25 de Kragujevac ?

26 R. Oui, c'est exact. Mais, il n'avait qu'une formation superficielle pour

27 les questions militaires.

28 Q. Je vais vous demander si votre chef d'état-major, le lieutenant-colonel

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1 Danilovic, contrôlait les mentions inscrites dans ces documents ?

2 R. Oui, en principe, il était censé le faire, mais il ne pouvait pas

3 vérifier tout, absolument chaque chose. En principe, c'est précisément une

4 tâche qui est attribuée à quelqu'un, à une personne.

5 Q. Est-ce que vous avez simplement vérifié que la personne qui était le

6 commandant local était menacée à ce poste de commandement à 16 heures dans

7 l'après-midi ?

8 R. Oui, assurément il l'était. Un groupe de personnes armées important est

9 arrivé dans son voisinage immédiat. Il ne savait pas qui c'était et d'où il

10 venait, et ce qu'il venait faire. Tous portaient des armes. Ils se

11 montraient très agressifs, arrogants. Il ne savait pas qui étaient leurs

12 officiers; il ne se trouvait là qu'avec deux ou trois soldats.

13 Q. Bien. Nous savons combien de soldats il avait; je ne vais pas vous

14 poser de questions à ce sujet. Mais, je voudrais vous demander ceci : vous

15 êtes d'avis qu'une unité comme celle-ci pouvait utiliser des canons

16 antiaériens de façon à se protéger des canons de 20 millimètres, afin de --

17 enfin, contre une force ?

18 R. Comment pourrait-on utiliser un canon antiaérien de façon à se protéger

19 contre des hommes ? Ils avaient seulement des armes semi-automatiques.

20 Comment auraient-ils pu utiliser ces armes contre un groupe de personnes

21 qu'ils ne connaissaient pas ? En l'occurrence, il ne faisait pas l'objet

22 d'une attaque. Une personne prendrait des mesures de façon à se protéger et

23 demanderait protection.

24 Q. D'après ce que vous dites, il n'y avait pas de menace à ce moment-là ?

25 R. Il était préoccupé pour la sécurité de son commandement et pour ses

26 hommes. Il n'était pas nécessairement l'objet d'une menace, mais il a pensé

27 à prendre des mesures pour se protéger.

28 Q. A ce moment-là, y a-t-il une compagnie de polices militaires de la 80e

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1 Brigade motorisée à l'intérieur du hangar ?

2 R. Je ne le pense pas.

3 Q. Pourriez-vous nous dire où elle se trouvait ?

4 R. Probablement en route de retour de Sremska Mitrovica, le retour vers

5 Negoslavci, ou même déjà à Negoslavci.

6 Q. Donc, sur le chemin du retour de Sremska Mitrovica. Vous n'êtes pas en

7 train de dire que la compagnie de polices militaires de Sremska Mitrovica

8 avait besoin de prendre toute la journée pour parvenir à Negoslavci, n'est-

9 ce pas ?

10 R. Ils avaient remis les prisonniers, le groupe de Mitnica. Bien sûr, cela

11 a pu prendre toute une journée, à moins que cela ait été fait de façon

12 correcte.

13 Q. Si ce groupe s'était rendu le 19 novembre à 15 heures 30, cette

14 compagnie de polices militaires de la 80e Brigade, était-elle censée avoir

15 été longtemps en Negoslavci le 19 novembre, à 16 heures ?

16 R. Cela est une question qui reste ouverte. S'ils y étaient trouvés ?

17 Auraient-ils dû s'y trouver ? Avaient-ils à faire face à des problèmes là-

18 bas ou pas ? Cela est une question tout à fait différente.

19 Q. Vous, en tant que commandant de brigade, est-ce que vous savez où se

20 trouvait la compagnie de polices militaires ?

21 R. Quand cela ?

22 Q. Le 20 novembre à 16 heures.

23 R. J'ai vu certains des soldats, mais je n'ai pas vu l'ensemble de

24 l'unité. Je n'ai pas vu Vezmarovic ni aucune personne précise. Je sais que

25 certains d'entre eux sont allés à Sremska Mitrovica, et j'ai vu certains

26 d'entre eux plus tard à Ovcara. Il y avait certains points à l'époque et

27 certains éléments qu'ils s'y trouvaient.

28 Q. Je regrette de devoir éclaircir ce point. Vous saviez, en fait, qu'ils

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1 étaient à Negoslavci ou est-ce que vous pensiez qu'ils étaient sur le

2 chemin de retour depuis Sremska Mitrovica ?

3 R. Je ne le savais pas.

4 Q. Comment, alors, ce fait-il que vous ayez demandé qu'une unité soit

5 utilisée par rapport à un endroit sur lequel vous ne saviez rien ?

6 R. Quand ai-je fait cette demande ?

7 Q. D'après le journal des opérations, le 20 novembre, à

8 16 heures. Vous avez demandé que la compagnie de police militaire soit

9 utilisée, et des officiers du commandement de la brigade, pour des

10 questions de sécurité, d'après ce que l'on lit, ou de protection, comme

11 vous l'avez dit. Il y a une chose qui est hors de doute, c'est que vous

12 avez demandé que l'on utilise la compagnie de police miliaire; est-ce

13 exact ?

14 R. Je vous ai dit que la formulation de cette mention à

15 16 heures n'est pas exacte. Il se peut que l'officier qui gardait ce

16 journal ne l'ait pas fait correctement. J'ai demandé l'aide d'officiers et

17 de soldats de façon à pouvoir aider les prisonniers sans s'avoir où se

18 trouvait la compagnie de police militaire ou le reste de cette compagnie.

19 Je n'ai pas demandé l'aide d'autres officiers. J'ai demandé qu'un ou deux

20 officiers soient envoyés avec un groupe de soldats pour protéger les

21 prisonniers. Je ne savais rien de la compagnie de police militaire. Je ne

22 savais pas où elle était. Je pensais qu'elle était quelque part sur le

23 chemin de retour de Mitrovica à Negoslavci. Où ils se trouvaient, à quel

24 point précis se trouvaient-ils à ce moment-là, c'est quelque chose que je

25 ne savais pas.

26 M. LE JUGE PARKER : [interprétation] Maître Vasic, je voudrais faire

27 remarquer que tout au moins dans la version anglaise il y a deux phrases

28 dans la mention inscrite sur le journal de guerre. La première vise

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1 enregistrer la demande du commandant; la deuxième semble indiquer ce qui

2 était fait concernant cette demande, plutôt que le fait qu'il s'agit d'une

3 demande du commandant que la police militaire et d'autres soient désignés

4 pour cette tâche.

5 M. VASIC : [interprétation] Monsieur le Président, je ne crois pas que ce

6 soit vraiment ce qui est dit dans notre langue. Dans la première partie, il

7 y a la tâche ou la mission de sécurité, vous avez raison sur ce point.

8 Quant à la deuxième partie, on lit : "Responsabilité pour cela," et

9 quelqu'un est annoncé comme devant être "responsable de cela," ou plutôt

10 pas responsable, mais "la compagnie de police militaire et l'officier de la

11 brigade."

12 C'est la première partie de la phrase, et dans la deuxième partie de la

13 phrase vous avez : "l'organe de l'exécution," en l'occurrence, qui est

14 censé effectuer cela. C'est la deuxième partie de la phrase, et c'est une

15 phrase qui comprend deux parties différentes avec deux éléments

16 d'informations, tout au moins c'est comme cela que je la lis et que je

17 comprends ce qu'elle dit.

18 M. LE JUGE PARKER : [interprétation] Je voudrais faire remarquer que, tout

19 au moins voilà comment cela a été rendu en anglais, il s'agit tout

20 simplement de deux affirmations, de deux déclarations. La première consiste

21 en une demande, la deuxième explique ce que l'on fait concernant cette

22 demande. Si c'est quelque chose de différent dans votre langue, si cette

23 traduction doit être

24 M. VASIC : [interprétation] Oui, Monsieur le Président. Je suis en train de

25 regarder le texte anglais, et la traduction comprend deux phrases; la

26 version originale B/C/S ne contient qu'une seule phrase. Il y a une

27 virgule.

28 M. LE JUGE PARKER : [interprétation] Si je vous ai bien compris, même

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1 lorsque vous la traduisez, vous-même, est-ce que cela ne dit pas que le

2 commandant de la brigade a demandé que la police militaire et des officiers

3 du commandement de la brigade entreprennent cette tâche.

4 M. VASIC : [interprétation] Monsieur le Président, tout au début de cette

5 phrase, il est dit que le commandant de la brigade est celui qui a demandé,

6 celui qui a fait cette demande. Dans la colonne numéro 4, qui est juste à

7 côté de ce qui est inscrit, juste à côté, il est dit que le lieutenant-

8 colonel Vojnovic, pour autant que je le comprends, était la personne qui a

9 ordonné que l'on inscrive ceci, que l'on enregistre ceci, et nous pourrons

10 vérifier avec le témoin.

11 LE TÉMOIN : [interprétation] Je n'ai pas donné d'ordre pour que cette

12 mention soit inscrite. C'était la personne qui était chargée d'inscrire ces

13 mentions, et il a noté, il a écrit que je demandais de l'aide. La

14 formulation de ce rapport est inexacte. Je ne savais rien concernant la

15 compagnie de police militaire. Je ne savais même pas où elle se trouvait,

16 comme vous l'avez suggéré. Je demandais des officiers -- je demandais deux

17 officiers, cela j'en suis certain, et qu'un groupe de soldats nous soit

18 envoyé; cette raison est tant que Vezmarovic n'était pas là. A cause de

19 cela, le capitaine Vukic est venu avec un groupe de soldats du commandement

20 de l'état-major, de la compagnie des transmissions et le reste. Je lui ai

21 envoyé, comme je l'ai dit hier, parler au commandant Vukasinovic, au cas où

22 il y aurait une tâche à accomplir ou au cas où de l'aide serait nécessaire.

23 Vukasinovic l'a renvoyé, lui a dit de repartir, en lui disant qu'il n'y

24 avait pas de tâche ou de mission pour lui et il lui a dit qu'il devait

25 retourner à Negoslavci, ce que Vukic a fait, en temps utile.

26 Q. Pouvez-vous nous dire comment vous avez transmis cette demande au

27 commandement de votre brigade ?

28 R. Je ne le sais pas, comme je l'ai déjà dit. Je ne suis pas sûr, peut-

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1 être que je l'aurais téléphoné. Je ne suis pas sûr que quelqu'un soit venu.

2 Nous avons dit que quelqu'un du commandement avait appelé et avait rendu

3 compte de cela. Je ne sais pas comment cela s'est passé, mais l'officier de

4 permanence pour les opérations au commandement de la brigade a, pour finir,

5 reçu ce rapport.

6 Q. Est-ce que ceci a été fait par téléphone, et à partir d'où ? Savez-vous

7 cela ? Quel téléphone avez-vous utilisé ?

8 R. Peut-être que c'était l'un des téléphones qui se trouvait sur les

9 voitures de la brigade. Certaines d'entre elles étaient équipées de

10 téléphone en l'occurrence. Pas toutes, tant s'en faut, mais certaines en

11 avaient. Je ne vais pas m'engager sur ce point toutefois, je leur ai

12 téléphoné de quelque part, d'un endroit ou d'un autre.

13 Q. Quelles sont les unités précises que vous avez contactées en utilisant

14 ce téléphone dont vous venez maintenant de parler ?

15 R. Plus ou moins toutes ces unités, les commandements subordonnés.

16 Q. Si je vous dis que M. Vezmarovic nous a dit que son unité de police

17 militaire se trouvait à Ovcara même à son absence et que lui-même n'est

18 arrivé que plus tard, que pouvez-vous me dire à ce sujet, Monsieur le

19 Témoin ?

20 R. J'ai dit qu'il y avait des soldats portant des ceinturons blancs qui se

21 trouvaient là, ainsi que d'autres soldats aussi venant du commandement de

22 l'état-major, les transmetteurs, et ainsi de suite. Je n'ai pas dit qu'il

23 n'y avait personne d'autre sur place; il y avait des soldats qui portaient

24 des ceinturons blancs, même dans mon véhicule. Je ne suis pas sûr qu'il y

25 ait eu d'autres personnes là, mais pour finir, il y avait ceux qui

26 portaient des ceinturons blancs. Je n'ai aucune idée de qui c'était. Je

27 vous l'ai dit, je suis arrivé dans cette unité très tard dans la journée,

28 c'était la première fois que je rencontrais ces personnes. En dépit de mes

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1 meilleures intentions, je n'ai pas eu le temps de les rencontrer tous

2 personnellement, pas même leurs officiers.

3 Q. Quelle était la mission de cette unité que vous avez demandé qu'on

4 envoie à Ovcara ?

5 R. C'était d'aider le commandement Vukasinovic à protéger les prisonniers.

6 Q. Vous étiez un officier d'un grade plus élevé que le commandement

7 Vukasinovic. Est-ce qu'il vous a demandé de l'aide ?

8 R. Non.

9 Q. Alors, pourquoi donner l'ordre à unité de venir à Negoslavci et au

10 commandement de la brigade d'y venir et de vous aider ?

11 R. Parce que je n'avais pas vu Vukasinovic sur place dans le hangar

12 jusqu'à ce moment-là.

13 Q. Si vous n'aviez pas encore vu Vukasinovic dans le hangar à ce moment-là

14 comment pouviez-vous avoir demandé de l'aide pour son compte ou en son

15 nom ?

16 R. Je demandais de l'aide de façon à protéger le poste de commandement

17 pour ma propre protection, pour la protection des prisonniers. Ce n'est

18 qu'à partir du moment où je suis entré dans le hangar que je me suis rendu

19 compte que Vukasinovic était là, et l'aide demandée n'était pas encore

20 arrivée à ce moment-là.

21 Q. Donc vous demandiez de l'aide avant d'être entré dans le hangar ?

22 R. Oui. Dès que je me suis rendu compte de ce qu'était la situation à

23 l'extérieur du hangar, tout bien compté, cet homme est venu avec moi, avec

24 son propre groupe de soldats et d'officiers et nous avons commencé à nous

25 occuper de ce qui devait être fait et nous sommes restés là jusqu'à ce que

26 tous les prisonniers se soient trouvés à l'intérieur du hangar. C'est le

27 seul moment où je suis entré. Ceci a duré de 25 à 30 minutes, puis je suis

28 allé à l'intérieur et j'ai été surpris de voir Vukasinovic qui se trouvait

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1 là juste au milieu.

2 Dans l'intervalle, le capitaine Vukic était arrivé et je lui ai dit

3 d'aller parler à Vukasinovic pour lui demander s'il avait besoin d'aide, ou

4 enfin en ce qui concernait les missions qui auraient pu lui être confiées.

5 Il y est allé, il lui a parlé, on lui a dit qu'il n'y avait pas de tâches

6 ou de missions à accomplir. Il est revenu et il a dit : "Est-ce que nous

7 sommes en disponibilité ?" Il a dit : "Oui. Vous pouvez retourner après

8 cela à Negoslavci." Il a réuni ses soldats et tous ont repris la route pour

9 Negoslavci.

10 Q. Qu'en est-il de ce groupe de soldats de votre commandement ? Pourquoi

11 n'avez-vous pas envoyé chercher pour aider le commandant local, mais plutôt

12 le commandant Vukasinovic à la place ?

13 R. Parce que le commandant Vukasinovic était l'officier le plus ancien sur

14 place et qu'il était de notre commandement supérieur, également il était

15 chargé des prisonniers parce que c'était lui qui les avait amenés sur place

16 pour commencer.

17 Q. Avez-vous demandé au commandant Vukasinovic s'il avait besoin d'aide ?

18 R. Non. Je ne lui ai pas demandé.

19 Q. Pourquoi pas ?

20 R. Parce que l'aide était déjà arrivée.

21 Q. Qui commandait l'unité qui venait juste d'arriver ?

22 R. Le capitaine de réserve Vukic. Je ne me rappelle pas son prénom.

23 Q. Etiez-vous présent lorsque l'unité est arrivée ?

24 R. Je crois que j'étais encore là. J'étais celui qui l'avait averti de

25 tout ce qui s'était passé et celui qui lui a dit d'aller parler à

26 Vukasinovic. C'est à ce moment-là que j'ai quitté le poste de commandement

27 pour voir le capitaine Mrksic.

28 Q. Est-ce que vous étiez chargé du commandement de l'unité à l'intérieur

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1 du hangar puisque vous étiez l'officier du grade le plus élevé sur place ?

2 R. Non. J'ai quitté immédiatement après avoir parlé à cet officier, après

3 lui avoir dit d'aller s'adresser à Vukasinovic.

4 Q. N'auriez-vous pas dû agir différemment compte tenu de la situation ?

5 R. Non. J'ai fait tout ce que tout soldat de métier aurait été en mesure

6 de faire dans une situation comme celle-là. Un groupe de personnes armées

7 était arrivé, nous n'avions aucune idée de qui c'était ou d'où il venait.

8 Leurs intentions n'étaient pas claires, leurs tâches ou missions ne nous

9 étaient pas connues. J'ai pris des mesures pour me protéger ainsi que mon

10 commandant subordonné et les prisonniers. Je pense que tout officier de

11 l'armée aurait fait de même ayant à faire face à situation à laquelle

12 j'étais confronté. Indépendamment du fait que je ne savais pas de façon

13 certaine qui il y avait à l'intérieur du hangar.

14 Q. Sur la base de ce que vous nous dites maintenant, il me semble que vous

15 auriez demandé à cette unité de venir vous aider ainsi que le commandant

16 local et pas le commandant Vukasinovic - attendez un instant, s'il vous

17 plaît, laissez-moi finir ma question - pour vous protéger, pour protéger le

18 commandement local et protéger les prisonniers de guerre ?

19 R. Oui, c'est cela.

20 Q. Vous étiez l'officier ayant le grade le plus élevé sur place. Pourquoi

21 est-ce que vous n'avez pas pris la responsabilité du hangar ? Pourquoi est-

22 ce que vous pas pris le commandement au hangar ?

23 R. Je n'avais aucune idée de qui étaient ces personnes, j'étais l'officier

24 le plus gradé du point de vue grade c'est vrai, mais il y avait là un

25 officier de mon commandement supérieur, un officier de la sécurité. Je ne

26 suis pas sûr pourquoi vous refusez de voir cela, de comprendre ce que je

27 vous dis. C'était lui qui avait amené ces personnes ici. C'était sa

28 mission, il était allé les chercher, il les avait amenés ici. Il avait reçu

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1 cette mission de son propre supérieur, ce n'est pas moi qui lui avais

2 donné.

3 Q. Monsieur Vojnovic, vous dites que vous avez estimé à ce moment-là que

4 votre sécurité était menacée ainsi que la sécurité du poste de commandement

5 qui se trouvait dans votre secteur de responsabilité, votre secteur de

6 commandement. Nous avons vu cela. Vous-même étant le commandant local du

7 secteur Ovcara, Grabovo, Jakubovac, vous étiez censé prendre en charge le

8 commandement -- enfin reprendre le commandement, et vous étiez censé

9 protéger tous ces éléments qui, à votre avis, étaient menacés, n'est-ce pas

10 ?

11 R. Je vous ai dit que des gens étaient menacés, étaient en danger, les

12 prisonniers, mon commandement, moi-même sans vous donner d'ordre

13 particulier. Nous étions tous en danger, les prisonniers et moi-même, mon

14 commandement, mon état-major. Ces prisonniers avaient été amenés là par le

15 commandement Vukasinovic, officier de mon commandement supérieur. Je ne

16 sais pas d'où il les avait amenés ou quelle était la tâche qui lui était

17 confiée. Comment pouvais-je lui ordonner quoi que ce soit si je n'avais

18 aucune idée d'où venaient ces prisonniers ou ce qu'on était censé faire de

19 ces prisonniers ?

20 Q. Est-ce que vous lui avez demandé qui étaient ces personnes, ces unités

21 qui s'étaient rendues et d'où elles venaient ?

22 R. Oui, j'ai posé la question de savoir qui étaient ces prisonniers. J'ai

23 vu des personnes qui portaient différents types de vêtements, certains qui

24 portaient des vestes blanches, certains qui portaient des effets

25 d'uniformes combinés, certains qui portaient des couvre-chefs. C'était la

26 première fois que je posais les yeux sur ces personnes. J'ai demandé à

27 Vukasinovic : Vukasinovic, qui sont ces personnes ? Il a dit que c'était

28 des personnes venant de l'hôpital, c'était des prisonniers. C'est tout ce

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1 qu'il a dit.

2 Q. Il n'est pas tout à fait vrai que vous ne saviez pas qui étaient ces

3 personnes et d'où elles venaient ?

4 R. C'est seulement à partir du moment où j'ai été à l'intérieur du hangar

5 qu'on m'a dit qui étaient ces personnes. Je ne m'en étais pas rendu compte

6 jusqu'à ce moment-là; je ne savais pas.

7 Q. Vous, en tant que commandant local sur place, est-ce que vous aviez des

8 pouvoirs de prendre des mesures qui vous permettaient compte tenu du droit

9 applicable et en tant que commandant local, des mesures que vous étiez en

10 droit de prendre ?

11 R. Je n'avais aucune autorité pour emmener ces prisonniers parce que cet

12 homme était en train d'exécuter un ordre qui lui avait été précédemment

13 donné par un commandant supérieur. J'ai simplement rendu compte à mon

14 commandant supérieur.

15 Q. Quand avez-vous rendu compte à votre commandant immédiat ? Vous dites

16 immédiatement, qu'est-ce que vous voulez dire par cela ?R. Lorsque les

17 prisonniers se trouvaient à l'intérieur du hangar, lorsque j'ai eu fini de

18 faire de mon mieux pour les protéger dans la mesure où je pouvais, lorsque

19 l'aide est arrivée du commandement de la brigade conduit par Vukic. Lorsque

20 je suis allé à l'intérieur du hangar, lorsque je me suis rendu compte que

21 Vukasinovic était là et qu'il m'a dit qui étaient ces personnes et d'où

22 elles venaient. A ce moment-là, il y a eu ce groupe de soldats qui est

23 arrivé, entre 15 et 20 hommes. J'ai pensé moi-même, voilà un homme de mon

24 commandement supérieur. Je suppose qu'on lui a donné une tâche à accomplir,

25 je lui ai proposé mon aide et il a refusé.

26 Q. Qui était le commandant dont il relevait, lui, c'était le commandant

27 Vukasinovic ?

28 R. Non, le colonel Mrksic.

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1 Q. Quand ?

2 R. Ce soir-là, après l'arrivée de Vukic. J'ai dit à Vukic d'aller parler à

3 Vukasinovic, c'est la mission que je lui ai donnée.

4 M. VASIC : [interprétation] Monsieur le Président, je crois que le moment

5 est venu de faire la pause.

6 M. LE JUGE PARKER : [interprétation] Oui, Maître Vasic, je vous ai laissé

7 continuer parce que j'avais compris que vous étiez en train d'aborder un

8 point d'un intérêt particulier.

9 Nous allons reprendre à 13 heures 30.

10 --- L'audience est suspendue pour le déjeuner à 12 heures 33.

11 --- L'audience est reprise à 13 heures 35.

12 Mme LE JUGE VAN DEN WYNGAERT : [interprétation] Bonjour. Le Juge Parker

13 n'est pas en mesure d'être avec nous cet après-midi, donc c'est moi-même et

14 le Juge Thelin qui allons siéger cet après-midi.

15 Maître Vasic.

16 M. VASIC : [interprétation] Merci, Madame le Juge.

17 Q. Monsieur le Témoin, avant la pause, nous étions en train de parler des

18 unités qui sont arrivées quand vous leur avez demandé d'aller au hangar

19 d'Ovcara. Vous avez dit que vous ne saviez pas où était la compagnie de

20 police militaire de la 80e Brigade et que dans le journal de guerre

21 concernant le 20 novembre, ce qui est dit pour l'heure de 14 heures est

22 complètement faux.

23 R. C'est imprécis, c'est incorrect.

24 Q. Si je vous disais que le commandant local que nous avons déjà évoqué, à

25 la page 7 707 ligne 11 de sa déposition, a déclaré que vous étiez là-bas

26 avec deux officiers, deux policiers militaires, que vous veniez de Sotin,

27 et que vous avez demandé à la police militaire de venir de Negoslavci pour

28 assurer la sécurité des prisonniers; est-ce que vous diriez que c'était

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1 faux ?

2 R. J'ai demandé de l'aide. Il est correct de dire que j'étais là avec deux

3 policiers dans la voiture. Vukic était là, mais pas Vezmarovic, et j'ai

4 donné un ordre à Vukic.

5 Q. Ce que je vous dis maintenant est important à deux égards.

6 Premièrement, cela concerne l'emploi de la police militaire que vous avez

7 évoqué en premier lieu et le fait que vous ayez dit que Lukic et Vezmarovic

8 n'étaient pas là. Le deuxième point, c'est que la mission de cette unité

9 c'était d'assurer la sécurité des prisonniers; est-ce exact ?

10 R. Quelle unité ? Celle qui était dirigée par le capitaine Vukic ?

11 Q. L'unité que vous avez convoquée, qui a été amenée là par le capitaine

12 Vukic ?

13 R. Ils étaient là pour protéger le commandement, moi-même et le hangar

14 ainsi que les prisonniers qui entraient dans le hangar.

15 Q. Si j'ai bien compris, l'unité est arrivée après que les prisonniers

16 sont entrés dans le hangar ?

17 R. Je ne m'en souviens pas avec précision, mais les gens avaient

18 pratiquement fini d'entrer dans le hangar.

19 Q. Est-ce qu'à ce moment-là vous avez demandé la venue d'autres unités qui

20 vous avaient été resubordonnées ou est-ce que vous avez simplement pris

21 contact avec le commandement de la 80e Brigade ?

22 R. J'ai simplement demandé une aide au commandement de la brigade.

23 Q. Pouvez-vous me dire pourquoi le capitaine Vezmarovic n'est pas venu.

24 Est-ce que ce n'était pas là une mission qui devait revenir au commandant

25 de la police militaire et à la police militaire en général ?

26 R. J'imagine que Vezmarovic n'était pas là en ce moment-là. J'ai décidé de

27 faire appel à Vukic; c'était ma décision.

28 Q. Où se trouvait le capitaine Vezmarovic ?

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1 R. Je l'ignore. Sur la route entre Mitrovica et Negoslavci.

2 Q. Si je vous disais que le capitaine Vezmarovic, le 19 novembre 1991,

3 était à Sremska Mitrovica et non pas le 20, jour de ces événements; est-ce

4 qu'on pourrait en convenir que vos déclarations manquent de logique ?

5 R. On a emmené les prisonniers le 20 au matin.

6 Q. Quels prisonniers ont été emmenés le 20 ?

7 R. L'unité de Mitnica, je pense.

8 M. VASIC : [interprétation] Est-ce qu'on pourrait présenter au témoin la

9 pièce 371. J'aimerais qu'on nous montre plus précisément l'entrée pour le

10 19 novembre à 12 heures. Je signale à mes collègues du bureau du Procureur

11 que cela se trouve à la page 9.

12 Q. Monsieur Vojnovic, est-ce que vous avez vu l'entrée du 19 novembre à

13 midi ?

14 R. J'ai du mal à lire.

15 Q. Je vais le faire moi-même. Je cite :

16 "Nous avons été informés qu'il a été décidé que les membres faits

17 prisonniers des ZNG doivent être transférés à Sremska Mitrovica. Le

18 lieutenant-colonel Danilovic est relevé de ses fonctions et de ses

19 responsabilités s'agissant de la mission consistant à garder les membres du

20 MUP et des ZNG qui ont été faits prisonniers à Ovcara et dans le secteur."

21 Est-ce que ce qui est écrit ici est exact ou pas ?

22 R. Il s'agit du 19 et cela concerne le groupe de Mitnica, n'est-ce pas ?

23 Q. Il s'agit de l'entrée du 19 novembre, midi sur les prisonniers qui

24 étaient dans le secteur d'Ovcara à ce moment-là et dont la sécurité était

25 assurée par votre unité, si on en croit le journal des opérations.

26 R. A ma connaissance, les prisonniers de l'hôpital étaient là le 20.

27 Q. Oui, les prisonniers de l'hôpital étaient là le 20, je suis d'accord

28 avec vous.

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1 R. Rade Danilovic était là - ceci concerne le groupe de Mitnica - il était

2 là avec eux et voilà ce qu'il a fait.

3 Q. Est-ce que vous pouvez voir la date et le moment précis de la journée

4 où ce groupe a été transféré à partir de Sremska Mitrovica ? Il s'agit de

5 l'entrée du 19 novembre, midi ?

6 R. Oui, transfert vers Sremska Mitrovica, n'est-ce pas ?

7 Q. Oui.

8 R. D'accord.

9 Q. Est-ce que ce qui est écrit ici est exact ? Est-ce que cela correspond

10 à vos souvenirs de ces événements ?

11 R. Je ne le sais pas. Je sais que les prisonniers de l'unité de Mitnica

12 ont été transférés. J'ignore les détails. Je crois que le moment indiqué

13 est exact. Je ne sais pas si cette entrée a été formulée comme il se doit,

14 mais je sais qu'ils ont été transférés en temps voulu.

15 Q. Le commandant de la compagnie de police militaire, le capitaine

16 Vezmarovic, est parti avec eux le matin pour donner la liste à Sremska

17 Mitrovica ?

18 R. Je ne sais pas qui s'est chargé d'apporter la liste, mais en tout cas,

19 elle existait cette liste et on l'a emmenée là-bas.

20 Q. Vous déclarez maintenant que vous ignorez qui a préparé cette liste et

21 qui l'a transmise ?

22 R. Je ne sais pas. Je sais que cette liste a été préparée, qu'elle a été

23 dactylographiée, je l'ai vue et ensuite on l'a emmenée.

24 Q. Où est-ce que vous l'avez vue ? Où est-ce que vous avez vu qu'on l'a

25 dactylographiée ?

26 R. Je l'ai vue sur un bureau au commandement. Cela concernait les membres

27 du groupe de Mitnica. Au numéro 1 de la liste, on trouvait Filip Karaula,

28 leur chef. Ensuite, tous les autres membres du groupe, chacun se voyant

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1 affecté un numéro et cela allait à peu près jusqu'au numéro 90.

2 Q. Est-ce que vous vous souvenez à quel moment vous avez vu cette liste

3 sur votre bureau au commandement ?

4 R. Dans la soirée.

5 Q. Quel jour ?

6 R. Je crois que c'est après leur départ, c'est-à-dire le 19.

7 Q. Savez-vous qui vous a transmis cette liste ?

8 R. Je ne peux pas l'affirmer avec certitude. Je pourrais faire des

9 hypothèses, mais en tout cas cette liste a bel et bien été établie. Je l'ai

10 vue et, par curiosité, j'ai parcouru la liste des yeux pour voir les noms

11 qui y figuraient.

12 Q. Savez-vous qui a été chargé de préparer cette liste ?

13 R. Je viens de vous dire que je l'ignorais.

14 Q. Vous avez déclaré que l'unité de votre police militaire a escorté le

15 convoi jusqu'à Sremska Mitrovica et a transmis les prisonniers à quelqu'un.

16 Maintenant, vous me dites que vous ne savez pas qui a préparé la liste, qui

17 l'a transmise ?

18 R. Je ne sais pas. Ce n'était pas très important de savoir qui avait

19 préparé la liste. Ce qui est important c'est qu'elle soit préparée et

20 qu'elle soit transmise de la même manière que les prisonniers et qu'il n'y

21 ait pas d'incident.

22 Q. Qui devait vous rendre des comptes à vous en tant que commandant de la

23 brigade s'agissant de cette liste et de la remise des prisonniers de

24 Mitnica ?

25 R. Je ne me souviens pas.

26 Q. Dragi Vukosavljevic, le chef de la sécurité, est-ce qu'il était présent

27 au moment du départ du groupe de Mitnica le 19 novembre vers midi, si on en

28 croit le journal des opérations ?

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1 R. Je ne m'en souviens pas. Il a sans doute participé à une partie de ces

2 opérations, mais je ne sais pas s'il était vraiment là au moment où ils

3 sont partis.

4 Q. Est-ce que vous conviendrez avec moi que le capitaine Vezmarovic

5 n'aurait pas pu se trouver à Sremska Mitrovica le 20 comme vous l'avez

6 indiqué ?

7 R. Je ne sais pas, mais il devait être sur le terrain en train de remplir

8 une autre mission.

9 Q. En tant que commandant et officier de permanence de votre unité, il ne

10 vous faisait pas rapport s'il allait sur le terrain pour accomplir une

11 mission ?

12 R. Non, pas à moi. Je ne sais pas s'il a parlé avec l'organe chargé de la

13 sécurité.

14 Q. Veuillez m'expliquer la chose suivante : en cas d'urgence, comment

15 votre commandement allait-il être protégé si vous ignoriez vous-même où se

16 trouvait votre chef de la police militaire alors que c'était lui qui était

17 censé assurer la sécurité du poste de commandement ?

18 R. Il n'y a pas que la police militaire qui assure la sécurité du poste de

19 commandement, il y a d'autres unités qui en étaient chargées. Il y a une

20 ligne de défense circulaire qui est en place et tous ces gens avaient leurs

21 propres axes, leurs propres missions, des éléments à surveiller, et cetera,

22 tout comme la police militaire. Tout ceci formait un tout.

23 Q. Est-ce que je me tromperais si je disais que les hommes de la police

24 militaire se trouvaient logés à proximité de votre poste de commandement ?

25 R. Non. Vous ne faites pas d'erreur en disant cela. Ils étaient à peu près

26 à deux ou trois maisons de l'endroit où nous étions. Ils étaient tout près,

27 en tout cas.

28 Q. Est-ce que le capitaine Vezmarovic venait au commandement plusieurs

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1 fois par jour en se rendant dans la maison où il était logé ?

2 R. Le capitaine Vezmarovic avait surtout les contacts avec l'organe chargé

3 de la sécurité et les missions qu'il devait remplir lui étaient données par

4 l'organe chargé de la sécurité ou un autre officier. Il n'avait pas

5 beaucoup de contact avec moi. Je le voyais de temps à autre. Je ne pouvais

6 pas simplement passer mon temps à attendre que les gens passent par là. Il

7 était là, il travaillait bien, il était sur le terrain, d'ailleurs on avait

8 des systèmes de communication, il nous faisait rapport des missions qu'il

9 accomplissait. Je n'avais pas de raisons de m'intéresser un peu plus à tout

10 cela. En tant que commandant de la brigade, je ne pouvais pas m'occuper de

11 ce que faisait chacune des unités.

12 Q. Votre chef d'état-major a dit que vous étiez le seul à commander la

13 compagnie de police militaire.

14 M. VASIC : [interprétation] Il ne s'agit pas en fait du chef d'état-major

15 mais du chef chargé de la sécurité.

16 LE TÉMOIN : [interprétation] Parfois il en est ainsi. Généralement, la

17 compagnie de la police militaire ne recevait pas ses ordres directement de

18 moi. Ses ordres, ils venaient de l'organe chargé de la sécurité ou même

19 parfois du chef d'état-major.

20 M. VASIC : [interprétation]

21 Q. S'agissant de cette entrée dans le journal des opérations du 20

22 novembre à 16 heures, on voit qu'une demande est faite pour que des troupes

23 soient envoyées à Ovcara, est-ce que cela correspond au moment où vous avez

24 demandé à ce qu'on vous envoie des hommes pour vous assister ? Pouvez-vous

25 nous donner des explications, pourquoi vous en tant que commandant local,

26 en commandant de secteur, avez-vous demandé à ce qu'on vous envoie des

27 forces ? Je pensais que vous pouviez seulement commander et que vous

28 n'aviez pas à demander ?

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1 R. Je les ai informés, je leur ai demandé de venir, cela correspondait un

2 peu cette demande à un ordre que je leur aurais donné.

3 Q. Cela y est, j'ai compris, merci. Quand vous êtes entré dans le hangar,

4 est-ce que vous avez vu une corde ?

5 R. Oui. Il y avait une corde qui partait de l'entrée du hangar jusqu'au

6 mur du fond, ce qui avait pour conséquences de diviser plus ou moins les

7 prisonniers. Il y en avait qui étaient d'un côté et les membres de la

8 Défense territoriale étaient de l'autre côté.

9 Q. Quand vous avez vu cette corde, est-ce que vous avez vu des membres de

10 la police militaire, de votre police militaire, de celle de votre brigade

11 dans le hangar ?

12 R. J'ai vu des hommes qui avaient des ceinturons blancs, mais je ne sais

13 pas qui ils étaient, s'ils étaient d'une compagnie bien précise.

14 Q. Le capitaine Vezmarovic, est-ce qu'il était là ?

15 R. Je ne sais pas.

16 Q. Si je vous disais que le capitaine Vezmarovic a déposé ici même que

17 c'est lui qui avait tendu cette corde et que c'est lui qui avait fait aller

18 certains des prisonniers dans une partie du hangar, est-ce que cela

19 signifie que lui il devait être là, là où se trouvait la corde ?

20 R. La présence des deux en même temps n'est pas forcément obligatoire,

21 mais s'il dit que c'est lui qui a tendu cette corde, à ce moment-là, cela

22 doit être le cas.

23 Q. Conviendrez-vous avec moi qu'il n'était pas possible que vous voyiez la

24 corde dans le hangar sans voir le capitaine Vezmarovic ?

25 R. Je ne suis pas d'accord avec vous parce qu'il y avait beaucoup de

26 mouvements de ce hangar, il y avait énormément de monde, beaucoup

27 d'agitation, et je ne me suis pas beaucoup promené à l'intérieur du hangar.

28 Q. Si on parle des fonctions du capitaine Vezmarovic, il était censé

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1 commander le détachement chargé de la sécurité à cet endroit puisqu'il

2 était commandant de la compagnie de police militaire, il a dû s'approcher

3 de vous, prendre contact avec vous en tant que commandant local, commandant

4 de la brigade; n'est-ce pas cela ?

5 R. En premier lieu, celui qui était le plus gradé là c'était le commandant

6 Vukasinovic. S'il devait se présenter à quelqu'un, cela aurait été à lui,

7 il savait que c'était lui l'organe chargé de la sécurité et c'est à lui

8 qu'il s'adressait de manière habituelle. Mon unité n'était pas là dans sa

9 totalité.

10 Q. Est-ce que ces locaux ne sont pas dans le secteur de Jakubovac-Grabovo-

11 Ovcara ?

12 R. Oui.

13 Q. Est-ce que nous n'avons pas lu un ordre qui vous désigne au poste de

14 commandant dans ce secteur ?

15 R. Oui, c'est exact. Mais je vous ai déjà expliqué que le commandant local

16 d'Ovcara, mon officier, n'était pas là à ce moment-là.

17 Q. Donc vous continuez à affirmer que vous n'avez pas vu le capitaine

18 Vezmarovic à aucun moment ?

19 R. Non, je ne me souviens pas l'avoir vu à cet endroit.

20 Q. Vous avez déclaré avoir vu des membres de la Défense territoriale ?

21 R. Oui.

22 Q. Devant le hangar et à l'intérieur du hangar ?

23 R. Oui.

24 Q. Conviendrez-vous avec moi que lorsque dans de précédentes déclarations

25 vous avez dit qu'ils étaient environ 30, aussi bien devant qu'à l'intérieur

26 du hangar ?

27 R. Je ne peux l'affirmer, ni le confirmer. Il est possible que plus tard,

28 j'en aie vu. Je ne sais pas combien ils étaient, 30 ou 40. En tout cas, ils

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1 étaient tous armés de fusils automatiques, d'armes automatiques, certains

2 étaient également munis de pistolets et d'autres types d'armes.

3 Q. Vous dites que ces gens étaient armés "d'armes automatiques." Est-ce

4 que vous parlez de fusils automatiques ?

5 R. Fusils automatiques, fusils semi-automatiques. Il s'agissait de

6 différents types de fusils. Ils n'étaient pas armés tous du même fusil. Il

7 y avait là également des armes de chasse.

8 Q. J'aimerais vous rappeler ce que vous avez déclaré précédemment dans une

9 de vos dépositions au sujet du nombre de ces soldats. Dans votre

10 déclaration faite aux organes chargés de la sécurité et datant du 12

11 janvier 1998, page 0218-8336. Page L009-6424. Est-ce que vous l'avez

12 trouvée ?

13 R. Non. Je ne l'ai pas trouvée. J'ai la déclaration de Gojovic ici, sous

14 les yeux. Est-ce que c'est cela ?

15 Q. Pour vous rendre la vie plus facile, je vais vous remettre mon

16 exemplaire à moi. A la page 1, Monsieur Vojnovic.

17 R. Je vois.

18 Q. Vous voyez, il est écrit à la fin du premier paragraphe : "J'ai reconnu

19 Stanko Vujanovic, Vujovic et une personne que l'on appelait Djekic, je

20 pense qu'ils étaient 20 à 30."

21 R. Je pense que c'est ce que j'ai dit, mais ils étaient plus nombreux que

22 cela.

23 Q. Combien ? Jusqu'à 40 ? C'est ce que vous avez dit aujourd'hui ?

24 R. Oui. Je pense. Vous savez, on ne les comptait pas, ils n'étaient pas

25 tous au même endroit. Il était difficile de les compter. Mais maintenant

26 que je revois l'image devant mes yeux, je pense qu'ils étaient plus

27 nombreux que cela.

28 Q. Très bien, merci. Nous n'aurons plus besoin de cette déclaration.

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1 Vous nous avez dit que le commandement local et vous-même vous étiez en

2 danger, tout comme les prisonniers, en raison de la présence de 30 à 40

3 membres de la TO; est-ce exact ?

4 R. Oui.

5 Q. Est-ce qu'une unité d'environ 15 à 20 personnes qui font partie de la

6 police militaire ou une autre unité, est-ce que cela suffit, avec l'unité

7 du commandement d'état-major, pour s'opposer à cette autre unité qui était

8 sur place de jusqu'à 40 personnes ?

9 R. Tout d'abord, nous n'avons pas été envoyés là-bas pour les lutter, ni

10 pour les confronter. Nous n'avions pas l'intention d'entrer en conflit avec

11 eux. Nous étions là-bas afin d'assurer la protection. Quant à leur

12 agressivité, l'agressivité des membres de la Défense territoriale, je pense

13 qu'il était mieux d'éviter toute confrontation. Je pense que compte tenu de

14 leur comportement, le comportement de ces membres de la TO, ces soldats

15 n'étaient pas en mesure de le faire.

16 Q. Vous nous avez dit ici aujourd'hui que Vukic était venu avec 15 à 20

17 personnes ?

18 R. Oui.

19 Q. Puis, nous avons entendu le capitaine Vezmarovic dire que les membres

20 de la compagnie de la police militaire y étaient. Combien de personnes au

21 total, des personnes appartenant à la 80e Brigade, étaient là au cours de

22 cette journée-là après que vous les ayez appelées à Ovcara ?

23 R. On peut dire qu'ils étaient environ une quarantaine avec Vezmarovic et

24 les autres qui sont venus. Il ne faut pas oublier que les autres sont

25 revenus vite à Negoslavci, les hommes de Vukic.

26 Q. Il faut ajouter à ce numéro également les soldats qui étaient placés

27 sous le commandement local ?

28 R. Oui, il y avait deux ou trois soldats; il ne s'agissait pas d'une force

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1 véritable.

2 Q. Puis-je vous rappeler que seul vous, vous avez reçu trois soldats comme

3 aide dans le hangar et avec le commandant local il y avait encore au moins

4 trois soldats et il y avait trois soldats certainement qui assuraient la

5 sécurité du poste de commandement ?

6 R. Je ne sais pas combien ils étaient avec moi. Il y en avait deux

7 certainement. Je ne sais pas combien il y en avait avec le commandant

8 local. Nous n'y sommes pas allés afin de nous battre, mais afin de protéger

9 ces gens.

10 Q. Ce jour-là, est-ce que vous avez demandé auprès du commandant local de

11 mettre à votre disposition des hommes de son unité afin qu'ils vous aident

12 pour faire instaurer l'ordre ?

13 R. Il n'avait pas de soldats, lui. S'il en avait, je pense qu'il les avait

14 amenés, ils y étaient avec nous. Ils faisaient partie du travail visant à

15 établir l'ordre et assurer la protection des prisonniers.

16 Q. Connaissez-vous un officier de réserve qui s'appelle Jovan Novkovic ?

17 R. Oui.

18 Q. Il était l'adjoint du commandant pour le moral; est-ce exact ?

19 R. Oui.

20 Q. Est-ce que cet officier était à la tête d'un groupe de soldats qui

21 avait été mis à votre disposition afin d'établir l'ordre dans le hangar ?

22 R. J'ai vu Novkovic. Quant à la question de savoir combien de soldats il y

23 avait, je ne le sais pas. Je sais et j'ai dit qu'une corde était déjà

24 installée entre les deux bouts d'Ovcara et j'ai dit que je l'ai vu. Il

25 était sur place et il était, comme je l'ai déjà dit, l'adjoint du

26 commandant ou l'assistant du commandant.

27 Q. Avez-vous vu là-bas l'un quelconque de ces soldats dont il se trouvait

28 à la tête dresser une liste des prisonniers de guerre dans le hangar ?

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1 R. J'ai vu un bureau, puis j'ai vu une personne en uniforme sans couvre-

2 chef qui était assise. Cette personne n'avait pas d'insigne de grade. Je

3 pense qu'il était un soldat ou une recrue ou un réserviste. Je ne sais pas

4 comment il s'appelait. J'ai vu qu'il a commencé à dresser une liste. Je ne

5 me suis pas approché de lui. Je ne lui ai rien demandé, mais je l'ai vu

6 assis là-bas et j'ai vu qu'il écrivait quelque chose.

7 Q. Avez-vous donné l'ordre d'établir cette liste ?

8 R. Non. Ce processus avait déjà commencé au moment où je suis entré dans

9 le hangar.

10 Q. Savez-vous qui a demandé de dresser cette liste ?

11 R. Je ne souhaite pas faire de supposition, mais peut-être le commandant

12 local a demandé de dresser une telle liste, mais je n'en suis pas sûr.

13 Q. D'après ce que vous venez de me dire, on peut conclure que ces soldats

14 étaient dans le hangar avant votre entrée là-dedans ?

15 R. Oui. Ecoutez, il y avait des soldats là-bas qui entraient et qui

16 regardaient par curiosité, qui rentraient. Je ne sais pas si un soldat est

17 entré pour rentrer ensuite. Ce n'est pas tellement important en ce moment,

18 mais ce qui est important est qu'à un moment donné, quelqu'un a commencé à

19 écrire cette liste et c'est ce que j'ai vu.

20 Q. Justement, j'allais dire que vous allez être d'accord avec moi pour

21 dire que ces soldats n'y étaient pas par curiosité, mais ayant reçu une

22 mission ?

23 R. Quelqu'un lui avait dit de trouver un papier. D'ailleurs, je ne sais

24 pas où ils ont trouvé du papier.

25 Q. Que diriez-vous si je vous disais que certains témoins ont dit que

26 cette liste a terminé sur votre bureau dans votre commandement de brigade

27 dont vous avez parlé le matin du 21 novembre 1991 ?

28 R. Je dis avez certitude que cette liste n'a jamais fini chez moi. Peut-

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1 être qu'on a confondu cela avec la liste du groupe de Mitnica qui, elle,

2 était sur mon bureau.

3 Q. Si je vous disais que le commandant local, que l'on mentionne ici

4 devant ce Tribunal, s'il a dit que lui personnellement avait donné l'ordre

5 que cette liste soit placée sur votre bureau, qu'elle arrive jusqu'à votre

6 bureau, que diriez-vous ?

7 R. Je ne sais rien à ce sujet. Je sais que la liste des gens du groupe de

8 Mitnica a été dactylographiée et placée sur mon bureau. Je l'ai lu entre

9 le numéro 1 et 90.

10 Q. Est-ce qu'après les événements à Ovcara, donc après le 21 novembre

11 1991, avez-vous demandé auprès des unités ou de votre commandement de

12 brigade de trouver et de vous envoyer cette liste ?

13 R. Non, car nous n'étions pas en charge de ces personnes, de leur

14 sécurité. Nous ne savions pas combien ils étaient, combien d'entre eux ont

15 été relâchés; c'est ce que j'ai lu par la suite. Par conséquent, je n'avais

16 ni l'intention, ni le souhait de m'immiscer dans le travail de l'homme qui

17 était allé et qui a apporté ces prisonniers.

18 Q. Je dirais plutôt que vous saviez combien ils étaient car c'étaient les

19 soldats de votre unité qui avaient rédigé cette liste ?

20 R. Non, personne ne savait combien ils étaient. Il y avait quelques

21 suppositions qui étaient avancées et qui étaient incorrectes, mais

22 d'habitude on mentionnait le nombre de 150 à 200 personnes.

23 Q. Avez-vous jamais parlé avec le commandant local de cette liste, de la

24 liste que vous avez vue en train d'être rédigée là-bas ?

25 R. Oui. Car j'ai vu également qu'il a dit ce que vous m'avez cité quelque

26 part et je lui ai donné la même réponse que celle que je viens de vous

27 donner.

28 Q. Vous affirmez, par conséquent, que cette liste n'est pas arrivée

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1 jusqu'à votre commandement et qu'elle a terminé dans le commandement

2 local ?

3 R. Non, je ne dis pas que ceci n'est pas arrivé jusqu'au commandement,

4 mais pas jusqu'à moi et jusqu'à mon bureau. C'est ce que j'affirme.

5 Effectivement, je ne l'ai pas vue. Si quelqu'un l'a placée et reprise, tout

6 cela, ce sont des suppositions, mais ceci n'est pas important ici.

7 Q. Monsieur, si je vous ai bien compris, vous avez dit que le capitaine

8 Vukic est venu tout seul avec ses soldats à Ovcara, sans autres officiers ?

9 R. Je pense qu'il y est venu -- j'ai lu par la suite la déclaration de

10 Vukic. Je pense qu'il a dit qu'il était venu avec Dacic, qu'il n'avait

11 aucune mission là-bas, qu'il n'était pas un commandant. C'était Vukic qui

12 était le commandant en question.

13 Q. Les deux étaient les seuls deux officiers qui sont venus avec les

14 soldats. Il n'y avait pas d'autres officiers du commandement là-bas ?

15 R. Ils avaient reçu la mission de la part de quelqu'un. Ils ont été

16 envoyés. D'après ce que j'ai pu voir à l'époque, il y avait peut-être

17 seulement le commandant Jankovic dans le commandement, seulement lui parmi

18 tous les hauts officiers actifs.

19 Q. Merci. Hier, vous avez parlé du traitement donné par les membres de la

20 TO aux prisonniers, lorsque vous les avez vus devant le hangar.

21 R. Oui.

22 Q. Vous avez dit que vous êtes intervenu. Vous avez décrit les événements.

23 Est-ce que vous seriez d'accord avec moi pour dire que les membres de la

24 Défense territoriale, après vos avertissements, ont cessé de harceler les

25 prisonniers dans le hangar, quand même?

26 R. Pas entièrement.

27 Q. Qu'est-ce que cela veut dire, "pas entièrement" ?

28 R. Il y avait des jurons, des injures, des insultes, des menaces.

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1 Q. Mais il n'y avait pas d'abus physique ?

2 R. Je pense qu'après il n'y avait plus d'abus physique.

3 Q. Dans votre entretien avec le bureau du Procureur, vous avez dit que

4 vous avez entendu dire que le capitaine Vezmarovic avait établi l'ordre

5 dans le hangar; est-ce exact ?

6 R. Oui.

7 M. VASIC : [interprétation] Pour mes éminents collègues, j'indique qu'il

8 s'agit du paragraphe 35 de la déclaration du témoin. Q. Quand avez-vous

9 entendu cela ?

10 R. Je pense que c'était après que cette corde a été placée après un

11 certain temps, le temps nécessaire afin d'établir l'ordre.

12 Q. Après que cette corde a été placée et que l'ordre a été établi, vous

13 êtes parti du hangar croyant que tout allait bien se passer ?

14 R. Oui, j'étais convaincu. J'ai vu que maintenant c'était séparé et, je

15 suis presque gêné de le mentionner sans cesse, j'ai vu le commandant

16 Vukasinovic qui est resté avec eux, avec un groupe. Je ne peux pas dire si

17 c'étaient des officiers ou des soldats qui étaient autour de lui, mais de

18 toute façon, ils n'étaient pas mes soldats, pas de mon groupe. J'étais

19 certain que le tout allait se passer sans problème et que probablement la

20 procédure suivie sera la même que celle qui concernait le groupe de

21 Mitnica.

22 Q. Justement, la situation que vous êtes en train de décrire et la raison

23 en est que vous étiez capable de sauver un couple marié, deux Croates, et

24 vous avez permis à cet homme d'aller à l'hôpital ?

25 R. Je ne me souviens plus de leurs noms, et je ne me souviens plus s'ils

26 étaient mari et femme. Il y avait un homme, il était malade, et il était

27 accompagné d'une femme. Nous lui avons permis d'aller à notre propre

28 dispensaire qui se trouvait à Sotin à ce moment-là.

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1 Q. Comme vous le dites, vous êtes allé ?

2 R. Je ne sais même pas si notre partie les a conduits jusqu'au dispensaire

3 pour y chercher de l'aide. Je me souviens que ces personnes étaient

4 vraiment exténuées et sérieusement ou réellement malades. Je pense que j'ai

5 agi de manière correcte et équitable.

6 Q. Après être parti du hangar, comme vous l'avez dit, vous êtes allé

7 assister à une réunion d'information régulière dans le commandement à

8 Negoslavci, le commandement du Groupe opérationnel sud ?

9 R. Oui.

10 Q. Vous êtes arrivé un peu avant 18 heures ?

11 R. Entre 18 heures et 19 heures. C'est ce que j'ai expliqué hier.

12 Q. Si l'on accepte votre affirmation et non pas celle qui figure dans le

13 journal opérationnel indiquant que vous y étiez à 17 heures et que vous y

14 êtes resté au maximum 30 minutes, dans ce cas-là, vous êtes arrivé

15 certainement à Negoslavci avant 18 heures ?

16 R. Je suis arrivé en retard pour cette réunion à Negoslavci. Ils avaient

17 commencé avant mon arrivée. Je ne suis pas sûr en ce qui concerne le temps,

18 mais je sais que j'étais trop tard pour cette réunion à cause de ce qui

19 s'était passé à Ovcara.

20 Q. La Défense souhaite vous indiquer que la réunion d'information à

21 Negoslavci commence toujours à 17 heures, car à

22 18 heures, il est nécessaire de commencer à rédiger les rapports de combat.

23 Je dis que vous êtes arrivé à la réunion tard, au cours de la réunion vous

24 vous êtes excusé, vous avez dit que vous avez participé personnellement à

25 l'établissement de l'ordre dans le hangar, mais que ceci était avant 18

26 heures; c'est ce que nous disons.

27 R. Il est très difficile de savoir avec exactitude tout ce qu'il y a à

28 dire concernant les dates et les temps. Je sais qu'il faisait nuit lorsque

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1 je suis arrivé.

2 Q. Mais vous êtes resté 30 minutes dans le hangar. Vous serez probablement

3 d'accord avec moi si je dis que vous n'aviez pas besoin d'une demi-heure

4 pour aller d'Ovcara à Negoslavci ?

5 R. Je suis d'accord avec vous, mais peut-être je m'étais arrêté au

6 commandement de la brigade pour voir s'ils rencontraient des difficultés.

7 Q. Si vous êtes rentré au commandement de la brigade, est-ce que vous y

8 avez vu le capitaine Vezmarovic ?

9 R. Je ne sais pas. Il n'était pas au commandement de la brigade; il était

10 à deux, trois maisons plus loin par rapport à la nôtre dans la rue.

11 Q. Pourquoi est-ce que vous seriez arrêté au commandement de la brigade si

12 vous étiez en contact par radio avec eux ?

13 R. Afin de vérifier s'ils n'avaient pas d'autres informations concernant

14 ce qui se passait.

15 Q. Si vous étiez en retard pour la réunion, vous n'auriez pas pu les

16 appeler par téléphone depuis la voiture ?

17 R. Non. J'irais directement. Je ne vois pas pourquoi j'aurais téléphoné si

18 cet endroit était à portée de main.

19 Q. Parce que vous avez dit que vous étiez pour être en retard pour la

20 réunion du commandement supérieur ?

21 R. Oui, j'étais en retard pour des raisons que j'ai citées.

22 Q. C'est la raison pour laquelle vous n'avez pas eu le temps de vous

23 arrêter à votre commandement et faire du temps supplémentaire ?

24 R. J'ai dit que peut-être je suis passé par mon quartier général.

25 Q. Je vous demande s'il est logique que vous arrêtiez au commandement de

26 la brigade pour perdre du temps, sachant que vous étiez déjà en retard ?

27 R. Ce n'est pas logique. La situation était grave, et je voulais savoir

28 s'il y avait d'autres ordres ou instructions au sujet de cet événement.

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1 Q. Vous dites que la situation était sérieuse. Dans cette situation

2 sérieuse vous avez voulu aller au plus vite à votre commandement supérieur

3 afin de savoir si quelque chose de nouveau avait surgi en ce qui concerne

4 la situation. Est-ce que c'est ce que vous dites ?

5 R. Je ne sais pas comment vous comprenez ce que j'ai dit. Si je suis allé

6 dans le commandement de ma brigade, je voulais passer par la pièce

7 opérationnelle afin de voir s'il y avait de nouvelles informations, et

8 notamment concernant la situation, concernant Ovcara. Mais, il n'y avait

9 pas de nouvelles informations.

10 Q. Est-ce que les nouvelles informations ne devraient pas être transmises

11 lors de la réunion d'informations régulières dans votre commandement

12 supérieur ?

13 R. Non, j'aurais pu téléphoner également, j'aurais pu demander où était le

14 commandant. Je pense encore qu'il était justifié que j'aille à deux

15 endroits, Ovcara et le commandement, avant de conduire jusqu'au poste de

16 commandement. Je pense que j'ai fait la bonne chose.

17 Q. Qui aurait pu vous téléphoner pour demander le commandant ?

18 R. Par exemple, le commandant du Groupe opérationnel.

19 Q. Vous étiez justement en retard à sa réunion ?

20 R. Oui.

21 Q. Peut-être ceci est logique pour vous, pas pour moi, mais peu importe,

22 nous allons passer à autre chose.

23 Est-ce qu'il est exact de dire que dans votre déclaration vous avez

24 dit, en répondant à la question de mon éminent collègue, vous avez dit que

25 vous étiez resté très peu de temps à la réunion qui représentait une

26 réunion d'informations régulières dans le commandement du Groupe

27 opérationnel, et la réunion s'approchait de la fin ?

28 R. Oui, la réunion approchait de sa fin. Je ne suis pas sûr combien de

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1 temps restait exactement lorsque je suis arrivé. La réunion avait commencé,

2 approchait de la fin. Je suis arrivé, je me suis excusé. J'ai dit au

3 commandant quelle était la situation que j'avais rencontrée.

4 Q. J'ai voulu justement vous demander ce que vous voulez dire par

5 "brièvement". Cinq minutes ? 10 minutes ? 15 minutes ? 20 minutes ?

6 R. Vous savez je ne peux pas vous dire si c'était cinq ou 20 minutes.

7 Pendant un certain temps, certainement, j'y étais sur place pendant un

8 certain temps.

9 Q. Vous avez dit brièvement ?

10 R. Oui, brièvement.

11 Q. Très bien. A ce moment-là, vous êtes entré dans la salle des

12 opérations, dans la pièce opérationnelle, et vous avez dit en quelques mots

13 à M. Mrksic qu'il y avait des problèmes à Ovcara ?

14 R. Oui.

15 Q. Vous dites que Mrksic vous a dit : "Ne m'en parle pas."

16 R. Oui. Il m'a dit : "Ne m'en parle pas."

17 Q. Votre rapport que vous avez fourni à Mrksic à l'époque concernait

18 l'état qui prévalait à Ovcara au moment où vous êtes allé, vous avez quitté

19 le hangar à Ovcara; est-ce exact ?

20 R. Oui.

21 Q. Si je vous ai bien suivi, vous avez dit en répondant à ma question, que

22 la situation s'était assainie, c'est ce que vous avez dit à M. le colonel

23 Mrksic. Vous avez dit qu'il y a des problèmes, que l'on tabassait les

24 prisonniers, mais qu'avec l'arrivée de cette unité, la situation s'était

25 stabilisée ?

26 R. Elle n'était pas encore tout à fait stable. Les membres de la Défense

27 territoriale étaient encore sur place, ils continuaient à me menacer. Il

28 n'était pas possible de prévoir leurs activités. Cependant, ils étaient

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1 séparés des membres de la Défense territoriale. C'est ce que j'ai dit hier,

2 déjà. L'organe de la sécurité du Groupe opérationnel sud y est resté. Il

3 avait une certain tâche - je ne sais pas laquelle - et pour moi, ceci me

4 fournissait justement suffisamment d'assurance que la situation allait être

5 sous contrôle sans problèmes.

6 Q. Est-ce que c'est ce que vous avez dit au colonel Mrksic ?

7 R. Que j'ai vu Vukasinovic, oui.

8 Q. Non, ce que vous venez de nous dire ?

9 R. Non, pas cela.

10 Q. Pourquoi vous ne lui avez pas dit cela ?

11 R. Je ne voyais pas d'utilité. Je lui ai dit ce qu'il fallait dire.

12 Q. Ce que vous venez de nous dire, vous pensez qu'il ne fallait pas le lui

13 dire ?

14 R. D'ailleurs, il y avait tous les autres officiers qui étaient sur place.

15 Je lui ai dit : Voilà, à Ovcara j'ai vu une telle situation, et rien

16 d'autre.

17 Q. Monsieur Vojnovic, je vous demande si ce que vous venez de nous dire, à

18 savoir que les prisonniers de guerre ont été séparés et qu'ils étaient

19 séparés des hommes de la Défense territoriale, est-ce que vous avez dit

20 cela au colonel Mrksic ?

21 R. Non.

22 Q. Je vous demande pourquoi ?

23 R. Je ne sais pas. Peut-être par la suite on en a parlé lorsque nous

24 sommes sortis devant le bâtiment. Je ne sais pas si je lui ai dit ou pas.

25 Je ne souhaite pas dire des choses dont je ne suis pas sûr.

26 Q. Mais vous, personnellement, vous avez fait en sorte que l'ordre règne,

27 et une telle information, que les prisonniers de guerre ont fini par être

28 séparés de la Défense territoriale par une corde, c'était quelque chose que

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1 vous ne puissiez pas passer sous silence, vous auriez dû le lui dire ?

2 R. Peut-être je lui ai dit cela, mais l'important pour moi était de

3 l'informer de ce qui se passait exactement à Ovcara.

4 Q. Justement. Vous avez dit que vous lui avez dit ce qui s'était passé.

5 C'est la raison pour laquelle je vous pose la question. Il y avait des

6 incidents où les prisonniers de guerre étaient attaqués, mais au moment où

7 vous faites partie du hangar, vous étiez sur le chemin du commandement, et

8 à partir de ce moment-là, un certain ordre y régnait, car ces hommes

9 étaient maintenant séparés physiquement des hommes de la TO; est-ce exact ?

10 R. Oui, exactement.

11 Q. Est-ce qu'à ce moment-là, le colonel Mrksic a pu dire à vous et aux

12 autres organes du commandement seulement les mots suivants : "Ne m'en parle

13 pas. Fais le nécessaire et prends les mesures disponibles dans ton

14 commandement avec les unités que tu as à ta disposition, et si ceci n'est

15 pas suffisant, j'approuve également de l'utilisation des unités de la 1ère

16 et 2e Compagnie de la police militaire, de même que des transporteurs

17 blindés par le biais du chef d'état-major du Groupe opérationnel."

18 M. MOORE : [interprétation] Excusez-moi. D'après la manière dont cette

19 question a été formulée : "Si le colonel Mrksic avait dit cela," suggère

20 une possibilité. Si mon collègue dit effectivement que c'est ce que Mrksic

21 lui avait dit, dans ce cas-là, je pense qu'il faut le suggérer de manière

22 claire, dire ce que Mrksic a vraiment dit et non pas rester dans les

23 hypothèses.

24 Mme LE JUGE VAN DEN WYNGAERT : [interprétation] Maître Vasic.

25 M. VASIC : [interprétation] Madame la Présidente, j'ai entendu ce que le

26 témoin avait dit en répondant à ma question, question de mon éminent

27 collègue, et nous sommes en train de vérifier si peut-être le témoin avait

28 entendu autre chose concernant cela. J'ai vais être clair et je vais rester

Page 8984

1 avec le tel article 90(H) le moment voulu, mais il s'agit ici maintenant

2 d'une référence à ce que

3 M. Moore a soulevé au cours de l'interrogatoire principal, et c'est la

4 raison pour laquelle je soulève cela maintenant, car peut-être le témoin a

5 entendu parler de quelque chose comme cela. J'ai formulé cela ainsi de

6 manière délibérée.

7 LE TÉMOIN : [interprétation] Non, je n'ai entendu rien de tel.M. VASIC :

8 [interprétation] Je vous remercie.

9 Monsieur Vojnovic, ce jour-là vous aviez sous votre commandement les

10 unités qui représentaient au total plus de 100 personnes, plus des

11 véhicules blindés dans le secteur de Jakubovac-Grabovo-Ovcara, n'est-ce pas

12 ?

13 R. Oui.

14 Q. N'était-il pas logique que vous soyez réprimandé par le commandant pour

15 ne pas avoir utilisé tout ce que vous aviez à votre disposition, puisque

16 vous êtes venu là pour lui dire qu'elle était la situation en disant que la

17 situation dans le hangar n'était pas complètement sous votre contrôle ?

18 R. Ce n'est pas tout à fait comme cela, Maître Vasic. J'avais les moyens,

19 j'avais les effectifs. Il y a quelque chose que vous semblez refuser de

20 comprendre. Nous n'avions rien à voir avec cette mission particulière. Cela

21 aurait dû se faire sans nous, cela aurait même dû se faire sans que nous le

22 sachions. Il se trouve que j'étais là par hasard. Mais toutes ces unités

23 n'étaient pas censées être utilisées à quoi que ce soit de ce genre. Les

24 combats avaient cessé. Il n'y avait pas de combats. Qu'est-ce que vous

25 voulez que je dise ? Est-ce que j'aurais dû utiliser des tanks, des chars,

26 contre ces personnes qui étaient désarmées ?

27 Q. Qui étaient désarmés ?

28 R. Les prisonniers.

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1 Q. Quand j'ai suggéré que vous pourriez utiliser les chars, je ne voulais

2 pas parler d'utiliser les chars contre les prisonniers; si vous les aviez

3 utilisés contre ceux-ci, parce qu'il y avait une menace pour le poste de

4 commandement tout autour ?

5 R. Bien, il y avait un officier du Groupe opérationnel sud qui était leur

6 commandant et qui les avait emmenés là. C'était à lui qu'il appartenait

7 d'établir l'ordre et de les contrôler, de les maîtriser.

8 Q. Est-ce l'avez vu exercer son commandement sur place, en fait ?

9 R. Oui, je l'ai vu. Il était l'officier le plus ancien, le plus gradé. Ce

10 n'était pas nous qui les avions emmenés là pour commencer.

11 Q. Ce n'était pas vous, mais votre journal de guerre montre précisément

12 quelle était votre mission, bien que vous souteniez que vous n'aviez pas

13 connaissance de cela ?

14 R. Des gens ont été emmenés à cet endroit-là. Ils ne sont pas venus de

15 leur propre gré. Un officier a été mis en charge de ces personnes, et

16 c'était lui qui était la personne responsable.

17 Q. Monsieur Vojnovic, seriez-vous d'accord avec moi si je vous dis ceci :

18 jamais, avant votre déposition devant le tribunal spécial, n'avez-vous

19 mentionné le fait que votre propre chef de la sécurité, Dragi

20 Vukosavljevic, était venu au poste de commandement du Groupe opérationnel

21 sud avec vous, n'est-ce pas ?

22 R. J'ai dit que je ne me rappelais pas que Dragi Vukosavljevic était avec

23 moi, mais je sais que Dragi est un officier, un excellent officier très

24 consciencieux, et je lui donne pleinement crédit de tout ce qu'il a

25 déclaré.

26 Q. Je comprends. Vous le croyez sur parole. Mais est-ce qu'en fait, vous

27 l'avez entendu dire quoi que ce soit ? Qu'a-t-il dit ?

28 R. Vous voulez dire en ce qui concerne le commandement, le poste de

Page 8986

1 commandement du Groupe opérationnel sud ?

2 Q. Non, je veux dire Dragi Vukosavljevic, vous lui avez dit qu'il était au

3 Groupe opérationnel sud, au poste de commandement, et vous avez accepté

4 ceci. Mais à l'évidence, ce n'était pas avant 2003, n'est-ce pas ?

5 R. Il est venu au commandement du Groupe opérationnel sud --

6 L'INTERPRÈTE : L'interprète n'a pas entendu la dernière partie de la

7 réponse du témoin.

8 M. VASIC : [interprétation]

9 Q. Monsieur Vojnovic, je vous demande, sur la base de ceci, sur la base de

10 quelque chose qui a été dit par Dragi Vukosavljevic, vous avez basé ceci

11 sur ce qu'il vous a dit ?

12 R. Oui.

13 Q. Alors je vous demande, quand est-ce que Dragi Vukosavljevic a dit et où

14 a-t-il dit cela ?

15 R. Je ne sais pas devant quel organe ou devant quel tribunal il a déclaré

16 ceci, mais je pense que c'est quelque chose que Dragi a dit et je le crois.

17 Q. Je comprends que vous le croyez, mais est-ce que vous avez entendu ceci

18 directement de sa bouche, en l'occurrence ou est-ce que vous avez lu cela à

19 l'internet ou dans des journaux quotidiens ou des magazines ou peut-être

20 qu'on vous a donné une déclaration qu'il avait faite ?

21 R. Je ne sais pas. Je ne savais pas si c'était sur internet ou un autre

22 rapport.

23 Q. Connaissant Dragi Vukosavljevic, vous avez accepté sa version

24 pleinement, intégralement ?

25 R. Oui.

26 Q. Mais vous ne vous rappelez pas cette version vous-même. Vous venez

27 juste de vous rappeler; c'est cela ?

28 R. La version lorsque -- le récit qu'il a fait lorsqu'il est venu à

Page 8987

1 Mitnica, mais enfin, je veux dire, le Groupe opérationnel sud, mais quand

2 ou comment, cela, je ne le sais pas.

3 Q. Je vous remercie. Dans votre déclaration au juge chargé de l'enquête

4 pour le tribunal spécial, le juge Alimpic, lui avez-vous dit que Mrksic

5 avait dit qu'il avait d'autres questions à traiter et qu'il n'avait rien à

6 leur donner d'autre en ce qui concerne la situation à Ovcara ?

7 R. Non, il ne m'a pas dit cela. Il a dit cela à Dragi Vukosavljevic. A

8 moi, il a dit : "Ne me parlez pas de cela, ne me dites rien à ce sujet." Il

9 n'a rien dit de plus. Il n'a rien fait de plus.

10 Q. Pour cette partie que j'ai citée, c'est effectivement quelque chose que

11 vous avez entendu dire par Dragi Vukosavljevic; c'est exact ?

12 R. Oui.

13 Q. Et cela, c'est dans sa déclaration. En fait, il s'agit des

14 renseignements que vous avez eus concernant sa déposition; c'est bien

15 cela ?

16 R. Je ne sais pas où j'ai appris cela, mais j'ai lu quelque chose à ce

17 sujet, oui.

18 M. MOORE : [interprétation] Madame le Juge, il y a une question qui me

19 préoccupe, c'est la façon dont cette question a été formulée. Il faut que

20 nous prenions un peu de temps pour revérifier les choses. Mon confrère a

21 suggéré, je crois, que ce témoin n'avait jamais dit que Dragi Vukosavljevic

22 avait été avec lui lors de la réunion au quartier général de Mrksic. Nous

23 avons jeté un coup d'il au compte rendu concernant Novi Sad, et il ne

24 semble pas que ceci concorde avec la façon dont la question a été posée. Je

25 ne sais pas si mon confrère est conscient de cela, mais je suis en train de

26 regarder les deux documents et ce n'est pas facile de suivre cela. Si tel

27 est le cas, peut-être que c'était sans intention d'induire en erreur, mais

28 cela aurait été le cas.

Page 8988

1 M. VASIC : [interprétation] Oui, j'apprécie que mon confrère me rappelle et

2 me corrige si je me trompe, mais dans ma question, j'ai dit que le témoin,

3 avant d'avoir fait des déclarations devant le tribunal spécial, n'avait

4 jamais mentionné ce point. Le compte rendu de Novi Sad dont parle mon

5 confrère M. Moore, cela concerne en fait la transcription du témoignage et

6 la déposition de ce témoin devant le tribunal spécial. Donc, je ne pense

7 pas que j'ai fait quoi que ce soit d'incorrect lorsque j'ai posé cette

8 question au témoin.

9 Mme LE JUGE VAN DEN WYNGAERT : [interprétation] Maître Vasic, est-ce que

10 nous avons la transcription du compte rendu dans le dossier que vous nous

11 avez présenté ?

12 M. VASIC : [interprétation] Il y a la déclaration qui a été faite, une

13 déclaration qui a été faite au juge chargé de l'enquête du tribunal de

14 district de Novi Sad dans le dossier. C'est une déclaration du 21 novembre

15 2003. Donc ce que j'ai montré au témoin, c'était les déclarations qu'il a

16 fournies avant 2003. C'est ce que je lui demande, c'est à ce sujet que je

17 lui pose des questions.

18 Mme LE JUGE VAN DEN WYNGAERT : [interprétation] Je voudrais suggérer que

19 vous procédiez avec prudence et que vous teniez compte de l'observation

20 faite par M. Moore. Je vous remercie.

21 M. VASIC : [interprétation] Oui, bien sûr. Je vous remercie, Madame le

22 Juge. Merci beaucoup.

23 Q. Monsieur Vojnovic, au cours de l'année 2003, avez-vous pris contact

24 avec d'autres acteurs ou protagonistes des événements d'Ovcara qui étaient

25 des membres de la 80e Brigade motorisée ? Est-ce que vous les avez vus ?

26 Est-ce que vous leur avez parlé au téléphone ? Est-ce que vous les avez

27 rencontrés ? Est-ce que vous avez parlé, est-ce que vous leur avez parlé

28 avant de déposer devant les organes devant lesquels vous avez fait votre

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1 déclaration ?

2 R. Je ne peux vraiment pas le dire avec certitude. Je ne peux pas dire

3 avec certitude qui j'ai vu, qui j'ai rencontré, à qui j'ai parlé au

4 téléphone, mais j'ai suivi les dépositions qu'ils ont faites que ce soit au

5 tribunal de district, et je ne sais pas où ailleurs. Avec certains d'entre

6 eux, j'ai effectivement parlé, c'est exact. Une fois, je pense que j'ai vu

7 Vezmarovic à Kragujevac. J'y suis allé, ma fille avait obtenu son diplôme

8 de la faculté de droit à ce moment-là. Nous étions venus pour son diplôme,

9 ses examens de fin de diplôme et c'est à ce moment-là que je l'ai vu. Nous

10 n'avons pas vraiment parlé de cela, nous n'avons pas parlé de cela ou je ne

11 pense pas qu'il se serait produit que nous serions appelés comme témoins.

12 Nous pensions que, pour notre part, c'était terminé avec la déposition qui

13 avait été faite devant le tribunal de district de Novi Sad, malheureusement

14 cela n'était pas le cas. Mais oui, bien sûr, j'ai également vu Dragi, mais

15 je ne sais pas si c'était ce jour-là.

16 Q. Est-ce que vous vous êtes rencontrés à Kragujevac comme cela, vous

17 n'avez pas assisté à des audiences du tribunal, vous vous êtes simplement

18 rencontrés comme cela ?

19 R. Non -- enfin, oui. Je suis allé avec ma fille, elle allait au cours de

20 la faculté de droit. Je n'avais pas l'intention d'aller spécialement à

21 cause de cela. J'y allais à cause de ma fille de la même façon que ce je

22 vous ai dit concernant Belgrade.

23 Q. Bien sûr. Ce jour-là, lorsque vous avez rencontré M. Vezmarovic et M.

24 Vukosavljevic, vous avez parlé des événements d'Ovcara, n'est-ce pas ?

25 R. Non. Dragi ne voulait parler de rien.

26 Q. Avez-vous rencontré l'une quelconque de ces personnes plus tôt en

27 présence du général Aleksandar Vasiljevic ?

28 R. Non. En fait, je n'ai jamais vu le général Aleksandar Vasiljevic. Peut-

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1 être qu'une ou deux fois nous nous sommes serrés la main, mais j'ai entendu

2 qu'il avait parlé au capitaine Vezmarovic.

3 Q. Qu'en est-il de Vukosavljevic ?

4 R. Je ne sais pas. Vezmarovic ne me l'a pas dit et je ne sais pas s'il en

5 a parlé à Vukosavljevic ou pas.

6 Q. Comment avez-vous appris qu'il avait parlé à Vezmarovic alors ?

7 R. Je ne sais pas. Je pense que c'était écrit quelque part que Vasiljevic

8 avait parlé à Vezmarovic. Je pense que c'était immédiatement après 1992 ou

9 1993. Mais je ne sais pas si c'est vrai ou pas.

10 Q. D'après ce que vous nous avez dit aujourd'hui, nous pouvons conclure

11 que vous avez suivi activement tous les procès concernant Ovcara, y compris

12 le procès se déroulant ici; est-ce exact ?

13 R. Oui. C'était normal pour moi de le faire.

14 Q. Est-ce que vous l'avez fait tout comme d'autres membres de la 80e

15 Brigade de façon à trouver un moyen de minimiser le degré de votre

16 participation dans ce qui s'est passé à Ovcara et pour pouvoir reconstruire

17 quelle était la responsabilité du commandement qui avait la responsabilité

18 de toutes ces carences, toutes ces insuffisances ?

19 R. J'étais véritablement intéressé à voir comment les choses évoluaient

20 parce qu'un grand nombre de choses ne nous étaient pas connues, un grand

21 nombre de choses étaient très difficiles à comprendre en ce qui me

22 concerne, ainsi que d'autres. C'était des choses que j'ai apprises à la

23 télévision ou dans les journaux, certaines choses ont été publiées. Il

24 était étonnant que je ne les aie pas sues alors même que j'étais un

25 officier d'une unité qui se trouvait sur place. C'était la seule raison

26 pour laquelle j'ai suivi les événements qui s'étaient passés là-bas et à ce

27 moment-là. J'ai appris bien davantage de ce que je savais lorsque je me

28 trouvais à Vukovar et après Vukovar. Je peux dire qu'en 1993 et en 1994, ce

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1 que je savais était très peu en ce qui concerne tous les événements qui

2 s'étaient produits sur place. Tout ce que je savais, c'était qu'il y avait

3 quelque chose qui concernait Ovcara. Je n'ai pas pensé que c'était

4 tellement important et je pensais que personne ne m'appellerait à cause de

5 cela.

6 Q. De cette manière, vous avez pu amplifier votre déposition pendant les

7 procès parce que vous avez dit que vous étiez très peu au courant des

8 événements d'Ovcara, de façon très modérée, n'est-ce

9 pas ?

10 R. Oui. C'est ce que je savais, c'était très peu.

11 Q. Pouvez-vous confirmer qu'hier devant cette Chambre de première instance

12 vous avez déclaré, pour la toute première fois, que le colonel Mrksic vous

13 a dit quelque chose dans le genre : "Qu'est-ce que vous faites là ?"

14 C'était la première fois que vous l'avez mentionné ici ?

15 R. Oui, oui. "Qu'est-ce que vous y faisiez ?" ou plutôt "Pourquoi y étiez-

16 vous ?" Je n'ai pas vraiment fait attention à cela, j'ai pensé qu'il serait

17 tout à fait suffisant que je dise ce que j'avais vu et comment les choses

18 se passaient et que tout finirait différemment. Maintenant, je vois que ce

19 n'est pas le cas.

20 Q. Maintenant, vous voyez que ce n'est pas le cas. Ce que je vous ai

21 demandé, c'était si c'était la première fois que vous avez dit cela devant

22 cette Chambre de première instance. Dans des audiences antérieures, vous

23 n'avez jamais dit que Mrksic avait dit quelque chose de ce genre, n'est-ce

24 pas ?

25 R. Oui. Mrksic m'a bien dit cela, mais je ne l'ai jamais mentionné avant.

26 Q. Est-ce que Mrksic vous a dit cela dans la salle des opérations au cours

27 du briefing ?

28 R. La première chose qu'il m'a dit c'était : "Ne parlez pas de cela," ou

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1 ne "Ne parle pas de cela," dans la salle d'opérations. L'autre chose, cela

2 a été : "Qu'est-ce que vous y faisiez, là-bas ?" C'était à l'extérieur,

3 nous sommes allés devant le bâtiment, nous nous trouvions le bâtiment.

4 Q. Si je vous disais que Mrksic est allé d'un côté et que vous êtes allé

5 du côté opposé lorsque vous avez quitté la salle d'opérations; est-ce que

6 vous seriez d'accord avec cela ?

7 R. Oui. Peut-être qu'après cela, je suis allé à mon commandement comme

8 d'habitude.

9 Q. Si je vous disais que Mrksic n'est pas parti avec vous, n'a pas quitté

10 le commandement de la brigade avec vous; seriez-vous d'accord avec moi ?

11 R. Peut-être que nous ne sommes pas sortis ensemble, mais nous avons parlé

12 devant le bâtiment du commandement.

13 Q. Y avait-il quelqu'un d'autre tout près, à côté ?

14 R. Il y avait des officiers qui allaient et venaient, qui passaient par

15 là.

16 Q. Si je vous disais que mon client affirme qu'il n'a jamais dit quoi que

17 ce soit dans ce sens et que ceci n'est pas conforme à ce qui est inscrit

18 dans le journal de guerre à la date du 19 novembre 1991 à 19 heures, que me

19 diriez-vous ?

20 R. Je n'ai rien à dire à ce sujet, je vous ai simplement dit ce que j'ai

21 entendu et ce qui s'est passé.

22 Q. Vous affirmez que votre officier supérieur a dit quelque chose, qu'il a

23 dit : "Qu'est-ce que vous faisiez là ?"

24 R. Oui.

25 Q. Vous savez que votre unité avait reçu pour ordre, dans tous les cas

26 c'est ce que nous avons entendu aujourd'hui, de prendre part à la sécurité

27 des prisonniers de guerre le 19 novembre; si je vous disais cela, qu'est-ce

28 que vous diriez ?

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1 R. C'était une situation tout à fait différente. Est-ce que vous voulez du

2 20 et du groupe de Mitnica. Mon groupe n'a pas reçu d'ordre d'assurer la

3 sécurité des prisonniers de l'hôpital.

4 Q. Nous avons lu ce qui était inscrit dans votre journal de guerre à

5 partir du 19 novembre à 18 heures. Vous dites que vous ne saviez rien à ce

6 sujet, mais je vous dis que c'est le cas, il ne semble pas illogique pour

7 vous que quelqu'un vous demande ce que vous faisiez là, mais qu'un ordre

8 ait été donné à votre unité ?

9 R. Aucun ordre n'a été donné à mon unité.

10 Q. Vous êtes en train de dire cela sur la base du fait que vous n'avez pas

11 regardé les documents de votre unité ?

12 R. J'affirme cela parce qu'en pratique mon unité n'a jamais reçu d'ordre

13 en ce sens, que ce soit verbalement ou par écrit.

14 M. MOORE : [interprétation] Excusez-moi, j'ai déjà mentionné cette

15 question, mais il n'y a jamais eu de référence à un "ordre" le 19 novembre.

16 Il n'y a rien à ce sujet, pas un mot que j'ai pu voir, que ce soit en

17 traduction qui se réfère à un ordre. Je ne vois aucune mention d'ordre. Il

18 y a bien une entrée, mais je ne vois pas le mot "ordre" où que ce soit. Mon

19 confrère continue de se référer à un ordre, s'il y a une erreur dans la

20 traduction, je peux l'accepter, mais nous avons eu deux traductions et le

21 mot "ordre" n'y figure pas.

22 M. VASIC : [interprétation] Mon confrère était présent lorsque nous avons

23 regardé cette mention inscrite avec le témoin ensemble, nous avons vu cela,

24 donc je ne vois pas ce qui pour le moment est en litige.

25 LE TÉMOIN : [interprétation] J'ai dit que ce qui s'y trouvait n'était pas

26 nécessairement exact. Une personne consignait des notes dans ce cahier,

27 mais est-ce que c'était cela qu'il avait écrit ? J'ai dit que j'ai demandé

28 de l'aide, qu'on envoie de l'aide de la brigade pour aider à protéger les

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1 prisonniers. Je pense que tout est clair à cet égard, et non seulement

2 c'est clair, mais c'est en fait ce qui s'est passé. L'officier est venu, il

3 est venu avec des hommes, il s'est présenté au commandant Vukasinovic de

4 façon à ce que celui-ci puisse lui donner une tâche à accomplir, il lui a

5 demandé s'il avait besoin d'aide, et l'autre personne lui a dit que non, il

6 n'avait pas besoin d'aide. Cet homme à nouveau s'est adressé à lui et il

7 lui a dit que s'il n'avait pas de tâches à accomplir et pas besoin d'aide,

8 à ce moment-là, il devait retourner à l'unité, et on lui a dit : il n'y a

9 pas de tâches à accomplir ou de mission pour vous, donc vous pouvez

10 repartir et retourner dans votre unité. Vous ne savez pas, peut-être, que

11 quelque chose a été écrit ici, je ne sais pas, mais ceci est comment les

12 choses se sont véritablement passées, et c'est quelque chose qui a été

13 confirmé en pratique.

14 Mme LE JUGE VAN DEN WYNGAERT : [interprétation] Bon. Il y a une certaine

15 confusion ici, parce que je croyais que ce que voulait dire M. Moore était

16 relatif à ce qui était inscrit dans le journal de guerre à la page 10, ce

17 dont nous discutions ce matin, la question de savoir si la traduction de :

18 "Ainsi, ceci a été arrangé," pour savoir si le texte anglais correspondait

19 ou non à ce qui est dit dans l'original. Peut-être qu'on pourrait préciser

20 et clarifier les choses. Peut-être que vous pourriez lire l'original et

21 faire en sorte que les interprètes puissent interpréter ce que vous dites,

22 et on va voir à ce moment-là ce que cela donne en anglais.

23 M. MOORE : [interprétation] Le témoin a répondu en ce qui concerne le 20,

24 et non pas en ce qui concerne le 19.

25 Mme LE JUGE VAN DEN WYNGAERT : [interprétation] Oui.

26 M. MOORE : [interprétation] Excusez-moi.

27 M. VASIC : [interprétation] Madame le Juge, peut-être que nous pourrions

28 avoir une suspension de séance un peu plus tôt que prévu, parce qu'à ce

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1 moment-là, je pourrais préparer mes questions et je pourrais retrouver la

2 partie pertinente. A ce moment-là, cela me permettrait peut-être de

3 raccourcir mon contre-interrogatoire. Je pense que maintenant, cela fait un

4 bout de temps que nous sommes en audience.

5 Mme LE JUGE VAN DEN WYNGAERT : [interprétation] Oui, nous allons pouvoir

6 suspendre, et j'espère que vous allez pouvoir tirer au clair ceci pendant

7 la suspension. Je vous remercie.

8 --- L'audience est suspendue à 14 heures 53.

9 --- L'audience est reprise à 15 heures 17.

10 Mme LE JUGE VAN DEN WYNGAERT : [interprétation] Monsieur Vasic, est-ce que

11 la pause a été une source d'illumination pour vous ?

12 M. VASIC : [interprétation] Oui, tout à fait, Madame le Juge. D'abord, je

13 vais essayer de me conformer à ma promesse. Il s'agit du texte et de la

14 question du texte qui a été lancé par M. Moore. Je voulais en donner

15 lecture en B/C/S lentement. Je crois que la traduction est erronée. Il

16 s'agit de l'entrée pour le 19 novembre à 18 heures du journal de guerre de

17 la 80e Brigade motorisée.

18 "Pendant la matinée les Oustachi faits prisonniers ont été emmenés à la

19 prison de Sremska Mitrovica. Il n'y a des combats que dans le secteur de

20 l'hôpital et on peut s'attendre à ce que le reste des forces du MUP et des

21 ZNG se rendent (environ 200 hommes). Un ordre a été donné de se tenir prêt

22 s'agissant de l'organisation de la sécurité de ces prisonniers."

23 Q. Est-ce que c'est bien ce que l'on peut lire dans le texte, Monsieur

24 Vojnovic ?

25 R. Je ne peux pas lire le texte que j'ai sous les yeux.

26 Q. Est-ce que vous avez pu le lire ?

27 R. Non.

28 Q. Vous ne l'avez pas à l'écran ?

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1 R. Non.

2 Q. Moi non plus, je ne l'ai pas.

3 M. VASIC : [interprétation] Nous avons besoin de l'entrée du 19, 18 heures.

4 Il s'agit de la dernière page ou plutôt, de l'avant dernière page du

5 journal de guerre. Il s'agit de la pièce 375.

6 Q. Est-ce que vous voyez le texte, maintenant ?

7 R. Pardon ?

8 Q. Je vais en donner lecture une fois encore et peut-être que vous suivrez

9 peut-être mieux.

10 Je cite : "Le matin, les Oustachi faits prisonniers ont été emmenés à

11 la prison de Sremska Mitrovica."

12 M. MOORE : [interprétation] Est-ce que le témoin peut suivre, parce qu'il

13 ne regarde pas -- si, si, excusez-moi.

14 M. VASIC : [interprétation] Est-ce que je peux continuer ?

15 Q. Je cite : "Il n'y a des combats que dans le secteur de l'hôpital, et la

16 reddition de ce qui reste des forces des ZNG et du MUP (200 hommes), cette

17 reddition est attendue. Il a été ordonné de préparer l'organisation de la

18 sécurité des prisonniers."

19 Est-ce que j'ai bien donné lecture du texte ?

20 R. Oui.

21 Q. Merci. Je vais passer maintenant à autre chose.

22 R. Je voulais préciser cela quelque peu. Nous n'avions connaissance

23 d'aucune activité de combat dans le secteur de l'hôpital. Il s'agissait là

24 d'information tout à fait nouvelle. Nous n'avons pas participé à ces

25 opérations. S'agissant de l'état de préparation qui est mentionné, le fait

26 qu'il faut être prêt à organiser la sécurité pour les prisonniers, cela

27 c'est vrai, mais ensuite, nous n'avons pas reçu d'autres missions sur ce

28 que l'on était censés faire, qui était censé le faire et où il fallait

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1 aller.

2 Q. Vous me dites que vous n'avez jamais entendu parler de cette mission et

3 que c'est la première fois que vous la voyez ?

4 R. C'est la première fois que j'entends parler de combat qui aurait eu

5 lieu près de l'hôpital et qu'il y aurait eu des prisonniers à l'hôpital.

6 C'est ce qui est dit ici. Il est dit qu'il faut être prêt à participer, et

7 cetera, mais nous n'avons jamais reçu de tels ordres, de telles

8 instructions.

9 Q. Monsieur Vojnovic, vous ne connaissiez pas cet ordre, vous l'avez déjà

10 dit en répondant à l'une de mes questions précédentes.

11 R. C'est exact.

12 Q. Merci. Monsieur Vojnovic, dans le commandement local où vous vous y

13 trouviez, vous aviez des pouvoirs exclusifs sur le territoire de Jakubovac,

14 Grabovo et Ovcara, et vous auriez pu prendre toutes les mesures nécessaires

15 pour prévenir les événements d'Ovcara. Vous aviez des pouvoirs vous

16 permettant de déterminer si les unités ou les prisonniers étaient en

17 danger. Manifestement, vous n'avez jamais procédé à une telle évaluation de

18 la situation des prisonniers de guerre ?

19 R. Mes unités n'ont jamais été mises en péril. Quant à la zone où se

20 trouvaient les prisonniers, elle ne relevait pas de ma compétence. Elle

21 relevait de la compétence du groupe opérationnel et des officiers d'état-

22 major de ce groupe opérationnel. Je pense en particulier aux officiers qui

23 se trouvaient au hangar.

24 Q. Vous ne vouliez pas donner un certain nombre de noms parce qu'il y

25 avait parmi eux un témoin protégé, n'est-ce pas ?

26 R. Oui, à l'époque, il a été resubordonné au Groupe opérationnel sud.

27 Q. Nous avons déjà, je crois, abordé ce thème. C'est exactement ce que

28 j'ai dit, que le commandant d'Ovcara, d'une part, et vous-même, d'autre

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1 part, en tant que commandant local d'Ovcara, Grabovo et Jakubovac, vous

2 deux êtes responsables de la tragédie du hangar d'Ovcara; c'est la raison

3 pour laquelle ici, vous êtes en train d'essayer de vous défausser, de

4 repousser sur d'autres cette responsabilité ?

5 R. Non, Maître Vasic. C'était la zone de responsabilité du Groupe

6 opérationnel sud. Il y avait là-bas des officiers, en particulier celui qui

7 était là-bas dont il ne faut pas mentionner le nom, ainsi que l'organe du

8 Groupe opérationnel sud qui se trouvait dans le hangar. Cette zone avait

9 été auparavant une de mes zones de responsabilité, mais une fois que ces

10 gens ont été emmenés à cet endroit et une fois que cet officier est arrivé

11 sur les lieux, du fait de sa nomination, je n'avais aucune autorité sur

12 lui. Donc, je ne pouvais pas être responsable de cette zone de

13 responsabilité. Je peux vous fournir des précisions, si vous le souhaitez.

14 Q. C'est votre explication, j'imagine.

15 R. Oui, je peux dire autre chose. Je peux ajouter que c'était un peu la

16 situation où vous marchez dans la rue, vous lancez une bombe contre le mur

17 de ma maison, et ensuite, vous dites que ce n'est pas celui qui a jeté la

18 bombe qui est responsable, mais c'est la responsabilité de celui qui

19 possède la maison parce qu'il n'a pas eu le temps de rejeter, de prendre la

20 bombe et de la lancer ailleurs. On se trouve exactement dans la même

21 situation. Ces officiers sont venus, je n'avais plus le contrôle de la

22 situation. Quand tous ces gens -- pour rentrer dans la zone de

23 responsabilité, il leur fallait avoir la permission d'un officier ou d'un

24 commandant supérieur, celui qui est entré dans la zone de responsabilité,

25 comme vous l'indiquez ici. S'ils voulaient respecter les règles, il fallait

26 qu'ils aillent voir l'officier en question, l'informer de ce qui se passait

27 et de leurs ordres. Sinon, cette personne a dû venir forcément et

28 directement du commandement supérieur, puisqu'il pouvait entrer sans

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1 permission. Mais dans ces circonstances, il devait prendre tous les risques

2 et les responsabilités.

3 Q. Quand j'interprète le règlement des forces armées et le fait qu'il y

4 avait sur place des commandants locaux, des officiers placés de manière

5 temporaire, tout officier devait obéir au commandant local. C'est indiqué

6 clairement : le commandant local est obligé de l'informer de ses décisions

7 dans sa zone de responsabilité.

8 R. Non. Celui qui entre dans la zone de responsabilité doit signaler. Il

9 ne peut pas entrer sans approbation, sans que nous le sachions. Cela, c'est

10 la règle. Par conséquent, celui qui était en tête de la colonne ou de

11 l'équipe aurait dû s'arrêter chez-nous et me dire : Ecoutez, voilà nous

12 entrons, nous allons faire ceci et cela. Cela ne vous regarde pas, mais

13 nous voulons tout simplement vous informer de la chose, afin qu'il n'y ait

14 pas de tir fait ici ou d'incident de ce type. Ensuite, c'est à eux

15 d'assumer tous les risques.

16 Q. Quand le commandant local rencontre un officier qui se trouve de

17 manière temporaire dans sa zone, il faut qu'il le mette en garde et il faut

18 qu'il lui indique quelles sont les décisions en uvre prises par le

19 commandant local conformément à ses attributions ?

20 R. J'essaie de vous expliquer la chose. Celui qui est venu aurait dû venir

21 nous voir. Il aurait dû faire un arrêt chez-nous.

22 Q. Un instant, je vous prie. L'officier que vous mentionnez, est-ce que

23 vous lui avez précisé les règles, les décisions qui prévalaient dans votre

24 zone où vous étiez commandant local ?

25 R. Non. Non, il avait sa propre mission qui lui avait été confiée et qu'il

26 devait mener.

27 Q. En tant que commandant local, est-ce que vous étiez tenu de l'en

28 informer ?

Page 9001

1 R. Je n'étais pas le commandant local.

2 Q. Est-ce que vous êtes en train de me dire que vous avez été nommé

3 commandant local par ordre écrit, mais que d'après ce que vous venez de

4 nous dire, suite à un ordre donné oralement, vous avez été démis de ces

5 fonctions ?

6 R. Je n'étais pas le commandant local. Si on parle de cette zone, la zone

7 en question dont on a parlé, qu'on a définie, on avait désigné quelqu'un

8 d'autre. Je ne pouvais pas contrôler la zone où se trouvaient ces autres

9 officiers. Je n'en avais aucun droit.

10 Q. C'est justement la question que je vous pose. Vous aviez été désigné

11 commandant local par ordre écrit de la zone d'Ovcara, Jakubovac et Grabovo.

12 Vous affirmez maintenant que suite à une décision prise par un officier,

13 vous avez cessé d'être le commandant de la zone d'Ovcara. Est-ce bien cela

14 que vous nous dites ?

15 R. Tout d'abord, je n'ai pas été désigné commandant local. C'est celui qui

16 se trouvait sur place qui l'a été avec l'accord du commandement supérieur.

17 Le commandement supérieur -- ou plutôt, un représentant du commandement

18 supérieur est venu pour installer cette personne. Il était là à Ovcara,

19 mais à l'époque il n'était pas sous mes ordres.

20 Q. Monsieur Vojnovic, nous n'allons pas revenir sur la pièce 418, parce

21 que nous l'avons examinée suffisamment en détail aujourd'hui, mais il y est

22 indiqué clairement que vous étiez le commandant local pour la zone

23 d'Ovcara, Grabovo et Jakubovac, une fois que la 20e Brigade des Partisans

24 s'était retirée, brigade commandée par le lieutenant Misovic.

25 Monsieur Vojnovic, je ne veux pas revenir aux ordres aux termes desquels

26 vous-même, commandant local de ces trois localités, avez divisé cette zone

27 en désignant un commandant pour Ovcara et un autre pour Grabovo et

28 Jakubova, n'est-ce pas ?

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1 R. Oui.

2 Q. Merci.

3 R. Mais ce n'est pas le cas.

4 Q. Expliquez-nous.

5 R. (expurgé) n'était pas un des mes officiers à l'époque. Vukasinovic n'était

6 pas un officier à l'époque.

7 Q. Monsieur Vojnovic, est-ce que vous avez signé l'ordre désignant ce

8 monsieur que nous venons de mentionner en tant que commandant local

9 d'Ovcara ?

10 R. Avec l'accord du commandement du Groupe opérationnel.

11 Q. Ce n'est pas ce qu'on lit dans l'ordre. Je vous demande si vous l'avez

12 signé ?

13 R. Oui. Mais, comme je l'ai dit, cela s'est fait avec l'approbation de --

14 Q. Je vous ai dit que vous aviez des unités subordonnées dans le secteur

15 qui comptaient plusieurs centaines d'hommes ainsi que des véhicules

16 blindés. Je crois que vous avez été en mesure d'employer ces unités pour

17 établir l'ordre et la sécurité pour les prisonniers qui se trouvaient dans

18 le hangar, même quand l'officier dont nous ne voulons pas mentionner le nom

19 est venu vous voir - il était commandant local - pour vous mettre en garde

20 s'agissant du retrait de votre polices militaires, n'est-ce pas ?

21 R. Oui.

22 Q. Ce jour-là, ce commandant local susmentionné, est-ce qu'il n'a pas dit

23 que la situation au hangar était calme, que l'ordre avait été établi, que

24 les prisonniers étaient en toute sécurité ?

25 R. Je ne me souviens pas des détails exacts de ce qu'il m'a dit, mais

26 l'ordre régnait. Nous ne pouvions pas, nous, savoir s'ils étaient vraiment

27 en sécurité, ni prévoir non plus ce qui allait se passer.

28 Q. Est-ce que vous voudriez vous munir d'une déclaration que vous avez

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1 faite; en particulier, celle que vous avez faite au juge d'instruction du

2 tribunal du district de Novi Sad le 21 novembre 2003.

3 M. VASIC : [interprétation] Je signale à l'intention de mes éminents

4 confrères que cela figure à la page 5 en anglais.

5 Q. Monsieur Vojnovic, chez-vous c'est la page 4.

6 R. 379 ?

7 Q. Il s'agit de la déclaration que vous avez faite au juge d'instruction,

8 M. Alimpic, à Novi Sad ?

9 R. Oui.

10 Q. Page 4.

11 R. D'accord.

12 Q. Veuillez me signaler le moment où vous aurez trouvé le document en

13 question. Il s'agit du paragraphe 3. Cela commence par la mention suivante

14 : "Ce que dit (expurgé)est exact."

15 R. J'ai vu.

16 Q. Oui, il est dit : "Il est arrivé au commandement à Negoslavci vers 22

17 heures et il a demandé au commandement d'être déplacé. Il m'avait dit

18 précédemment que le capitaine Vezmarovic lui avait dit que l'ordre avait

19 été rétabli dans le hangar et que les prisonniers étaient en sécurité, que

20 le capitaine Karanfilov, officier chargé de la sécurité du Groupe

21 opérationnel sud, lui avait dit de retirer ses soldats et que l'unité

22 territoriale allait prendre la responsabilité des prisonniers."

23 Est-ce que c'est ce que vous avez déclaré, Monsieur ?

24 R. Oui.

25 Q. Autant que vous vous en souveniez, cela, on vous l'a dit dans la soirée

26 du 20, n'est-ce pas ?

27 R. Oui. Mais qu'est-ce qu'il fallait que je fasse ? Est-ce qu'il fallait

28 faire intervenir des unités pour la sécurité, ce genre de chose ? Est-ce

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1 que c'est ce que vous dites ?

2 M. VASIC : [interprétation] Est-ce qu'on pourrait placer la pièce 422 sur

3 le rétroprojecteur ? Merci.

4 Q. Monsieur Vojnovic, nous avons ici un ordre du commandement du Groupe

5 opérationnel sud en date du 21-11-1991, numéro 464-1, signé par le chef

6 d'état-major, Miodrag Panic. Au point 4, il est indiqué que les unités de

7 la Défense territoriale de Vukovar sont subordonnées ou sont placées sous

8 la subordination de la 80e Brigade motorisée, c'est-à-dire, votre brigade.

9 Il s'agit, pour l'essentiel, de garder la zone qui a été capturée, qui a

10 été prise, ainsi que ces éléments et les points les plus sensibles.

11 Est-ce que vous avez reçu cet ordre du 21 novembre ?

12 R. Je ne suis pas sûr. Je ne sais pas si nous l'avons reçu. Il est

13 possible que cela soit le cas. Si c'est le cas, je devais en avoir

14 connaissance, mais c'est le 21, n'est-ce pas ?

15 Q. Oui. Cet ordre date du 21 à 6 heures du matin. Est-ce que vous vous

16 souvenez l'avoir vu ?

17 R. Non. On recevait jamais les documents le matin; c'était plutôt plus

18 tard dans la journée. Si ce document a été établi à

19 6 heures du matin, on le recevait généralement plus tard.

20 Q. Merci. Le 21 novembre 1991, vous étiez encore le commandant local de

21 Grabovo, Ovcara et Jakubovac, n'est-ce pas, et une fois que votre unité a

22 pris le relais du Groupe opérationnel sud, vous êtes devenu également le

23 commandant de Vukovar, n'est-ce pas ?

24 R. Oui, c'est exact.

25 Q. Le 21 novembre, en tant que commandant local, est-ce que vous n'étiez

26 pas censé assurer la sécurité de la zone, les lieux du crime d'Ovcara, qui

27 se trouvait dans votre zone de responsabilité ? Est-ce que vous n'étiez pas

28 censé assurer la sécurité de la zone jusqu'à l'arrivée des enquêteurs

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1 militaires ?

2 R. Non, personne ne m'a dit de le faire. On ne m'a pas donné de mission

3 dans ce sens. D'ailleurs, je ne savais pas non plus ce qu'il en était des

4 membres de la Défense territoriale. Je ne savais pas de qu'ils relevaient.

5 Je sais que j'ai reçu un ordre verbalement de la part du commandant, ordre

6 me demandant de faire s'aligner les volontaires, pour qu'ils se rendent et

7 qu'ils donnent leurs armes, mais cela ne s'est jamais fait. On assurait la

8 sécurité de l'hôpital et du bâtiment du SUP plus tard.

9 Q. Bien. Merci.

10 R. Après quand tout a été fini, cela est ce que je voulais dire pour être

11 bien clair.

12 Q. Quand les enquêteurs militaires, aussi bien civils, j'imagine, étaient

13 à Vukovar, est-ce que vous leur avez parlé de cela, de ces informations ?

14 R. Il y a eu une réunion le soir avec le commandant du Groupe opérationnel

15 sud. Je ne sais pas exactement quand. C'était peut-être le 21. En tout cas,

16 il a dit qu'il y aurait des enquêteurs qui viendraient, et c'était le 22.

17 Q. Ce que je veux savoir, c'est quand ils sont venus. Fin novembre ? Fin

18 décembre ?

19 R. Non, plusieurs jours après, il a dit que les enquêteurs allaient venir

20 le 20 novembre, le 25 novembre, peut-être, ou peut-être pas, et qu'il

21 fallait leur mettre en place les conditions permettant à ces hommes de

22 travailler. Je n'ai pas vu d'enquêteurs moi-même. J'ai vu le procureur

23 Papic. Le colonel Papic, il était procureur, je crois, auprès du tribunal

24 militaire. En tout cas, ils sont venus.

25 Q. Peut-être que vous connaissiez le magistrat chargé de l'enquête,

26 Miodrag Salic ?

27 R. Dites cela à nouveau ?

28 Q. Miodrag Salic, le magistrat chargé de l'enquête pour le tribunal

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1 militaire ?

2 R. Non, je ne le connais pas. Ce nom ne me dit rien.

3 Q. Le 21 novembre, Monsieur Vojnovic, vous avez dit que vous aviez eu une

4 réunion avec vos subordonnés, vos officiers, et que vous les aviez mis en

5 garde de ce qui s'était passé à Ovcara en leur disant que ceci ne devrait

6 jamais se reproduire ?

7 R. Oui, et qu'ils devaient le dire à tous que des choses de ce genre ne

8 devraient jamais se reproduire; qu'ils devaient empêcher des actes de

9 rétorsion, des représailles en particulier avec des personnes de

10 différentes origines ethniques; et que ces ordres devaient être respectés,

11 et ce genre de chose.

12 Q. Vous avez dit que le commandant vous avez dit qu'il ne devrait pas y

13 avoir de représailles; ceci n'est pas au compte rendu.

14 R. Oui, il fallait à tout prix empêcher tout acte de représailles ou y

15 faire échec.

16 Q. A un moment donné, vous avez repris les pouvoirs du Groupe opérationnel

17 sud dans la région -- en fait, vous l'avez fait au moment où vous vous êtes

18 déplacé avec votre poste de commandement et les unités de l'état-major à la

19 caserne de Vukovar, n'est-ce pas ?

20 R. Non, j'ai pris les fonctions et pouvoirs du Groupe opérationnel sud

21 après que le Group opérationnel sud ait quitté pour aller à Belgrade.

22 M. VASIC : [interprétation] Pourrions-nous, s'il vous plaît, voir le

23 document 0D00-0539 à l'écran ?

24 LE TÉMOIN : [interprétation] Je voudrais simplement dire ceci aussi : tout

25 au long de ma longue carrière militaire, je n'ai jamais remarqué, je n'ai

26 jamais vu le document qui ait été rédigé ou produit à 6 heures du matin; je

27 n'en ai jamais entendu parler dans toute mon expérience.

28 M. VASIC : [interprétation]

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1 Q. Monsieur Vojnovic, c'est votre ordre qui est date du

2 22 novembre 1991, strictement confidentiel 37-3 ?

3 R. Très bien.

4 Q. Ceci concerne le transfert des unités à la caserne de Vukovar, du

5 commandement de la brigade, le 22 novembre 1991 ?

6 R. Oui, effectivement.

7 Q. Je vous remercie. Donc, c'est après cet ordre que vous vous êtes

8 déplacé avec votre commandement et ces unités à la caserne de Vukovar,

9 n'est-ce pas ?

10 R. Oui.

11 Q. Je vous remercie.

12 M. VASIC : [interprétation] Madame le Juge, Monsieur le Juge, je voudrais

13 demander que cette pièce soit versée au dossier.

14 Mme LE JUGE VAN DEN WYNGAERT : [interprétation] La pièce est versée au

15 dossier.

16 M. LE GREFFIER : [interprétation] Il s'agira de la pièce numéro 444.

17 M. VASIC : [interprétation] Pourrions-nous, s'il vous plaît, voir

18 maintenant la pièce 425 à l'écran. Je vous remercie.

19 M. MOORE : [interprétation] Madame le Juge, nous n'avons aucun exemplaire

20 de ce document en particulier. Nous venons de vérifier. Je ne sais pas s'il

21 y a une erreur, mais j'ai vérifié avec notre commis à l'affaire.

22 Est-ce que mon confrère aurait une copie papier ?

23 M. VASIC : [interprétation] De quel document parle mon confrère ? Je vais

24 essayer de faire de mon mieux.

25 M. MOORE : [interprétation] Il s'agit du document qui prévoyait le

26 transfert des unités de Vukovar le 22 -- pour aller à la caserne de Vukovar

27 le 22 novembre.

28 M. VASIC : [interprétation] Tous les dossiers devraient être identiques. Ce

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1 n'est certainement pas de propos délibérés que ce document ne figure pas

2 dans votre dossier.

3 M. LE JUGE THELIN : [interprétation] Monsieur Moore, il semble que le

4 document soit à l'intercalaire numéro 11 dans le dossier dont nous

5 disposons.

6 M. MOORE : [interprétation] Je vous remercie beaucoup, Monsieur le Juge.

7 [Le conseil de l'Accusation instance se concerte]

8 M. VASIC : [interprétation] S'il y a un problème qui se pose, je ferai en

9 sorte d'avoir une copie papier pour mon confrère après cette audience.

10 Q. Monsieur Vojnovic, il s'agit là d'un rapport de combat régulier du

11 Groupe opérationnel sud, le commandement du Groupe opérationnel sud. Le

12 473-1 strictement confidentiel, le 22 novembre 1991 à 18 heures.

13 M. VASIC : [interprétation] Pouvons-nous faire un gros plan, s'il vous

14 plaît, agrandir sur les deux derniers paragraphes du document en le

15 remontant un petit peu ? Merci.

16 Q. Monsieur Vojnovic, vous voyez le deuxième paragraphe avant la fin, il

17 est dit : "Pendant la journée, toutes les mesures ont été prises pour que

18 la 80e Brigade motorisée --"

19 R. Non -- oui, maintenant je le vois. Je vois cela.

20 Q. Ainsi, je vais essayer encore une fois : "Au cours de la journée,

21 toutes les mesures ont été prises pour que la 80e Brigade motorisée -- pour

22 la 80e Brigade motorisée."

23 Est-ce exact ?

24 R. Oui.

25 M. VASIC : [interprétation] Je présente mes excuses à l'interprète. J'ai

26 accéléré un peu, et du coup, j'ai perdu le fil, ici.

27 Q. Je vais essayer de reprendre.

28 "Au cours de la journée, toutes les mesures nécessaires ont été

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1 prises pour la 80e Brigade motorisée, pour qu'elle assume les fonctions

2 organisationnelles et de commandement dans le secteur de responsabilité du

3 Groupe opérationnel sud."

4 Le passage suivant se lit comme suit : "Le commandement de la 80e Brigade

5 motorisée a reçu toutes les instructions et tous les documents nécessaires

6 pour installer le commandement et le contrôle dans le secteur de

7 responsabilité du Groupe opérationnel sud."

8 Est-ce que ceci est exact, Monsieur Vojnovic ?

9 R. Oui.

10 Q. Après que vous ayez mis sur pied -- après que vous ayez obtenu les

11 documents de contrôle et de commandement, n'est-il pas vrai que vous avez

12 assumé la responsabilité du Groupe opérationnel sud, c'était le dernier

13 acte de la remise et du passage aux deux unités; c'est bien cela ?

14 R. Oui, c'est le 22 novembre. Tout était terminé. Il y avait certains

15 matériels ou équipements à échanger, certains plans, communication. Oui,

16 ceci me frappe comme étant parfaitement correct.

17 Q. Je vous remercie, Monsieur Vojnovic.

18 M. VASIC : [interprétation] J'ai un autre document, ici. Il s'agit du

19 document OD00-0569. Peut-on le présenter à l'écran, s'il vous plaît ? Nous

20 avons un exemplaire du document pour mon confrère. Je vois qu'il y a un

21 problème; nous pouvons le lui fournir.

22 Il serait nécessaire d'aller en audience à huis clos partiel à cause

23 de ce document.

24 Mme LE JUGE VAN DEN WYNGAERT : [interprétation] Audience à huis clos

25 partiel.

26 M. LE GREFFIER : [interprétation] Nous sommes en audience à huis clos

27 partiel.

28 [Audience à huis clos partiel]

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15 [Audience publique]

16 Mme LE JUGE VAN DEN WYNGAERT : [interprétation] Maître Vasic.

17 M. VASIC : [interprétation] Madame le Juge, mon confrère peut peut-être

18 traiter de cette question à l'occasion des questions supplémentaires qu'il

19 posera, mais je croyais qu'hier au cours de l'interrogatoire principal, il

20 pensait que c'était éventuellement des crimes et qu'à la suite de cela, il

21 y avait cette remarque que ces organes chargés d'enquêtes viendraient pour

22 enquêter sur les éventuelles atrocités qui auraient eu lieu dans le secteur

23 de Vukovar. Mais si la Chambre de première instance le juge nécessaire, je

24 peux poser une question au témoin.

25 Mme LE JUGE VAN DEN WYNGAERT : [interprétation] Monsieur Moore, est-ce que

26 vous pouvez évoquer ceci dans des questions supplémentaires ?

27 M. MOORE : [interprétation] A mon sens, c'est une question que la Défense

28 devrait présenter dans ses thèses à l'égard du témoin. Il est clair qu'une

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1 possibilité ou un ordre de commencer d'enquêter est un élément qui doit

2 être pris en considération par la Chambre. Il se peut bien que ceci fasse

3 partie des thèses de la Défense ou peut-être que non. A mon avis, le

4 Règlement est parfaitement clair, et les éléments importants des thèses de

5 la Défense devraient être présentés au témoin de façon précise, de sorte

6 qu'il ait la possibilité de répondre dans un sens ou dans un autre. Ceci ne

7 peut pas être traité par des questions supplémentaires.

8 Mme LE JUGE VAN DEN WYNGAERT : [interprétation] Maître Vasic.

9 M. VASIC : [interprétation] Je vous remercie, Madame le Juge.

10 Q. Monsieur Vojnovic, dans le cadre des opérations de nettoyage du terrain

11 par rapport aux victimes, est-ce que votre unité, conformément au

12 commandement de la 1ère Région militaire et du Groupe opérationnel sud, a

13 donné des instructions pour que des experts militaires médico-légaux, des

14 techniciens, des enquêteurs et d'autres experts qui se trouvaient à Vukovar

15 dans le secteur au cours de la période que vous avez mentionnée ici, est-ce

16 qu'ils avaient à la tête le colonel Basic et est-ce que votre unité était

17 censée leur fournir des services ?

18 R. Oui, j'ai dit qu'à une séance tenue le 21 ou le 22, le commandant a dit

19 qu'il y aurait des organes chargés d'enquêtes qui allaient venir le

20 lendemain. Je ne sais pas exactement, il y en avait 30 ou 40. Il était

21 nécessaire de les héberger ou des les cantonner et de leur trouver des

22 locaux où ils puissent travailler. Personnellement, je sais qu'une partie

23 ou un petit nombre de mes soldats aidaient celui qui est actuellement

24 ministre de la Défense, Zoran Stankovic, qui enquêtait sur les cadavres, et

25 je sais que certains d'entre eux aidaient à déplacer les corps et les

26 cadavres, tant de personnes que du bétail. Il est possible qu'il y ait eu

27 également de l'aide qui soit fournie, mais à ce sujet, je ne sais rien.

28 Q. Je vais vous parler de la thèse de mon client, à savoir que le 21 --

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1 R. Bien, j'ai dit que cela pouvait être le 21 ou le 22.

2 Q. Si vous voulez parler de la réunion du 21, le briefing régulier de

3 l'après-midi, mon client n'était pas à Negoslavci, donc peut-être que vous

4 avez parlé au chef d'état-major Miodrag Panic, éventuellement. Si nous

5 parlons du 22 dans l'après-midi, alors M. Mrksic était bien présent au

6 briefing habituel.

7 R. Non. Ce n'est pas ce qu'a dit Panic, c'est ce qu'a dit le colonel

8 Mrksic, et c'était lors du briefing habituel, régulier.

9 Q. Est-ce que vous savez qu'il y a un ordre sur cette question émanant de

10 la 1ère Région militaire et du Groupe opérationnel sud en ce qui concerne le

11 nettoyage du terrain ?

12 R. Bien, je suppose qu'un tel ordre existe, si je l'ai reçu.

13 [Le conseil de la Défense se concerte]

14 M. VASIC : [interprétation] Il y a une erreur dans le compte rendu à la

15 page 107, ligne 23.

16 Q. Je crois que vous avez dit que le lieutenant-colonel Mrksic vous avait

17 dit cela le 22 dans l'après-midi ?

18 R. Bien, j'ai dit que c'était soit le 21 ou le 22. Puisque vous dites

19 qu'il n'était pas là le 21, alors il faut que cela ait été le 22.

20 M. VASIC : [interprétation] Je vous remercie. On me prévient, en ce qui

21 concerne mon microphone.

22 Nous allons maintenant regarder un document figurant sur la liste 65 ter à

23 l'écran. C'est le document 103 portant le numéro ERN 0327-2263. La version

24 anglaise porte le même numéro. Je vous remercie. Pourrait-on faire un gros

25 plan sur ce document ?

26 Q. Est-ce que vous pouvez le voir, Monsieur Vojnovic ?

27 R. Oui.

28 Q. Je vous remercie. Il s'agit d'un ordre qui régit le nettoyage du

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1 terrain, et il s'agit donc d'un document émanant du commandement de la 1ère

2 Région militaire, numéro confidentiel 8-180/31, daté du 16 novembre 1991.

3 Ici, il est adressé à la Brigade motorisée des Gardes, mais cela a été

4 barré et l'on voit "80e Brigade motorisée." Et l'on dit --

5 R. Je ne sais pas pourquoi cela a été barré. J'ai coopéré directement avec

6 le commandement de la 1ère Région militaire, et on lit au point 1 à qui est

7 adressé ce document.

8 Q. Je vous demande si vous avez obtenu ce document du commandement du

9 Groupe opérationnel sud ?

10 R. Je ne sais pas, en fait. Il y avait tant d'ordres que -- ce que je

11 sais, c'est que nous avons travaillé au fait d'enlever les cadavres et

12 d'enlever du matériel perdu, des carcasses. Nous avons déminé, les déchets

13 -- nous avons enlevé les déchets.

14 Q. Vous ne vous rappelez pas ?

15 R. Non. Je ne me rappelle pas, mais je sais que nous y avons travaillé.

16 M. VASIC : [interprétation] Je voudrais demander que l'on verse cet ordre

17 au dossier pour qu'il devienne une pièce à conviction, s'il n'y a pas

18 d'objection.

19 Mme LE JUGE VAN DEN WYNGAERT : [interprétation] Cela sera admis.

20 M. LE GREFFIER : [interprétation] Il s'agira de la pièce 445, Madame le

21 Juge.

22 M. VASIC : [interprétation] Merci beaucoup. J'ai terminé mon contre-

23 interrogatoire, cette fois-ci.

24 Mme LE JUGE VAN DEN WYNGAERT : [interprétation] Merci, Monsieur Vasic.

25 Monsieur Borovic.

26 M. BOROVIC : [interprétation] Merci, Madame le Juge.

27 Contre-interrogatoire par M. Borovic :

28 Q. [interprétation] Bonjour, je m'appelle Borivoje Borovic, et je

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1 représente Miroslav Radic.

2 Première question : nous avons entendu de la part de votre officier qui a

3 déposé ici, qu'un de vos bataillons était dans la région de Petrova Gora.

4 Avez-vous entendu parler de cela ?

5 R. Je ne sais pas qu'un bataillon était dans la région de Petrova Gora.

6 Nous avions un bataillon au début à l'entrée même de Vukovar. Je ne sais

7 pas pour Petrova Gora s'il y en avait un.

8 Q. Merci. Dragi Vukosavljevic, qui a déposé ici, a dit de manière ferme

9 que le 3e Bataillon était situé à Petrova Gora, qu'il s'y rendait, qu'il

10 avait sa propre ligne de sécurité à Petrova Gora et que ce bataillon avait

11 environ 400 personnes. Est-ce que vous acceptez que ceci soit vrai ?

12 R. Oui, j'accepte qu'il y avait environ 400 personnes. Je ne sais pas

13 exactement pour cette région. Je sais que c'était au début de Vukovar, mais

14 est-ce que c'était à gauche ou à droite --

15 Q. Je m'excuse, les interprètes n'ont pas entendu la première partie de la

16 réponse. Je répète : tout d'abord, est-ce que Dragi Vukosavljevic a dit

17 avec exactitude que l'un de vos bataillons était dans la région de Petrova

18 Gora et qu'il l'a visité plusieurs fois ?

19 R. Je pense que Dragi l'a déclaré. Je peux accepter cela.

20 Q. Merci. Deuxième question : savez-vous au cours de quelle période ceci a

21 pu être le cas, quel mois ?

22 R. Quand cela c'est passé ? Bien, je pense que si c'était le cas, cela

23 pouvait être en novembre ou décembre.

24 Q. Merci. Qui commandait ce bataillon ?

25 R. C'était le capitaine de première classe à l'époque -- Lalovic, je

26 pense, était son nom. Je ne me souviens pas du prénom.

27 Q. Merci. Avez-vous confirmé tout à l'heure que ce bataillon comptait

28 environ 400 personnes ?

Page 9016

1 R. Il n'était pas complété, il n'y avait pas certainement 400 personnes,

2 mais un peu moins, probablement entre 300 et 350. Il était le moins

3 complété.

4 Q. Qu'est-ce que j'ai entendu, 350 ?

5 R. Oui, jusqu'à 350 à peu près. Je sais.

6 Q. Très bien. Merci. Est-ce que bataillon a participé aux opérations de

7 combat le long de l'axe où il se trouvait ?

8 R. Il n'a pas participé aux opérations de combat. Je ne sais pas

9 exactement à qui il avait été resubordonné, pour ainsi dire.

10 Q. Est-ce qu'il était resubordonné ou est-ce qu'il agissait de concert

11 avec d'autres unités ?

12 R. Je pense qu'il agissait de concert, mais je ne sais pas avec quelles

13 unités.

14 Q. Merci. Hier, je vous ai suivi lorsque vous avez répondu au sujet de la

15 participation de vos unités au cours des événements de guerre à Vukovar.

16 Est-ce que nous pouvons conclure par conséquent que ce bataillon était un

17 bataillon de réserve et qu'il était utilisé surtout pour la défense ?

18 R. Toutes nos unités --

19 Q. Nous parlons de ce bataillon.

20 R. Toutes nos unités étaient engagées seulement dans le cadre des

21 opérations défensives.

22 Q. Y compris le 3e Bataillon qui était à Petrova Gora; est-ce exact ?

23 R. Oui.

24 Q. Merci. Pourriez-vous être d'accord avec la Défense si je vous dis que

25 le commandant du Groupe opérationnel sud envoyait le 3e Bataillon dans la

26 zone de responsabilité du 1er Détachement d'assaut afin qu'il agisse de

27 concert avec le 1er Détachement d'assaut sur les lignes de front ?

28 R. Je pense que oui, mais je ne suis pas sûr où c'était.

Page 9017

1 M. BOROVIC : [interprétation] Je souhaite que l'on place à l'écran,

2 maintenant, la pièce à conviction 156, s'il vous plaît. Auriez-vous

3 l'amabilité d'agrandir un peu le centre de deux degrés environ ?

4 Q. Voyez-vous cela à l'écran, Monsieur Vojnovic ?

5 R. Oui. Je ne sais pas ce qui vous intéresse.

6 Q. Veuillez avoir la gentillesse de prendre un stylo et d'apposer le

7 chiffre 1 pour marquer le secteur où était déployé votre premier bataillon,

8 cette première fois.

9 R. Ici, je ne vois pas -- c'était dès l'entrée de Vukovar, quelque part

10 par là.

11 Q. Est-ce que vous auriez la gentillesse de ---

12 R. Est-ce que c'est le chemin de fer ? Tout ce que je sais, c'est que

13 c'était près d'un café, je ne me souviens pas.

14 [Le témoin s'exécute]

15 Q. Veuillez encercler cela et apposer le chiffre 1.

16 R. [Le témoin s'exécute]

17 Q. Merci.

18 Maintenant, est-ce que vous pourriez apposer le chiffre suivant à

19 l'endroit où se trouvait votre 3e Bataillon indépendant ? Est-ce que vous

20 pouvez l'identifier et marquer par le chiffre 2 ?

21 R. Je ne vois pas cela.

22 Q. Est-ce que vous voyez où se trouve Petrova Gora sur cette carte, et

23 l'agglomération de Leva Supoderica ?

24 R. Non, je ne sais pas. J'ai entendu parler de Leva Supoderica et de

25 Petrova Gora, mais j'y allais rarement et je ne vois pas cela ici, donc je

26 ne peux pas le faire avec autant d'exactitude.

27 Q. Donc, l'agglomération de Leva Supoderica, l'agglomération de la 6e

28 Division des Prolétaires, vous ne pouvez pas les montrer ?

Page 9018

1 R. Non. Je sais que je suis allé, mais je ne vois pas cela ici. J'étais à

2 Hollywood, mais je n'arrive pas à montrer cela.

3 Q. Très bien. Mais dans ce cas-là, voici ma question : je vous ai demandé

4 si ce 3e Bataillon, votre 3e Bataillon était actif dans quelque activité que

5 ce soit dans cette région, donc l'agglomération de la Leva Supoderica,

6 l'agglomération de la 6e Division des Prolétaires et l'agglomération de

7 Hollywood qui se trouvent dans la rue Ivana Gorana Kovacica ?

8 R. Il était déployé dans cette agglomération, comme vous l'appelez.

9 Q. Très bien.

10 M. BOROVIC : [interprétation] Dans ce cas-là, puisque le témoin a décrit la

11 région dans laquelle son 3e Bataillon se trouvait, il n'est pas nécessaire

12 d'apposer des annotations. Je pense que cela suffit.

13 Q. Voici ma question suivante : est-ce que vous savez les employés de

14 quelles entreprises de Kragujevac étaient mobilisés au sein du 3e

15 Bataillon ?

16 R. Le 3e Bataillon n'était pas de Kragujevac, mais il était de Raca ou de

17 Topola.

18 Q. Est-ce qu'il était constitué suite à la mobilisation des gens de Crvena

19 Zastava, drapeau rouge de l'usine ?

20 R. Non, cela, c'était le 1er Bataillon.

21 Q. Est-ce que vous êtes allé dans ces secteurs, dans les secteurs dans

22 lequel étaient votre bataillon et votre unité ?

23 R. Oui, j'allais voir le capitaine Lalovic. Je faisais le tour de toutes

24 mes unités.

25 Q. Très bien. Pendant que vous faisiez le tour de ces secteurs, est-ce que

26 vous avez jamais rencontré le capitaine Radic ?

27 R. Non, je ne connaissais pas le capitaine Radic. Je ne l'ai pas vu là-

28 bas.

Page 9019

1 Q. Question suivante : puisque vous ne l'avez pas vu, si je vous disais

2 que votre 3e Bataillon possédait ou occupait les positions le long de l'axe

3 le long duquel se trouvait la 3e Compagnie du 1er Détachement d'assaut, est-

4 ce que vous, en tant que lieutenant-colonel à l'époque, considérez que le

5 3e Bataillon de la 80e Brigade motorisée était placé sous le commandement du

6 capitaine Radic, qui était le commandant de la compagnie, ou pas ?

7 R. Non.

8 Q. Merci. Qui donnait les ordres relatifs à ces activités, à l'emploi de

9 l'unité ?

10 R. Le capitaine Radic ?

11 Q. Non, mais le 3e Bataillon.

12 R. C'étaient mes ordres, pendant qu'ils étaient placés sous mon

13 commandement.

14 Q. Merci. Est-ce que le commandant de bataillon peut évaluer une unité qui

15 lui avait été resubordonnée auparavant ?

16 R. Je n'ai pas compris.

17 Q. Est-ce que le commandant de bataillon peut resubordonner une unité qui

18 vient de lui être subordonnée à son commandant de compagnie ?

19 R. Je ne comprends pas la question. Est-ce que le commandant

20 --

21 Q. -- de bataillon peut resubordonner une unité qui lui a été

22 resubordonnée à son commandant de compagnie ?

23 R. De sa propre unité, sur la base de la composition de son propre

24 bataillon, vous voulez dire ? Le commandant de compagnie -- ou de bataillon

25 -- je ne sais pas. Je ne comprends pas.

26 Q. Merci.

27 Question concrète : la décision d'effectuer les activités de combat,

28 qu'est-ce que cela veut dire du point de vue d'un commandant de bataillon ?

Page 9020

1 Si le commandant d'une unité supérieure lui donne l'ordre portant là-

2 dessus, est-ce qu'il peut le changer ?

3 R. L'ordre d'un commandant supérieur peut être changé seulement avec

4 l'approbation au préalable de celui qui avait donné l'ordre.

5 Q. Est-ce que cela veut dire que cette décision est l'ordre le plus

6 important en ce moment, et qu'il ne peut pas le changer ?

7 R. Non, pas sans approbation appropriée. S'il y a quelque chose qu'il faut

8 changer, il peut apporter quelques changements, mais il doit informer

9 d'autres personnes de ces changements. De toute façon, il doit soumettre un

10 rapport là-dessus.

11 Q. Merci.

12 M. BOROVIC : [interprétation] Peut-on examiner maintenant la pièce à

13 conviction 401, qui est à l'écran en ce moment. Il s'agit du journal de

14 guerre de la Brigade motorisée des Gardes, dont la date est celle du 15

15 novembre 1991, 18 heures. La page est 43 dans la version en anglais. Il

16 s'agit de la page 38 du même journal de guerre. C'est la page 43. Le 15

17 novembre à 18 heures. Pourriez-vous agrandir cela ?

18 Q. Monsieur Vojnovic, voyez-vous cela ?

19 R. Oui.

20 Q. Dans cette entrée, il est écrit que le commandant du Groupe

21 opérationnel sud a effectué certaines corrections de la décision du 14

22 novembre 1991, comme suit, dans le premier sous-paragraphe il est écrit --

23 R. Très bien.

24 Q. Ne m'interrompez pas, s'il vous plaît. Je vais lire lentement, que :

25 "Le détachement de la Défense territoriale de Stara Pazova soit

26 resubordonné au 3e Bataillon de la 80e Brigade motorisée."

27 Ensuite, dans le sous-paragraphe suivant, que : "Le 3e Bataillon de

28 la 80e Brigade motorisée," donc, le même bataillon, "qu'il sorte de la

Page 9021

1 constitution du JOD-1," du Groupe d'assaut 1, "et qu'il soit placé sous le

2 commandement de la 80e Brigade motorisée."

3 Puis troisièmement, que : "La 80e Brigade motorisée dans les activités

4 suivantes prenne le contrôle du secteur de l'agglomération de la 6e

5 Division des Prolétaires de Leva et Desna Supoderica et le secteur le long

6 de la rivière Vuka."

7 Est-ce que c'est bien ce qui est écrit ici ?

8 R. Oui, c'est écrit ainsi.

9 Q. Je vous remercie beaucoup. Est-ce que vous êtes d'accord avec moi pour

10 dire que le 15 novembre 1991, vous avez reçu verbalement la mission du

11 colonel Mrksic concernant l'utilisation à l'avenir de certaines parties de

12 votre unité ?

13 R. Vous voulez dire ce bataillon ?

14 Q. Eléments de vos unités en général.

15 R. Je ne me souviens pas.

16 Q. Est-ce que vous admettez cette possibilité ?

17 R. Oui, je l'admets.

18 Q. Merci. Etes-vous d'accord avec moi pour dire que dans l'entrée que nous

19 avons vue, nous pouvons voir que le 3e Bataillon de la 80e Brigade motorisée

20 est sorti de la composition du 1er Détachement d'assaut et que, au moins

21 jusqu'à cette date-là, il avait été engagé le long de l'axe des activités

22 du 1er Détachement d'assaut, commandé par le commandant Borivoje Tesic.

23 Etes-vous d'accord ?

24 R. Je ne suis pas sûr qui était le commandant de ce détachement. Je ne me

25 souviens pas exactement de ces dates, mais je sais que Tesic était le

26 commandant là-bas, le commandant du détachement.

27 Q. Très bien. J'ai parlé de cela lentement et est-ce que nous pouvons être

28 d'accord pour dire que le capitaine Radic ne pouvait pas commander le 3e

Page 9022

1 Bataillon et ne le faisait pas. Ceci pouvait être fait seulement par le

2 commandant du bataillon, le commandant Borivoje Tesic; est-ce exact ?

3 R. Oui.

4 Q. Merci. Est-ce que, pour terminer, nous pouvons conclure que votre 3e

5 Bataillon de la 80e Brigade motorisée ne pouvait certainement pas être

6 incorporé au sein de la 3e Compagnie commandée par le capitaine Radic; est-

7 ce exact ?

8 R. Oui.

9 Q. Merci. Question suivante : savez-vous qui et quand a nommé Miroljub

10 Vujovic au poste du commandant de la Défense territoriale de Vukovar ? Si

11 vous le savez, sur la base de quel document est-ce que ceci a été

12 effectué ?

13 R. Je sais qu'avant notre départ le commandant du Groupe opérationnel sud

14 a communiqué, je pense, qu'un ordre était arrivé. Je pense que c'est

15 Miroljub Vujovic qui a été nommé au poste de commandant de la Défense

16 territoriale; son adjoint était Stanko Vujanovic. Le commandant pour les

17 unités logistiques était Antic [phon]. Ensuite, celui qui était chargé pour

18 un autre secteur qui

19 --

20 Q. Très bien, peu importe. Est-ce que cela veut dire que, d'après vos

21 connaissances militaires, le commandant d'une compagnie ne pouvait pas le

22 nommer au poste du commandant de la TO de Vukovar; autrement dit, que le

23 commandant de la 3e Compagnie de la Brigade motorisée des Gardes, Miroslav

24 Radic ne pouvait pas le nommer à ce poste ?

25 R. Non, non. Certainement pas. C'est la première fois que j'en entends

26 parler.

27 Q. Non pas seulement qu'il ne l'a pas nommé, mais qu'il ne pouvait pas le

28 faire, d'après vos connaissances militaires ?

Page 9023

1 R. Oui, c'est cela.

2 Q. D'après certains documents dont nous disposons ici devant ce Tribunal,

3 Vujovic a été mentionné en tant que commandant du détachement de la Défense

4 territoriale de Petrova Gora. Savez-vous qui l'a nommé au poste du

5 commandant du détachement de la Défense territoriale de Petrova Gora ?

6 R. Je ne sais même pas comment cette unité s'appelait, si c'était un

7 détachement ou une compagnie, mais j'ai entendu dire que Miroljub était la

8 personne principale à Petrova Gora.

9 Q. Si je vous disais qu'il s'agissait d'un détachement du point de vue de

10 l'organisation réglementaire, cela peut avoir combien de personnes ?

11 R. Tous les détachements ne sont pas pareils, mais cela doit être entre

12 350 à 400 personnes, donc, un peu plus petit qu'un bataillon d'infanterie.

13 Q. Merci. Est-ce que cela veut dire qu'il ne pouvait pas être nommé à ce

14 poste par le commandant de la compagnie, notamment de la 3e Compagnie, le

15 capitaine Radic ?

16 R. Non.

17 Q. Merci.

18 M. BOROVIC : [interprétation] Je vois que l'heure de la pause est arrivée.

19 Mes collègues m'avertissent.

20 Q. Monsieur Vojnovic, nous allons nous arrêter là parce que j'ai terminé

21 pour ce qui est de la journée d'aujourd'hui.

22 Mme LE JUGE VAN DEN WYNGAERT : [interprétation] Je vois qu'il y a une

23 erreur dans le compte rendu d'audience.

24 M. LE JUGE THELIN : [interprétation] Il faudrait -- il y a trop de micros

25 qui sont branchés en même temps, je pense. J'ai cru comprendre que la

26 dernière réponse était négative.

27 M. BOROVIC : [interprétation] Oui, c'est cela, Monsieur le Président, la

28 réponse était négative, oui.

Page 9024

1 Mme LE JUGE VAN DEN WYNGAERT : [interprétation] Oui, Monsieur Moore.

2 M. MOORE : [interprétation] Est-ce que je peux traiter de certaines

3 questions d'intendance ? Je ne sais pas combien de temps faudra-t-il à mon

4 éminent collègue demain. Je ne traiterai pas du témoin suivant. Est-ce

5 qu'il est possible qu'il nous dise combien de temps durera le contre-

6 interrogatoire ? Ceci pourrait être utile à l'Accusation afin de préparer

7 le programme. Je sais que Me Lukic est toujours concis, mais est-ce que Me

8 Borovic et Lukic peuvent nous aider en nous donnant une indication ? Nous

9 serions très reconnaissants.

10 M. BOROVIC : [interprétation] C'est toujours nous qui aidons l'Accusation,

11 et l'Accusation ne nous dit jamais pendant combien de temps ils vont

12 interroger le témoin, mais je pense qu'une séance à une séance et demie me

13 suffiront, demain.

14 M. LUKIC : [interprétation] Je vais dire quelque chose de contraire à Me

15 Borovic. Lorsqu'on lui pose cette question, il dit que c'est extensible

16 comme notion. Une fois, il avait annoncé cinq heures, et finalement, cela a

17 duré une heure et demie. Je ne peux pas promettre quoi que ce soit en

18 avance, mais je pense que mon contre-interrogatoire va durer deux sessions.

19 Mme LE JUGE VAN DEN WYNGAERT : [interprétation] Merci, Monsieur Lukic. Je

20 me penchais sur l'estimation concernant ces dépositions qui englobaient

21 quatre heures. Nous sommes allés bien au-delà et je suis sûre que les

22 conseils vont être concis demain et que nous pourrons respecter le

23 calendrier.

24 Nous allons lever l'audience et reprendre demain matin à 9 heures 30. Merci

25 beaucoup.

26 --- L'audience est levée à 16 heures 35 et reprendra le mercredi 17 mai

27 2006, à 9 heures 30.

28